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Playlist Kitsch, Part 1

Playlist Kitsch, Part 1

par Oh ! Deborah, Yuri-G le 6 juillet 2010

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Sonorités, look, attitude, message... l’infiltration est totale. Ce doux petit mot - kitsch en l’occurrence, non pas quetsche, sketch, ou ouiche lorraine - n’épargne personne, se retrouvant avec un bonheur égal à chaque décennie. De la « brill building pop » au hard synthétique, il serait vain de chercher à dresser un portrait infaillible ou équitable de cette esthétique. Voici donc quelques préférences, forcément arbitraires, où cohabitent passion et dérision.

ABBA
Dancing Queen - ABBA (Single, 1976)

Cet été-là, ABBA vous fit danser le disco. Ça brillait de mille feux, gorgé de claviers, de choeurs et de violons mirifiques. Et il y avait de l’émotion sur la piste de danse, que diable ! Pour peu qu’en votre âme sommeillât une Cendrillon moderne, vous chérissiez ce titre comme aucun autre. Aujourd’hui, vous trouvez ça trop naïf. Mais pas moins euphorique.

Belle And Sebastian
Electronic Renaissance - Belle and Sebastian (Tigermilk, 1996)

Parenthèse située au cœur du premier album du groupe écossais, Electronic Renaissance est une perle revival new-wave du plus bel effet. Rythme hypnotique, effets tourbillonnants et mélancolie douceâtre.

Blondie
Heart Of Glass - Blondie (Parallel Line, 1978)

Après ABBA, Blondie. Le disco est bien sûr inévitable dans une telle playlist. En 1978, le groupe publie le mythique Parallel Lines fait de punk new-yorkais, de pop, et s’ouvre au disco pur avec Heart Of Glass, single numéro 1 un peu partout et moult fois repris, les poussant directement au rang de groupes internationaux. Bien sûr, l’efficacité ici est indéniable, la voix délicieuse et sensuelle de Debbie ainsi que la production parfaite en font un des meilleurs morceaux du genre. On aurait aimer choisir le génial Atomic de l’album Eat To The Beath mais il n’était pas assez kitsch pour nous. Kistch et pourtant indémodable.

Blur
Girls And boys - Blur (Parklife, 1995)

… Et en plus, le clip est tellement moche. Girls And Boys reste un des meilleurs singles du groupe londonien qui était encore, à ce moment là, immergé dans un esthétisme et une musicalité combinant snobisme anglais, revival 60’s, tape-à-l’œil 80’s et paires Adidas de pauvres adolescents typiquement années 90. Girls And Boys est discoïde, enjoué, stimulant et son rythme est élastique comme de la jelly verte pomme.

The Cure
The Walk - The Cure (Japanese Whispers, 1983)

Rythmique balourde et synthés gros-sabots (avec en plus quelques notes japonaises qui se greffent, ha) The Walk a tout du single 80’s qui fait fuir le bon goût, alors qu’en fait au bout d’un moment, il est fort possible d’en tirer une certaine satisfaction. Etat des lieux : il passe tout seul à côté des deux tiers de la playlist.

Europe
The Final Countdown - Europe (The Final Countdown, 1986)

Comme disait Marty dans Retour vers le futur : « ça, c’est du rock ». Hey, les Scorpions, vous aviez qu’à bien vous tenir, car les Europe, ils envoyaient du bois, et du sec. Fallait voir comment le thème au synthé vous retournait les tripes. Il vous poussait des ailes et votre tignasse ne faisait plus qu’un rond autour de votre tête. C’était pour les héros, les vrais de chez vrai, c’était des rêves comme dans Top Gun et vous qui deviez assurer les loopings. Merci les Europe, vous avez foutrement changé ma vie.

Hot Chip
Ready For The Floor - Hot Chip (Made In The Dark, 2008)

Avec ses effets dance racoleurs, Hot Chip sonne déjà daté. Ou totalement dans l’air du temps, cela revient au même... après tout. Et si on craquait pour ce titre ? Ce ne serait pas étonnant. Cette mélancolie délicate qui s’empare du refrain, à laquelle s’ajoute des petites cabrioles de synthétiseurs et un sens du désuet tiré des Sparks : hop, on tombe dans le panneau.

Jellyfish
Sebrina, Paste And Plato - Jellyfish (Spilt Milk, 1993)

Queen, Waterloo Sunset et Charlie et la chocolaterie... tout ça dans un titre ? Mais qui oserait ? Ces Américains, shootés au sucre glace. Jellyfish n’avait pas son pareil pour trousser une power pop collante comme la barbe à papa, ébouriffante et rayonnante. Leur second et dernier album en est rempli.

Muse
Supermassive Black Hole - Muse (Black Holes And Revelations, 2006)

Muse doit se réinventer. Okay, brainstorming. « Le coup de l’electro compliquée, ça a été fait par Radiohead - déjà qu’on dit qu’on leur ressemble tout le temps. Faut rester fidèle à nous, les mecs ! Et si on faisait des samples de voix et il y aurait rien d’autre ? Ouah, ça existe déjà ? Bon... Oh, et si je jouais ce riff, là (guitare à défriser toutes les moustaches du monde) et que il y aurait un feeling un peu r’n’b, un peu Timberlake... ouais, et je chanterais comme Prince. Terrible, ça ! On le sort en single. Okay, je suis épuisé. Pour le reste, on fait comme d’hab. »

New Order
Bizarre Love Triangle - New Order (Substance, 1987)

Certainement un des plus gros dossiers de notre playlist, le kitsch étant sans limite chez ce groupe précurseur de la house. Single présent sur l’album Brotherhood, c’est bien la version publiée sur la double compilation Substance sortie en 1987 qu’il faut écouter si on veut bénéficier de l’intro percutante et apprécier l’intensité rythmique qui s’en dégage. On aurait pu choisir l’imparable Blue Monday (meilleure vente de maxi indé de tous les temps en GB), le superbe Temptation ou le refrain magnétique de The Perfect Kiss… Mais peu importe, avec une mélodie presque digne des tubes précités, Bizarre Love Triangle fait partie des meilleurs singles de New Order.

Pas Chic Chic
Mlle Mille - Pas Chic Chic (Au Contraire, 2008)

On ne capte rien aux paroles, mais pas de doute, c’est du français. Ici ça sent le yéyé, là la déglingue noise, le krautrock, les claviers déchaînés et le psyché bon marché. Un immense bazar aux voix insupportables. Aussi ridicule qu’hallucinogène, Pas Chic Chic mérite l’oreille.

Richard Pinhas
New York : West Side - Richard Pinhas (East/west, 1980)

Heureusement ou malheureusement, West Side n’est pas représentatif de la discographie de ce français, professeur en Philosophie. C’est un morceau certes bon marché et probablement involontairement désopilant. Ce qui n’empêche pas son kitschisme (sa lose ?) d’être touchant(e) et ses mélodies d’être fort agréables avec une texture sonore rétro-futuriste et une voix à coté de la plaque.

Gene Pitney
24 Sycamore - Gene Pitney (Just One Smile, 1967)

Pour rire ou pleurer dans les chaumières. L’histoire : Gene Pitney a perdu l’amour de sa vie. Dialogue clé : « She’s GONE ! » Mise en scène : orchestrale. Le refrain met le paquet sur les violons et le pathos. Un sommet grandiose qui, un soir de pluie, la tête plongée dans un paquet de marshmallows, vous poussera au bord des larmes. Autrement, il est possible que vous soyez mort de rire.

Pulp
Common People - Pulp (Different Class, 1995)

On aurait pu citer le slow tout mièvre (mais néanmoins très beau) Happy Endings de l’album His’n’Hers ou la house de Separations mais Common People n’est autre que l’hymne de toute une génération anglaise. Et surtout, il est indépassable dans le genre hit kitsch et fantastique. L’écouter aujourd’hui provoque encore l’émotion fulgurante d’une adolescence et d’une Angleterre parfaitement fantasmées. Mais aussi l’envie de crier avec Jarvis Cocker le vaste plaisir que peut susciter un single de ce calibre. Avec des textes ironiques, un lyrisme fou et un crescendo mirobolant. Tout un programme.

Sagittarius
Song To The Magic Frog (Will You Ever Know) - Sagittarius (Present Tense, 1968)

Cette ballade est issue de l’album Present Tense, projet studio du producteur Gary Usher qu’il réalisa avec Curt Boettcher (fondateur de The Millenium), et les contributions de Bruce Johnston (Beach Boys) et Glen Campbell (figure country de la fin des années 60). Il en résulte un doux panel psychédélique et baroque brillamment produit et typiquement kitsch avec flûtes, percussions, clavecin et choeurs angéliques. Song To The Magic Frog est la plus candide de toutes, son chant étant des plus suaves et son refrain innocent comme ce n’est pas permis.

The Shangri-Las
Leader Of The Pack - The Shangri-Las (Single, 1964)

Le temps passe, comme un monstre. Hier petites sauvageonnes, les Shangri-Las semblent aujourd’hui obsolètes, avec leurs virées en moto après l’école, leurs histoires de coeur et Jimmy, le chef de la bande. Pourtant, le timbre énamouré des chipies continue à nous faire fondre. Comme l’été revient encore et encore, ainsi en est-il de cet éternel « girl group ».

Sparks
This Town Ain’t Be Enough For Both Of Us - Sparks (Kimono My House, 1974)

Le glam poussé à son paroxysme. Epique, grandiloquent, opératique, Kimono My House contient des mélodies frénétiques, et une voix haut perchée opérée par Russel Mael qui ferait passer Morrissey pour un baryton. Avec en plus un look atroce de petite frappe gay torse-nu-moustache. Il n’en demeure pas moins que This Town… compte parmi les hymnes les plus fous, décalés et accrocheurs des 70’s. Un classique qui aurait pu figurer dans la BO de Phantom Of The Paradise.

Suicide
Sweetheart - Suicide (Suicide, Second Album, 1980)

Extraite de l’excellent et second album de Suicide, Sweetheart est peut-être une des plus belles et originales façon de déclarer sa flamme, parvenant à être aussi culte que Cheree issue du premier. Une ballade pop électronique truculente, presque humoristique, trêve embrasée dessinant des cocotiers au beau milieu d’un album new-yorkais ultra urbain.

Tears For Fears
Mad World - Tears For Fears (The Hurting, 1983)

Les rythmiques font des bulles, les synthés jouent les envahisseurs, la voix est mise en plis, les garçons coiffeurs : mon Dieu, ce titre est bien conforme à la pop synthétique qui se vendait par paquets de lessive à l’époque ! Les Tears For Fears détenaient tout de même des mélodies attachantes, constamment desservies par une production opportuniste, soit, mais suffisamment inspirées pour marquer entre autre le jeune Billy Corgan.



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