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« Coucou... Tu veux voir ma politique culturelle ? »

« Coucou... Tu veux voir ma politique culturelle ? »

par Aurélien Noyer le 14 février 2012

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La fermeture de Megaupload aura sans doute été un événement sans précédent dans les sphères conjointes de la culture et du web. Rarement une actualité à la jointure de ces deux mondes aura provoqué autant de réactions et de commentaires... sans parler des réactions et des commentaires qui ont commenté et réagi aux premiers commentaires et réactions. L’affaire a débuté le 19 janvier mais ses répercussions se faisaient encore sentir le 10 février comme le montre un sujet du JT de France 2 (le reportage débute vers 31’15"). Entre ces deux dates, le monde des médias et du web s’est enflammé : évocations peu élogieuses de la personnalité du patron de Megaupload, habituelles récriminations envers les méchants pirates, satisfaction de l’Elysée, attaques par déni de service lancées par Anonymous, condamnation d’Anonymous par, entre autres, les indécrottables Matthieu Creux, Naulleau/Zemmour, Christophe Barbier et Laurent Joffrin... qui s’épancha même par deux fois. On notera, au milieu des absurdités déversées par une profession journalistique complètement à la ramasse, un recadrage bienvenu par l’inestimable Benjamin Bayart.

Pour autant, il semblerait qu’au fur et à mesure de l’arrivée de nouveaux rebondissements et de nouveaux commentaires, on ait un peu oublié de parler de la fermeture de Megaupload elle-même, de ses implications et, surtout, de ce qu’elles révèlent.

Résumons donc rapidement l’affaire : le 19 janvier, le FBI saisit un juge fédéral de Virginie qui émet un mandat d’arrêt international demandant à la Nouvelle-Zélande d’arrêter Kim Schmitz, le patron de Megaupload, et quatre de ses collaborateurs. En parallèle, il fait geler les avoirs de Megaupload à Hong-Kong, fait saisir les serveurs de la société situés en Virginie (sous la juridiction du juge donc) et demande à VeriSign, la société située en Virginie qui fait le lien entre les adresses URL (par exemple, inside-rock.fr) et l’adresse IP (qui permet d’accéder réellement à un site), de ne plus faire pointer l’adresse megaupload.com (et les autres adresses du groupe) vers les serveurs de Megaupload, rendant ainsi les sites du groupe inaccessibles. Maître Eolas décrit tout cela plus en détail si ça vous intéresse.

Rapidement, de nombreux blogueurs ou twittos se mettent à comparer l’événement à l’incendie de la Bibliothèque d’Alexandrie. En cause, la disparition de liens accédant à une grande quantité de films et d’album rares et confidentiels. Souvent recensés par des sites comme la Caverne des Introuvables (cf. l’article de Slate sur le sujet), ces œuvres devenaient soudain inaccessibles. Et si la comparaison avec la Bibliothèque d’Alexandrie ne tient pas complètement (la grande majorité de ces œuvres existent encore sur support physique et traînent encore sans doute sur un ou deux disques durs), il est évident qu’il faudra énormément de temps pour qu’elles soient de nouveau aussi accessibles... surtout dans un climat qui jette constamment la suspicion sur l’acte de partager une œuvre.

Ainsi, de par le caractère centralisé de Megaupload, cette étape de la lutte contre le partage illégal des œuvres (puisque c’est la raison de la fermeture du site) met en lumière une situation très particulière que les attaques contre le P2P (comme le dispositif Hadopi) ne révélaient pas totalement.

Ici, nous avons des œuvres culturelles qui sont menacées de destruction (ne serait-ce que partielle) sous prétexte de défendre les droits des artistes... et il n’est pas, comme dans le cas du P2P, possible de prétendre ne cibler que les copies illégales (ou du moins illégitimes). Des quelques milliers de copies du dernier Lady Gaga (qui se trouve néanmoins toujours très facilement sur le Net) jusqu’aux deux ou trois copies disponibles de tel album de garage coréen des années 60, ou de tel enregistrement pirate et précieux d’un maître du clavecin, toutes les données stockées par Megaupload risquent d’être effacées si les initiatives comme celle de l’EFF échouent.

En somme, nous assistons à une situation incroyable où la défense des artistes se fait au détriment direct de la perpétuation et de la diffusion de leurs œuvres.

Ce simple fait devrait immédiatement faire réfléchir quiconque prétend défendre la culture. Le développement d’Internet conjugué à l’immobilisme forcené des politiques comme des acteurs culturels a engendré une situation où l’intérêt des créateurs et celui des œuvres sont, si ce n’est antagonistes, du moins concurrents. Dès lors, la défense de la culture oblige à faire un choix, à décider dans quelle mesure on va faire primer les droits (et la rémunération) des artistes à la propagation des œuvres... en attendant de trouver un modèle économique qui permette de réconcilier ces deux aspects, mais c’est un autre débat.

Pour le moment, il semblerait que les dirigeants des pays occidentaux aient fait le choix de privilégier les artistes, prétextant que ce sont eux les créateurs, les producteurs de culture. Quitte à faire preuve de mauvais esprit, on serait tenté de rajouter que les œuvres ne viennent pas faire de lobbying au sein même de l’Assemblée Nationale pour qu’on respecte leur droit à être diffusées, et qu’elles ne font pas pression sur un candidat à l’élection présidentielle parce qu’il envisage de revoir une loi en leur faveur.

Le problème, c’est que ce choix implicite mais résolu mène à des paradoxes importants. Le premier consiste à voir dans le piratage « une dérégulation ultra-libérale de la culture » tout en défendant bec et ongle un modèle marchand, où la régulation demandée se fait selon les lois du marché (« si tu veux accéder à la culture, tu dois payer ») et où la part des artistes se trouve réduite à la portion congrue. Sans tomber dans une critique marxiste de l’industrie de la musique, il est cocasse de voir nombres d’intellectuels se présentant comme étant de gauche défendre un système où la répartition des recettes ressemble fortement à une exploitation de l’artiste par les labels et les éditeurs. Quant aux arguments consistant à citer quelques œuvres ambitieuses et coûteuses (Laurent Joffrin se plaît ainsi à évoquer Titanic ou La Guerre des Etoiles) pour justifier ce déséquilibre, osera-t-on faire rappeler le traitement que fait la presse culturelle aux blockbusters qui ont commis le péché d’avoir coûté de l’argent, aux groupes qui ont le mauvais goût de faire de la musique pour plus de quelques milliers de personnes, aux best-sellers que le public s’arrache ?

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« Aurélien Ferenczi de Télérama, un avis sur le nombre d’entrées d’Avatar ? »

Mais n’oublions pas que la France est également le pays de l’exception culturelle ! Ce curieux concept inventé par la France pendant les négotiations du GATT en 1993 postule que les biens et les services culturelles sont intrinsèquement différents des autres biens marchands. C’est donc souvent sous prétexte de défendre la différence entre biens culturels et biens marchands que des hommes politiques, des artistes, des journalistes demandent à pouvoir marchander des biens culturels. On savourera l’ironie de la situation.

On peut aussi remarquer qu’un des autres objectifs de l’exception culturelle, à savoir se protéger contre l’américanisation de la culture via notamment des quotas de diffusion d’œuvres françaises, a tellement été atteint qu’on observe une forme d’autarcie de la culture française. Elle reste évidemment perméable à tous les blockbusters qu’aucune politique ne saurait stopper et elle bloque la diffusion des œuvres moins connues. Dès lors, nos élites intellectuelles peuvent à loisir critiquer l’inanité des blockbusters et demander un renforcement de l’exception culturelle... perpétuant ainsi ce cercle vicieux. Le résultat se traduit par des aberrations culturelles. On peut ainsi se demander pourquoi la tournée d’artistes comme My Morning Jacket ou Mark Lanegan passe en Allemagne, en Belgique, en Espagne, en Angleterre, en Italie... mais pas en France. On peut se demander comment une grande partie de la critique cinéma considère encore que le cinéma peut et doit contenir une part de réalité sans quoi il encourt d’absurdes accusations de révisionnisme. On peut se demander pourquoi la littérature française semble avoir 20 ans de retard avec ses auto-fictions insipides et son antimodernisme dérisoire (cf. l’aura dont bénéficient Finkielkraut, Muray et, dans un autre style, Michéa) alors que l’Espagne tire déjà les leçons du post-modernisme de Don DeLillo, Kathy Acker ou David Foster Wallace. A l’évidence, c’est le résultat d’une politique culturelle dont l’ubuesque idée fondamentale est d’entraver la diffusion de la culture.

Mais les ambiguïtés des « défenseurs de la culture » ne s’arrêtent pas là. Certains se féliciteront que la France maintienne à grands coups de subventions des théâtres, des opéras, des musées qui feraient faillite sans cela... et ce serait faire preuve de mauvais esprit que de faire remarquer qu’il est relativement injuste d’utiliser de l’argent public pour monter des œuvres que le public ne va pas voir et surtout auquel il n’a pas accès. Le paradoxe est évident : on aurait pu penser qu’une pièce de théâtre ou un opéra, produits à perte avec des deniers publics, soient gratuitement mis à la disposition du public via la télévision ou Internet. Mais non... une telle démarche ne correspondrait pas au modèle économique marchand que ceux qui produisent et défendent ses œuvres perpétuent tout en prétendant le combattre grâce à l’exception culturelle. Il serait pourtant légitime de mettre à la disposition du public une œuvre qu’il a financé et, d’autre part, ça constituerait une première étape de diffusion de la culture et inciterait peut-être le public à aller assister aux représentations... si ce n’est pas le cas, ça n’aura pas changé grand chose !

Ainsi, en prétextant un raisonnement simpliste (les artistes produisent de la culture donc défendre les artistes, c’est défendre la culture), les auto-proclamés « défenseurs de la culture » cachent mal un état d’esprit déconnecté du réel (qui se soucie de la diffusion des œuvres auprès du public, c’est-à-dire de la seule véritable modalité d’existence de la culture ?), voire tout simplement un esprit de copinage corporatiste — cf. par exemple les polémiques sur le fonctionnement du CNC (partie « Le Barreau de la Méduse ») et sur sa vision du monde. Et le paradoxe de l’actuelle mise en concurrence de l’intérêt des artistes et de celui de leurs œuvres est la conséquence directe de l’obstination des « défenseurs de la culture » à ne pas prendre en compte les nombreuses contradictions de leur position et à bloquer toute remise en cause du droit d’auteur et des droits voisins.

Il est difficile de prévoir combien de temps durera ce status quo délétère. Les technologies pour anéantir le partage illégal (comme le DPI) existent tout autant que les contre-mesures (cryptage SSL) qui, elles-mêmes, seront un jour dépassées (DPI over SSL), et ainsi de suite... Le déblocage de la situation ne viendra donc que d’un changement de politique et il est impossible de prévoir quel modèle économique prévaudra : gratuité subventionnée, licence globale (ou une de ses déclinaisons), retour à des petits structures plus adaptées à Internet, etc. Il est néanmoins évident que le principe « un disque ou un téléchargement = une vente » ne survivra pas à ces évolutions. Toutefois, une chose est sûre. Il y aura toujours quelqu’un pour prendre une guitare, un stylo, une caméra ou un pinceau et il y aura toujours quelqu’un pour lui donner de l’argent. La culture a vécu plus de deux millénaires sans labels, sans majors, sans exception culturelle, sans HADOPI, sans ACTA... tout ceci ne constitue finalement qu’une contingence qui n’a d’autre effet que de s’interposer entre la culture et le public, empiétant au passage sur la vie privée de ce dernier — étrangement, aucun des intellectuels prompts à critiquer le rapport des réseaux sociaux à la vie privée ne s’est ému que le FBI se trouve en possession de millions de fichiers (normalement protégés par mot de passe et donc privés) appartenant aux utilisateurs de Megaupload.

La culture mérite mieux qu’une politique absurde défendue par des tartuffes incompétents et corporatistes. Aussi, en attendant l’inéluctable évolution du modèle économique de la culture, je me permet de leur adresser ce message...



Vos commentaires

  • Le 14 février 2012 à 10:09, par dam En réponse à : « Coucou... Tu veux voir ma politique culturelle ? »

    Et n’oublions pas ce qui serait la vrai raison de la fermeture de Megaupload, c’est pas rien dans ce débat et la volonté des majors de ne pas changer de système :

    http://tempsreel.nouvelobs.com/la-f...

  • Le 14 février 2012 à 11:12, par Aurélien Noyer En réponse à : « Coucou... Tu veux voir ma politique culturelle ? »

    Je n’ai pas évoqué Megabox parce qu’il n’y a pas grand chose à dire, vu que le service n’a jamais été lancé officiellement. Ça reste une piste hélas avortée comme tant d’autres et qui ne contient pas moins d’inconnues sur son fonctionnement. Par exemple, vu que la plupart des contrats musicaux imposent de passer par le label pour diffuser la musique des artistes, je vois mal comment Megaupload aurait pu inclure dans leur service la plupart des albums existants sans payer des droits aux labels. Du coup, malgré ce système, il me semble que Megaupload aurait continué à être en infraction vis-à-vis des droits d’auteurs et droits voisins en hébergeant par exemple n’importe quel album de Springsteen.

    Et par simple honnêteté intellectuelle, je ne veux pas me lancer dans des suppositions sur ce qui serait la « vraie » raison de la fermeture de Megaupload.

  • Le 14 février 2012 à 12:15, par Aurélien Noyer En réponse à : « Coucou... Tu veux voir ma politique culturelle ? »

    Le résultat de la gratuité des musées est en effet très intéressant. Le fait qu’au final on en revienne à un public d’anciens habitués pose la double question de l’intérêt de ce qu’on présente au public et de la gratuité. Est-ce que le public ne revient pas parce qu’il accorde peu de valeur à ce qui est gratuit ou parce qu’il n’a pas trouvé d’intérêt à ce qu’il a vu ? Sans doute un peu des deux... Pour autant, je trouve qu’il serait dommage d’en déduire qu’il faut supprimer la gratuité dans la mesure où une place gratuite dont personne ne profite ne coûte pas plus cher qu’une place payante dont personne ne profite.

    Sinon pour Michéa et Muray, je ne cherche pas tant à rapprocher leurs pensées qu’à pointer ce qui me semble être une tendance un peu autarcique de la littérature française, qui semble bien souvent ne considérer qu’elle-même et ignorer les idées extérieures. Après, je ne suis pas non plus spécialiste et j’accepte les critiques là-dessus. :-)

  • Le 14 février 2012 à 12:47, par Béatrice En réponse à : « Coucou... Tu veux voir ma politique culturelle ? »

    Ca commençait bien, mais with all due respect, à partir du 9-10e paragraphe, ça commence à mélanger un peu trop de trucs qui n’ont pas grand chose à voir sur un sujet extrêmement complexe pour que j’arrive à suivre. Au bout du compte, je suis pas sûre de bien comprendre où tout ça veut en venir, à part à dire que la Culture vaincra...

    Certains critiquent un modèle économique dérégulé, ben, oui, pour l’instant il est plus dérégulé que le marché actuel dont tu critiques justement... la structuration et la régulation (modèle marchand ≠ dérégulation ultra-libérale, on peut très bien défendre l’un et ne pas vouloir de l’autre) ; pendant ce temps d’autres critiquent les blockbusters... oui, et alors, pourquoi serait-ce nécessairement incompatible ? « Les Médias » n’aiment pas « les oeuvres qui ont coûté cher » ? c’est vrai qu’Avatar, par exemple, a été extrêmement mal accueilli, que Pixar est démoli à chaque sortie, et que personne n’a dit de bien du Millenium de Fincher. Quel rapport entre « l’exception culturelle », qui n’est pas vraiment un truc nouveau, et le fait que des artistes qui passaient à Paris il y a trois ans n’y passent plus ? Est-ce qu’on peut vraiment juger la littérature française en comparant trois essayistes médiatisés français à une interview d’un écrivain espagnol ?

  • Le 14 février 2012 à 13:39, par Aurélien Noyer En réponse à : « Coucou... Tu veux voir ma politique culturelle ? »

    Ça n’a pas d’autre but que de pointer ce qui me paraît être quelques grosses contradictions en terme de « défense de la culture », notamment la plus importante, celle de la restriction de la diffusion de la culture comme présupposé à toute politique culturelle.

    Une autre contradiction consiste à vouloir rester un peu le cul entre deux chaises. Par exemple, Joffrin s’alarme de la dérégulation de la culture (en mettant « ultra-libérale » pour bien faire peur au chaland), mais ne remarque pas que la régulation actuelle se fait essentiellement suivant des principes libéraux mâtinés de mesures de restriction de l’accès à la culture. À la rigueur, ça me semblerait plus cohérent s’il demandait que la production et la diffusion de la culture soient majoritairement contrôlées par l’Etat.

    Et si l’exception culturelle ne concerne pas directement les modèles économiques de la culture, elle me semble participer à ces mêmes mécanismes de restriction de l’accès à la culture. Et on peut essayer d’évaluer ce dispositif, notamment en observant les grandes tendances de la culture en France, d’où des exemples qui me semblent relativement représentatifs de la perception de la culture en France, notamment vis-à-vis des succès populaires (comment peut-on trouver sérieusement qu’un film fait « trop » d’entrées ?!). Tu peux trouver mes exemples peu pertinents, et ils ne traduisent peut-être qu’un ressenti personnel, néanmoins il me semblait intéressant de pointer des phénomènes qui me semblent être des écueils importants pour un pays qui se targue autant de promouvoir la culture, notamment via l’exception culturelle.

  • Le 14 février 2012 à 14:43, par Béatrice En réponse à : « Coucou... Tu veux voir ma politique culturelle ? »

    En fait le problème c’est qu’il y a beaucoup de débats différents qui sont superposés, et qui sont d’autant plus difficiles à lire que la « culture » peut à la fois faire référence un bien public diffus (plus ou moins contrôlé certes, mais jamais complétement) et/ou à une industrie manufacturière qui génère énormément d’argent et d’emplois. C’est pas la même chose de parler de production culturelle (qui elle non plus n’est pas quelque chose d’uniforme), d’accès à la culture, de régulation de marché (sachant que le marché, c’est pas juste la fnac, universal et ugc, c’est aussi Fargo et la librairie du coin), de jugement de la qualité d’une oeuvre, d’ouverture et d’innovation artistique, ou encore de marché du spectacle, ne serait-ce que parce que ça n’implique pas les mêmes acteurs, les mêmes logiques, les mêmes problèmes etc. Evidemment, beaucoup de ces débats sont reliés et interdépendants, et Internet n’arrange pas les choses, mais déjà ce sont des liens assez complexes, et ensuite on ne peut pas pour autant les mettre sur le même plan. Même s’il y a sûrement une poignée de tartuffes corporatistes et incompétents dans le lot.
  • Le 14 février 2012 à 15:59, par Duffman En réponse à : « Coucou... Tu veux voir ma politique culturelle ? »

    Rappelons quand même qu’il existe dans la plupart des villes de France des bibliothèques publiques qui permettent d’emprunter nombres de livres toute l’année, ce qui n’a pas l’air de tellement déranger les éditeurs. Sans parler des médiathèques.
  • Le 14 février 2012 à 18:16, par Aurélien Noyer En réponse à : « Coucou... Tu veux voir ma politique culturelle ? »

    « Evidemment, beaucoup de ces débats sont reliés et interdépendants, et Internet n’arrange pas les choses, mais déjà ce sont des liens assez complexes, et ensuite on ne peut pas pour autant les mettre sur le même plan. »

    Effectivement, on ne peut pas les mettre sur le même plan, mais pour étudier ces liens et éventuellement hiérarchiser les aspects du problème, il me semble qu’il faut tout mettre sur la table, quitte à ce que tout soit en vrac dans un premier temps, plutôt que d’appliquer une segmentation un peu arbitraire et rater d’éventuelles liaisons entre les problèmes. À partir de là, reste à faire un travail de « cartographe », pour lequel je n’ai ni les compétences ni l’ambition...

  • Le 14 février 2012 à 19:02, par Parano En réponse à : « Coucou... Tu veux voir ma politique culturelle ? »

    Quel bordel cet article ! je ne vois pas ce que l’autofiction française a à voir avec la fermeture de megaupload, mais bon...
    je n’ai pas bien compris ce que tu envisages pour rémunérer les artistes. C’est quand même ça le fond du problème, non ?
    un artiste qui n’est plus rémunéré, c’est effectivement une « une dérégulation ultra-libérale de la culture ».

    Pour Duffman : les bibliothèques et médiathèques payent un droit auprès des éditeurs, qui est d’ailleurs plus élevé que le prix de l’oeuvre destinée au public.

  • Le 14 février 2012 à 19:30, par Aurélien Noyer En réponse à : « Coucou... Tu veux voir ma politique culturelle ? »

    « Je n’ai pas bien compris ce que tu envisages pour rémunérer les artistes. C’est quand même ça le fond du problème, non ? »

    Non, ce n’est pas ça, le fond du problème. C’est sans doute radical de le présenter comme ça, mais le fait qu’un artiste soit rémunéré est un luxe. C’est une très bonne chose quand ce peut être fait, mais il n’y a pas besoin de ça pour maintenir une création artistique.

    J’ai même tendance à penser que c’est le fait de se focaliser là-dessus et de ne pas vouloir en démordre qui a mené à cette concurrence entre les artistes et la diffusion de leurs oeuvres.

    « Un artiste qui n’est plus rémunéré, c’est effectivement une « une dérégulation ultra-libérale de la culture ». »

    Je ne comprends pas. Est-ce que ça veut dire que les millions d’amateurs qui jouent, écrivent, montent des troupes de théatre de façon quasiment bénévoles sont des dérégulateurs ultra-libéraux ?

    En outre, je le répète, la rémunération des artistes est une bonne chose... mais il y a quelque chose qui me gène quand un artiste dit qu’il préfère que quelqu’un n’ait pas accès à son oeuvre plutôt qu’il y ait accès gratuitement (ou du moins sans rien reverser à l’artiste). Il me semble que, in fine, ça ne va absolument pas dans l’intérêt de l’artiste lui-même.

  • Le 14 février 2012 à 22:12, par Duffman En réponse à : « Coucou... Tu veux voir ma politique culturelle ? »

    Parano : Bah oui je suis bien d’accord (enfin le fait qu’ils payent plus cher je savais pas, et c’est un peu con). Mais du coup, on a donc bien affaire à une sorte de pré-licence globale (puisque le contribuable paye indirectement ce service) qui est plutôt viable, grâce à une prise en charge publique de l’accès à la culture. Donc pourquoi ce genre de service ne pourrait pas être mis en place numériquement ? L’avantage c’est qu’en numérique on pourrait être 200 à emprunter le même disque sans que cela pose problème.
  • Le 14 février 2012 à 23:52, par Béatrice En réponse à : « Coucou... Tu veux voir ma politique culturelle ? »

    « Est-ce que ça veut dire que les millions d’amateurs qui jouent, écrivent, montent des troupes de théatre de façon quasiment bénévoles sont des dérégulateurs ultra-libéraux ? »

    Non, mais à partir où la diffusion non rémunérée de leur travail vient engraisser les comptes d’une poignée d’entreprises non régulées, c’est une autre affaire... et ce n’est plus vraiment une question de décider candidement que c’est dans l’intérêt de l’artiste de voir son oeuvre diffusée largement.

    Et puis, reste que la création est un vrai travail, qui demande du temps et de l’énergie (probablement plus d’ailleurs que pas mal de boulots salariés), en plus d’être déjà plus précaire que beaucoup d’autres, c’est un peu bizarre de dire qu’il mérite moins d’être rémunéré que d’autres (d’autant plus que ça demande des investissements en matériel qui peuvent être importants).

    Ca n’empêche pas de revoir notre conception de la propriété intellectuelle ou de repenser le mode de rémunération, mais à partir du moment où des gens tirent des bénéfices du travail artistique réalisé par d’autres sans contrepartie, on peut considérer que le système est injuste et que ça ne tient pas trop de dire aux artistes :« non mais on diffuse votre travail, vous devriez être contents, c’est tout ce dont vous pouvez rêver de mieux ! »

  • Le 15 février 2012 à 01:01, par Aurélien Noyer En réponse à : « Coucou... Tu veux voir ma politique culturelle ? »

    « Non, mais à partir où la diffusion non rémunérée de leur travail vient engraisser les comptes d’une poignée d’entreprises non régulées, c’est une autre affaire... et ce n’est plus vraiment une question de décider candidement que c’est dans l’intérêt de l’artiste de voir son oeuvre diffusée largement. »

    Tu remarqueras que je ne défends pas Megaupload... pour plusieurs raisons, y compris pour des raisons éthiques. La fermeture de Megaupload me semble correspondre à une forme de régulation totalement légitime. Elle est révélatrice de la concurrence paradoxale entre les artistes et la diffusion de leurs oeuvres, mais ce n’est pas pour autant que je la regrette. Néanmoins, on peut remarquer que le modèle de Megaupload est assez simple (un casier accessible à tous... et si tu veux avoir un accès plus rapide au casier, tu payes). Qu’est-ce qui a empêché l’industrie culturelle (en particulier musicale et cinématographique) d’offrir des services similaires et de répartir ensuite les recettes ? L’absence de « juste » modèle de répartition ? C’est un peu hypocrite dans la mesure où on aurait du mal à vraiment qualifier l’actuel modèle de « juste » et c’est surtout suicidaire dans la mesure où ça laisse le champ libre à des modèles clairement injustes. C’est pourtant ce qui est perpétué depuis quasiment 10 ans parce qu’on ne veut pas se départir du principe « un accès à une musique = une vente ».

    « Et puis, reste que la création est un vrai travail, qui demande du temps et de l’énergie (probablement plus d’ailleurs que pas mal de boulots salariés), en plus d’être déjà plus précaire que beaucoup d’autres, c’est un peu bizarre de dire qu’il mérite moins d’être rémunéré que d’autres (d’autant plus que ça demande des investissements en matériel qui peuvent être importants). »

    Si tu regardes la chose de la façon la plus pragmatique, la création, dans son acceptation la plus large du terme, est moins rémunérée que d’autres travaux tout simplement parce que c’est un investissement plus risqué : tu investis du temps, du travail et de l’argent pour créer quelque chose de nouveau, donc dont tu ne peux pas être sûr qu’il va marcher (et je ne parle même pas de tous les facteurs de chances, de médiatisation, etc.). Donc statistiquement, ton espérance est moindre que si tu reproduis un modèle qui fonctionne.

    À partir de là, on peut décider d’essayer de rétablir une forme de « justice », mais il me semble illusoire de vouloir le faire en gardant une rémunération basée sur les ventes... auquel cas il faut trouver une nouvelle façon d’estimer la juste rémunération. Mais sur quoi se baser ? La quantité de temps passé à produire une oeuvre est-elle vraiment un critère pertinent ? Sinon comment peut-on être juste si on veut baser la rémunération sur la qualité d’un oeuvre ?

    « ça ne tient pas trop de dire aux artistes :« non mais on diffuse votre travail, vous devriez être contents, c’est tout ce dont vous pouvez rêver de mieux ! » »

    Je ne crois pas avoir jamais dit ça. J’ai dit, peut-être candidement, que c’est dans l’intérêt d’un artiste d’être connu et qu’il ne devrait pas mettre a priori de condition de rémunération à ça. C’est empirique, mais je ne peux pas m’empêcher de remarquer (encore une fois, peut-être candidement) une corrélation entre la célébrité d’un artiste, la quantité de piratage de ses oeuvres et ses ventes de disques. Il faut donc supposer qu’il y a encore de l’argent à se faire dans la culture (le cinéma, par exemple, ne s’est jamais aussi bien porté... Philip Cole de Kylesa semblait dire que le téléchargement n’avait pas changé grand chose pour lui), néanmoins il me semble que dire que la création nécessite du travail et donc doit (selon un impératif un peu vaseux) être bien rémunéré relève également d’une certaine candeur.

  • Le 15 février 2012 à 09:48, par Parano En réponse à : « Coucou... Tu veux voir ma politique culturelle ? »

    C’est une énorme erreur de croire que la production artistique peut-être maintenue sans rémunération.
    Explique ça à n’importe quel artiste (je ne parle pas des rockers du samedi soir, ou des écrivains du dimanche)il te rira au nez.
    L’art a besoin de temps, de moyens, et si tu bosses toute la journée pour payer ton loyer, tu auras bien du mal à produire quoi que ce soit de valable.
    Toutes les époques ont compris ça. Tous les régimes. Du mécénat des princes aux artistes d’état des pays socialistes.
    Internet ne change pas la donne.
    Si on suit ton raisonnement, pourquoi ne pas faire du Huffingtonpost le modèle de la presse ? des bloggers bénévoles qui pensent qu’il suffit d’un clavier et d’un peu de temps libre pour faire du journalisme.
    Si ça ce n’est pas de la dérégulation ultra libérale (salaire = 0), je ne sais pas ce que c’est.

    Pour Duffman : d’accord, je suis d’ailleurs partisan d’une licence globale

  • Le 15 février 2012 à 10:43, par Aurélien Noyer En réponse à : « Coucou... Tu veux voir ma politique culturelle ? »

    Bel exemple de logique circulaire : un vrai artiste, c’est un artiste rémunéré (pas un écrivain du dimanche) donc un artiste qui n’est pas rémunéré n’existe pas. Facile... et même un peu méprisant.

    « L’art a besoin de temps, de moyens, et si tu bosses toute la journée pour payer ton loyer, tu auras bien du mal à produire quoi que ce soit de valable. »

    Effectivement, mais toutes les époques ont montré que ce n’est pas impossible. En outre, derrière chaque artiste qui vit de sa production, il y a des centaines d’heures où il travaillait pour payer son loyer et exerçait son art en parallèle, où il n’était qu’un « rocker du samedi soir » (et donc ne produisait rien de valable, et donc ne méritait pas d’être reconnu, si je suis ton raisonnement). Et pour chaque artiste qui vit de sa production, il y a aussi des centaines voire des milliers de personnes qui ont fourni les mêmes efforts que lui sans pour autant en tirer les bénéfices. Libre à toi de les mépriser, mais je refuse de leur nier a priori le statut d’artiste.

    Partant de là, ça n’a pas de sens de dire « il faut rémunérer les artistes sinon il n’y en aura plus ». Il faut être conscient que qu’être rémunéré pour son art (et encore plus, en vivre) est un luxe accordé soit par le public soit par l’Etat, mais ça ne peut pas être considéré comme un dû à cause de la nature très particulière de la création.

    Cela dit, on peut considérer qu’une rémunération des artistes favorise la création artistique et donc qu’il est mieux d’essayer d’assurer une certaine rémunération. Ça pose d’énormes questions en termes de conditions et de modalités qu’on ne résoudra pas par des raisonnements circulaires à base de « un artiste doit être rémunéré, sinon c’est pas un artiste ».

    Je ne prétends pas qu’il faut supprimer toute forme de rémunération... plutôt qu’une rémunération n’est pas une sorte de droit divin, mais un privilège que le marché ou l’état ou des mécènes (ou tout ce qu’on voudra imaginer) accorde à certaines personnes. Et que ce n’est qu’en ayant conscience de cela qu’on pourra éventuellement établir des politiques culturelles qui soient cohérentes avec la réalité des choses.

    « dérégulation ultra libérale (salaire = 0) »
    J’attends ta démonstration où dont tu définis chaque terme et où tu montres en quoi ils sont liés.

  • Le 15 février 2012 à 11:26, par Parano En réponse à : « Coucou... Tu veux voir ma politique culturelle ? »

    Tu déformes ce que je dis, j’espère que tu t’en rends compte.

    Je ne parle pas de faux artistes. J’aurais d’ailleurs du mal a mépriser l’artiste du dimanche, puisque j’en suis un moi même.
    Je distingue simplement l’artiste de loisir (qui n’a pas besoin de ça pour vivre) de celui qui consacre sa vie à son art.

    Houellebecq directeur de supermarché, moi je veux bien, mais est-ce qu’il écrira un Goncourt ?
    Pina Bausch ophtalmo, Demaison DRH, Cantat gardien de prison, parfait.

    Je ne suis pas sûr que la culture en sorte grandie.

    Alors oui, je pense que la rémunération n’est pas un privilège, et je n’exclue d’ailleurs pas l’artiste du dimanche de cette juste rétribution.

    En tant que musicien amateur, je trouve normal d’être payé lorsque je me produit en concert.
    En tant qu’auteur confidentiel, je trouve normal que les gens paye pour mon livre.
    ça ne m’empêche pas d’écrire bénévolement, ni de jouer pour la gloire.

    Quant à l’équation, elle me parait simple.
    La logique capitaliste est de baisser au max les coûts de production, donc les salaires. Ce n’est pas pour rien que le SMIC existe.

  • Le 15 février 2012 à 13:58, par Aurélien Noyer En réponse à : « Coucou... Tu veux voir ma politique culturelle ? »

    Et on tourne encore en rond. On en revient à « un artiste, ça doit récupérer de l’argent », sans expliquer ni les conditions ni les modalités, uniquement en se basant sur des exemples issus du cas très particulier de la culture populaire du XXe siècle et en les généralisant.

    Il y a mille façon de pratiquer un art, et mille façons d’en tirer un profit... mais ce profit n’est pas un dû, c’est la récompense pour avoir su mettre en place une stratégie rentable, que ce soit d’enseigner ou de monnayer son savoir-faire, de le pratiquer régulièrement (par exemple, le musicien classique dans un orchestre qui est un salarié) ou de convaincre certaines personnes (le public, un mécène ou l’Etat) de te récompenser pour ce que tu fournis.

    Mais à partir du moment où une de ces stratégies perd en rentabilité (notamment parce qu’il ne devient plus aussi facile de contrôler, et donc de monnayer, la diffusion des oeuvres), c’est contre-productif de venir crier qu’on « mérite » quelque chose et d’accuser les méchants pirates. Au contraire, on a tout intérêt à remettre radicalement en cause cette stratégie et à en trouver d’autres.

  • Le 15 février 2012 à 14:51, par Aurélien Noyer En réponse à : « Coucou... Tu veux voir ma politique culturelle ? »

    Et pour être bien clair, demander une intervention de l’Etat via une régulation ou des subventions est une stratégie qu’on peut mettre en oeuvre. Encore faut-il proposer des modèles convaincants, c’est-à-dire un peu plus élaborés que « je suis un artiste, je mérite de l’argent » ou « si on ne me donne pas d’argent, la culture va mourir ».

    « La logique capitaliste est de baisser au max les coûts de production, donc les salaires. »
    Donc Henri Ford n’était pas capitaliste... on en apprend tous les jours.

  • Le 15 février 2012 à 15:23, par Parano En réponse à : « Coucou... Tu veux voir ma politique culturelle ? »

    Bien sûr que si le profit est un dû.
    Dans nos sociétés de droit une oeuvre a le même statut qu’un bien.
    L’oeuvre est propriété de son auteur. Relis ton droit.

    Une question : quand un mec te fait les poches, c’est contre productif de crier « au voleur » ?
    Tu élabores d’abord des stratégies alternatives ?

  • Le 15 février 2012 à 15:35, par Parano En réponse à : « Coucou... Tu veux voir ma politique culturelle ? »

    « Donc Henri Ford n’était pas capitaliste... on en apprend tous les jours. »

    Tu vas convaincre qui avec ça ?
    Le libéralisme a évolué depuis Adam Smith.
    On peut aussi parler de Keynes si tu veux...
    Bref...

  • Le 15 février 2012 à 16:50, par Aurélien Noyer En réponse à : « Coucou... Tu veux voir ma politique culturelle ? »

    « Bien sûr que si le profit est un dû. »
    Dans une utopie communiste, peut-être mais dans une société un minimum capitaliste (du genre de celles qui existe depuis l’invention de la monnaie), le profit se fait en convaincant quelqu’un de te donner de l’argent de son plein gré, pas en considérant que son argent te reviens. Après, on peut élaborer des règles pour corriger des rapports de force et s’assurer qu’il n’y a pas d’abus dans les contrats. Mais globalement, non, le profit n’est pas un dû.

    "Dans nos sociétés de droit une oeuvre a le même statut qu’un bien.
    L’oeuvre est propriété de son auteur. Relis ton droit.« Non. L’oeuvre est associée à un droit moral et à un droit patrimonial, sans compter les droits voisins. Une oeuvre n’est pas la propriété de son auteur, comme un lopin de terre est la propriété de quelqu’un. »Une question : quand un mec te fait les poches, c’est contre productif de crier « au voleur » ?« Ah ! Le retour des méchants »voleurs" !
    Au-delà du fait qu’en droit, le piratage n’est pas du vol, c’est une atteinte au droit patrimonial qui est une composante du droit de propriété intellectuelle (qui est différent du droit de propriété « normal »). Le droit patrimonial a été accordé aux artistes par la société à une époque où il était applicable sans être trop contraignant, dans la mesure où les canaux de diffusion de la culture étaient suffisamment réduits pour que la contrainte liée au droit patrimonial ne change pas grand chose. Le problème, c’est que désormais le droit patrimonial (tel qu’il est appliqué actuellement, notamment dans l’industrie de la culture populaire) entre violemment en conflit avec un autre droit, celui de la communauté à bénéficier des oeuvres de l’esprit (c’est ce droit qui est à l’oeuvre lorsqu’une oeuvre entre dans le domaine public, par exemple). Donc non, je ne pense pas que menacer ceux qui t’ont accordé le droit patrimonial et te les mettre à dos soit une méthode très productive.

    « Le libéralisme a évolué depuis Adam Smith. »
    Soit reprenons ton postulat de départ. « La logique capitaliste est de baisser au max les coûts de production, donc les salaires. » Donc Google n’est pas capitaliste ? J’ai bon cette fois ?

    Honnêtement, c’est bien d’avoir des convictions, mais il y a aussi un truc assez complexe qui s’appelle la réalité et ça peut être sympa d’en tenir compte parfois. Ça aide même à faire avancer plus efficacement ses idées.

  • Le 15 février 2012 à 19:05, par Parano En réponse à : « Coucou... Tu veux voir ma politique culturelle ? »

    Je tiens d’abord à saluer les lecteurs qui suivent ce débat où tous les coups (rhétoriques)sont permis, plutôt que de lire un bon roman ou faire l’amour. N’oubliez pas de compter les points.

    Mes réponses :

    Je ne pense pas que le profit soit une utopie communiste ; où alors pif gadget a bien changé. Simplement l’artiste doit pouvoir tirer le fruit de son oeuvre. L’art a toujours été un commerce. Dans un système capitaliste, quand tu consommes, tu payes (de plein gré ou pas).

    Sur le droit : Droit patrimonial = monopole d’exploitation économique sur l’œuvre. Faire respecter son droit est légitime, Internet ou pas. Le reste c’est du verbiage.

    Enfin, sur la baisse des coûts salariaux je laisse tomber, tu fais semblant de ne pas comprendre.

    Amen

  • Le 15 février 2012 à 19:59, par Aurélien Noyer En réponse à : « Coucou... Tu veux voir ma politique culturelle ? »

    « Dans un système capitaliste, quand tu consommes, tu payes (de plein gré ou pas). »

    Ben justement, l’art est un cas particulier, d’où la notion de domaine public.

    « Faire respecter son droit est légitime, Internet ou pas. Le reste c’est du verbiage. »

    Sauf que « son droit », c’est un privilège accordé par la société et qu’elle peut légitimement retirer à tout moment... la preuve, les droits patrimoniaux sont limités dans le temps. Or ce à quoi on assiste en ce moment, c’est que le droit patrimonial est de moins en moins respecté, de plus en plus difficile à faire respecter et dont les tentatives de le faire respecter sont hautement contraignantes et impopulaires. À ton avis, au bout de combien de temps une majorité de gens se diront « c’est trop chiant à faire respecter, abolissons-le » et pourront légitimement le faire via les mécanismes législatifs ? Pour éviter ce scénario, il ne suffira pas de s’accrocher à « son droit » en pointant les autres du doigt, en les traitant de voleurs. Il me semble plus efficace de chercher comment l’adapter pour qu’il soit aussi profitable pour les artistes que pour le public... ou du moins que les artistes et le public ne soient plus en concurrence.

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