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Count Your Blessing

Count Your Blessing

Munck//Johnson

par Fino le 14 novembre 2006

5

paru le 17 octobre 2006 (Pony Rec / Rock Revolution)

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Eh bien voilà, on l’a finalement trouvé, on peut arrêter les recherches. Ou alors, encouragé, devrait-on redoubler d’ardeur. On la tient, LA perle « folk-petit label-sans prétention aucune ». On avait souvent cru l’effleurer du bout des doigts, cette fois-ci on ne la lâchera pas. Munck//Johnson (Camilla Munck et sa formidable voix et les guitares en pagailles de Moogie Johnson en réalité), après un premier essai autoproduit, ont pondu un œuf Fabergé.

Le duo, sorte de face lumineuse (mais quelle lumière blafarde...) de The Kills, atteint des sommets de folk minimaliste. Exemple flagrant, la lente transe qu’est The Streets, en quelques éclats de voix et trois notes d’orgue ténébreuse. La musique de Munck//Johnson, à la fois environnante et furieusement intimiste, est de celles qui déchirent la chemise, nous ouvrent le ventre et saisissent les tripes pour langoureusement jouer avec. Slavesong, enregistrée en live, porte à merveille son petit nom et captive littéralement l’esprit.

Des dizaines de références viennent à l’esprit dès Last Wish, ô combien délicieux péché originel. On pense à la Cat Power des premiers albums, ou encore à Andrew Bird. A l’écoute de Flesh and Bone, notre esprit chétif - tenu captif par cette voix intrigante - fait immédiatement le rapprochement avec The Mysterious Production of Egg du talentueux siffleur professionnel. Ce morceau, et son « I wanna die » tout en énergie marque le point d’orgue de l’œuvre. On s’élève sombrement, on veut trépasser dans un ultime effort, et on redescend. Que voulez-vous, l’apologie de la joie de vivre et de ce satané Ami Ricoré n’a jamais été le trait caractéristique de ce genre de disque.

Certes l’album connaît des redescentes, mais après être monté et avoir plané si haut... Alors certes, un morceau comme Oh, My Love donne l’impression d’une trace de suie au milieu du blanc immaculé que le disque a répandu dans nos pensées. Mais qu’elle est belle cette tâche, et qu’il s’en dégage une rassurante sensation de vie. Et n’oublions pas que nombre de groupes ou artistes actuels vendraient leur âme et leurs Converse pour écrire un titre de ce calibre.

L’atterrissage ne se fait non pas en douceur, mais calmement. Dans un calme obscure et inquiétant, mais là n’est plus l’essentiel. Allez, on ne s’étendra pas plus longuement, vous avez compris le fond. En propagande stalinienne, ou dans un message publicitaire outre-atlantique, on le résumerait par : « TROUVE et ACHETE Count Your Blessings ». Et dire que même le titre est sublime (soupir)...



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Tracklisting :
 
1. Last Wish (3’28")
2. Ellis Og Davenport (2’49")
3. The Streets (5’39")
4. This Time (5’23")
5. Slavesong (5’30")
6. Flesh And Bone (3’14")
7. Sweet And Lowdown (5’33")
8. Oh, My Love (1’21")
9. Be Kind (8’41")
 
Durée totale : 41’38"

site officiel : http://www.munckjohnson.dk