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Creature Shock Radio

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Puppetmastaz

par Emmanuel Chirache le 20 avril 2009

4

Paru en 2005 (Louisville Records/Discograph)

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Sonnez trompettes et clairons, tremblez pauvres humains : les Puppetmastaz reviennent ! Le grandiloquent We Back est là d’entrée pour nous le rappeler, quelque part entre Star Wars, Rocky 3 et Eminem. Les Puppetmastaz ? Une bande de marionnettes plus moches les unes que les autres, qui ne sont pas sans rappeler le film Meet the Feebles de Peter Jackson, parodie trash du Muppet Show. Pêle-mêle, on dénombre dans la bande une taupe, une chauve-souris, un lapin, un rhinocéros, une grenouille et bien d’autres encore. Une quinzaine de sales bestioles en tout et pour tout. A l’intérieur des costumes, l’auditeur un peu curieux découvrira des Allemands répondant aux noms de Paul Affeld, Ingmar Kappel, David Skiba, Max Turner, Ivan Georgieff, Patrick Catani ou encore le Canadien Jason Beck, plus connu sous le nom de Gonzales.

Qu’on le veuille ou non, qu’on le déplore ou pas, les Puppetmastaz sont rock’n’roll. Il suffit de voir le logo du groupe complètement pompé sur celui de Metallica. Par ailleurs, toute ressemblance entre le titre du disque Master Of Puppets et le nom du groupe de hip hop berlinois n’est sans doute que pure coïncidence. Oui, les Puppetmastaz sont rock. Impossible par exemple de ne pas headbanger (secouer la tête) sur Bigger The Better, morceau presque heavy (sans les guitares), où le flow des nabots impressionne par sa maîtrise et son agressivité. Surtout, les Puppetmastaz écrasent la concurrence grâce aux mélodies imparables de leurs chansons, savant mélange de bidouillages électroniques jouissifs et de chœurs délectables. Ainsi Midi Mighty Moe et son synthé Bontempi faussement ringard, ou encore le génial Break A Bottle avec ses bruits de bouteilles cassées (ceux qui se souviennent du zombie Michael Jackson feront le rapprochement avec son In The Closet). Quatre morceaux, quatre réussites hallucinantes. Le constat est sans appel. Voici l’un des tous meilleurs disques de hip hop des années 2000.

Et ce n’est pas Jukebox et son refrain monstrueusement parfait qui viendront nous contredire. Le délire continue grâce à Martian Juice, grand n’importe quoi extraterrestre qui provoque irrémédiablement chez l’auditeur cette interrogation : mais pourquoi donc les Puppetmastaz ne sont-ils pas des mégastars du hip hop ? Car si l’aspect parodique peut il est vrai rebuter certains esprits, la qualité des chansons devrait à elle seule remporter l’adhésion. Mais d’accord, imaginons le pire scénario. Imaginons un instant que vous soyez un rabat-joie casse-couilles et autres mots avec trait d’union, ce qui n’est bien sûr pas le cas, vous êtes super. Imaginons encore que votre horizon musical ne dépasse pas Usher ou Sinik. Même dans ce cas-là, vous ne me ferez pas croire que Do The Swamp ne vous arrache pas un petit orgasme, juste un cri de bonheur, un rictus qui prouve que vous êtes humain et que la bonne musique peut atteindre votre imaginaire, quelque part entre les nuggets du McDo et la gourmette gravée à votre nom. Non, vraiment, si vous n’aimez pas Do The Swamp, ses faux airs de valse et de boléro, son côté « rap de chambre » pour instruments à vent, sa maestria entraînante, alors tout est perdu. Dans le cas contraire, vous vous délecterez de Puppetmad, de Feel Bad ou Mastaplan.

Indéniablement, les Puppetmastaz ont un je-ne-sais-quoi qui les démarque du reste des groupes de hip hop. Un grain de folie, une touche électro, quelques notes de musique de chambre, une envie de s’affranchir des carcans bien caractéristique du Berlin d’après 1989. Les Puppetmastaz font de la musique intelligente sans perdre de vue l’efficacité d’un rythme, la beauté d’un refrain bien arrangé, la fluidité d’un débit de paroles. Ne faut-il pas y voir la marque des plus grands ?



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Tracklisting :
 
1. We Back (1’54")
2. Bigger The Better (3’15")
3. Midi Mighty Moe (3’54")
4. Break A Bottle (2’56")
5. Skit : Station Id (0’12")
6. Jukebox (3’14")
7. Martian Juice (3’27")
8. Do The Swamp (3’18")
9. Puppetmad (3’28")
10. Skit : Telephone Audition (0’52")
11. J.R. Blenda (3’32")
12. Spitwalk (3’08")
13. Feel Bad ? (4’09")
14. Skit : Save The Chewchilla Monkeys (0’24")
15. Pretending Early Morning (4’35")
16. Mastaplan (2’53")
 
Durée totale :45’19"