Concerts
Hushpuppies

Paris (Elysée-Montmartre)

Hushpuppies

Le 19 janvier 2007

par Aurélien Noyer le 30 janvier 2007

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Les Hushpuppies en concert, c’est décidément une chose dont je ne me lasse pas. Pour la troisième fois que je les voyais, j’avais donc du me déplacer jusqu’à l’Elysée-Montmartre pour l’avant-dernier concert de leur tournée (et non le dernier comme le matraquait Le Mouv’, puisqu’ils ont joué à Trappes le lendemain). Apparemment, la salle n’est pas totalement pleine mais le public a tout de même l’air d’être là, présent et motivé. Première surprise, la moyenne d’âge est légèrement plus élevée que lors de leur concert au Trabendo ou à la Fête de la Musique. Elle tournerait maintenant autour de 20-25 ans.

Le set sympathique des Go-Go Charlton passe promptement et sans laisser de souvenir mémorable, si ce n’est que l’un des deux chanteurs chante comme Morrissey et l’autre comme Brian Molko, ce qui donne d’étranges enchaînements Smiths-Placebo d’une chanson à l’autre. Mais l’ensemble permet aisément de patienter en attendant les Hushpuppies...

Qui arrivent enfin, et entament sans tarder leur première chanson, l’habituelle Automatic 6 qui leur permet une entrée en matière théatrale mais sans emphase ni grandiloquence. S’en suit Alice In Wonderland, chanson idéale pour faire monter la pression et pour permettre au groupe de se chauffer petit à petit, pour enchaîner ensuite ses brûlots garage : Single, Pale Blue Eye, You Gonna Say Yeah. D’ailleurs, à ma grande surprise, ce n’est pas cette dernière chanson qui a reçu le meilleur accueil du public, mais bien l’hystérique Single. Mais au-delà de la force de leurs chansons, le gros atout des Hushpuppies, c’est leur capacité à laisser retomber l’énergie au bon moment grâce à des Bassautobahn, Sorry So ou Marthelot ’n’ Clavecine qui sont toutes de bonnes occasions de s’adresser aux filles dans le public et de maintenir néanmoins une certaine tension pour enchaîner sur d’autres petites bombes garage, entrecoupées de reprises ad hoc : leur désormais habituel I’m Not Like Everybody Else des Kinks et une inédite Pump It Up piquée à Elvis Costello.

Mais ce qui m’a le plus impressionné lors de ce concert était l’incroyable unité des musiciens. On sent l’effet de la tournée qui vient de s’écouler : tous les membres du groupes jouent parfaitement ensemble. Du coup, ils peuvent se permettre de se faire plaisir et d’étirer les riffs, les breaks restent toujours calés à la micro-seconde près. L’effet sur les chansons est dévastateur, la tension et l’énergie sont présentes sans nuire à la qualité de l’ensemble. Aucune approximation ni cafouillage ne vient parasiter le show. L’énergie, la qualité des chansons et du show... Tout ce qu’on aurait pu demander, c’est un public un peu plus concerné. En dehors des premiers rangs pogoteurs, il faut bien admettre que la foule présente était malheureusement assez amorphe. Alors que le groupe a été très généreux, offrant quelques raretés comme l’amusante Ça Peut Pas Durer Comme Ça, voire même des chansons inédites, le public n’a même pas réagi au refrain en « nanana » de l’une d’elle qui était pourtant une voie royale pour chanter avec le groupe. Plus grave, il faudra qu’un roadie motive le public à demander un rappel avec plus de ferveur tellement il était mollasson, chose que je n’avais jamais vue dans un concert. À se demander ce qu’était venus faire tous ces gens...

Heureusement, cela n’a aucunement nui à la prestation des Hushpuppies qui ont offert un final apocalyptique tout en flashs et en larsens, emmené par leur hymne éponyme Hushpuppies. Décidément, ce groupe est le plus mature de la « nouvelle scène rock française » (si tant est que cette expression ait un sens). Maintenant, ils vont rentrer en studio pour enregistrer leur deuxième album et durant le concert, ils nous ont donné rendez-vous en septembre-octobre. Il ne reste plus qu’à attendre avec impatience...



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