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Karasu Tengu No Kodomo

Karasu Tengu No Kodomo

Mon Dragon

par Cypher le 12 juin 2007

4,5

sorti le 17 mars 2007 (FZM)

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Mon Dragon est né courant 2004 à Lyon, c’est un groupe de « Peace crust’n roll steady mixte » (c’est eux qui le dise !). Pour être un peu plus parlant, il s’agit d’une formation tout ce qu’on peut trouver de plus classique : chanteuse, guitare, basse, batterie et beuglements, qui donne un punk-crust brutal avec de nombreux passages plus clean, plus melo, variés etc... Rapidement après la formation, ils ont acquis une certaine notoriété au sein de la scène punk, trop peut-être puisqu’à la fin de l’aventure, ils n’arrivèrent plus à concilier vie privé de chacun et vie du groupe, c’est -entre autre- une des raisons qui amena le groupe à splitter lors d’un concert à Dijon le 17 mars 2007, jour de la sortie de leur album, unique vestige d’une aventure qui a marqué les mémoire de beaucoup.

Après une intro au disque voix off/bruitage, le premier morceau Éducation Et Esclavage commence avec une finesse rare, le ton donné comme dit plus haut, c’est du crust très bourrin, très rapide (le morceau dure à peine une minute) avec un chant alterné voix féminine parfois gueulé, parfois un peu plus doux, voix hurlées derrière. Le deuxième morceau Les Cafards suit le même schéma mais avec un petit passage un peu plus « clean » au milieu du morceau, on en retrouve plusieurs tout du long de l’album, de différents styles et c’est ce qui fait que cet album ressort du lot par rapport à tous les groupes de crust bourrins pour dire d’être bourrins qu’on peut trouver. L’album est ainsi un concentré de superbes morceaux toujours sur le même schéma, avec des compos originales, entraînantes, menées par le duo batterie guitare survolté et accompagnées de lignes de basses tout simplement géniales sur certains passages, on l’écoute d’un bout à l’autre sans avoir l’impression d’entendre toujours la même chose, et on peut même recommencer pleins de fois de suite, on est pas lasser pour autant. Enfin, le disque est marqué par trois interludes qui casse un peu le rythme, mais si on laisse notre penchant bourrin écervelé de côté, ils s’intègrent à merveille à l’ensemble, et c’est cool de retrouver un petit passage par un des MC de calavera (rap) ou un morceau acoustique au beau milieu de cette avalanche de hurlements et de guitare disto.

Pour couronner le tout, les paroles sont super intéressantes et on tombe pas dans les clichés qui reviennent généralement. On retrouve donc des textes sur l’éducation, l’avortement, la condition des prostitués, la prison et plein d’autres encore, le tout dans pleins de langues (français, anglais, espagnol et même japonais). Et enfin, l’album en lui-même est un très bel objet, soit en vinyle + CD (pour écouter sur le baladeur) soit juste le CD, pour le même prix avec en prime un insert des paroles, un petit livret A5 avec les traductions des paroles en anglais et espagnol et de jolis collages pour illustrer le tout, et tout ça en papier recyclé, s’il vous plait !

Pour conclure, c’est vraiment un album à entendre, d’une part pour se consoler de les avoir raté, d’autre part parce que la musique est vraiment superbe, de l’excellent crust encore une fois tout en restant emplis de poésie et de fraîcheur. Et quelques réflexions très intéressantes dans les textes, un sérieux prétendant au titre d’album keupon de l’année pour peu qu’il fut un peu plus long, parce que 14 pistes dont 4 interludes, on reste un peu sur notre faim !



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Tracklisting :
 
1 - L’Ile Aux Corbeaux (1’48")
2 - Education & Esclavage (1’15")
3 - Les Cafards (2’30")
4 - Interlude Des Barbelés (0’54")
5 - Dokdo Takeshima (2’54")
6 - Petite Trousse (4’26")
7 - 3x45 (3’27")
8 - Le Corps D’Ama (4’29")
9 - L’Interlude Des Pillules (2’24")
10 - What A What A Waste (2’52")
11 - Benedicte Douglas (2’44")
12 - L’Interlude Des Enfants Perdus (3’36")
13 - 343 Salopes (3’25")
14 - Viande (2’16")
 
Durée totale : 39’00"