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Le 30ème Printemps de Bourges

Bourges

Le 30ème Printemps de Bourges

Samedi 29 et dimanche 30 avril 2006

par Alexx le 10 mai 2006

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 Samedi 29 avril 2006 - 4ème jour du festival

Ce soir, l’affiche réserve son petit lot de surprises. Imaginez, trois groupes français sur cinq : les frais et nerveux Hushpuppies, Katerine, l’homme aux textes acides et ambigüs et les rois de la scène et des tournées, je veux parler de Dionysos. Au milieu de tout ça sont noyés les très médiatisés Arctic Monkeys et les non moins connus mais plus discrets dEUS.

Les festivités se déroulent sous un chapiteau nommé Phénix, le plus grand lieu de concert de ce printemps (pouvant accueillir 5500 places). 19 H, à ma surprise, les Hushpuppies ont commencé plus tôt que prévu (fait bien rare, lors de ce genre de prestation). Ne les connaissant pas, tout reste à faire ! En tout cas, le public réagit bien, tellement bien que l’on a l’impression que ce sont eux qui forment la tête d’affiche. Ce dernier répond à chaque riff qui s’enchaîne sans répit. Le chanteur balance ses paroles, invectivant la foule. Et le public en redemande (si c’est pas rock’n’roll...) !! En effet, c’est un groupe très énergique mais qui ne me laissera pas un souvenir impérissable. Si ! Le chanteur qui s’offre un slam rapide tel un frileux dans une mer trop fraîche.

Place est faite à Katerine “l’emmerdeur” et sa suite, composée majoritairement des restes de la formation connue sous le nom des Little Rabbits. Je les attendais en caleçon blanc et en haut de corps de lycra rose à l’instar de la pochette de son dernier album. Niet ! Le Vendéen se contente juste d’une fleur dans ses cheveux mi-longs. Commence alors un show marrant de quarante-cinq minutes où je me rends compte qu’il est capable de faire bouger du monde. Il faut avouer que son univers est assez décalé et qu’il réussit à le retranscrire sur scène avec panache. Ses chansons ont l’air d’être tirées de sa vie et de ses critiques sur le monde qui nous entoure. Ainsi, il nous chante ses aléas avec un poulet fraîchement abattu et estampillé Poulet 728120. Cette histoire finira d’ailleurs par un énorme « Poulet 728120 - Je t’aime ! » de la part de Katerine et du public qui s’amuse beaucoup. Arrive l’un des morceaux qui l’a fait connaître et dans lequel il clame : « Je suis dans la merde, mais je vous emmerde ! » le tout remixé au goût du jour. Enfin arrive le moment tant attendu par votre serviteur et le public. Beaucoup d’artistes reprennent ces deux petites phrases : Dionysos, Cali, Hushpuppies... En tout cas, on aura rarement vu un public s’échiner à faire du bruit, hurler, taper du pied pour contredire un chanteur lorsque ce dernier dit : « Je coupe le son... » Heureusement que la suite arrive parce que le boucan est presque aussi fort que celui du concert ! « ...Et je remets le son ! » Ainsi se termine cette belle prestation.

Après une petite discussion avec ma voisine, les quatre benjamins de ce soir arrivent et démarrent sur les chapeaux de roues. Guitares hurlantes, public hurlants aussi, et un jeu de scène assez statique. Les mauvaises langues (dont je fais partie) pourront dire qu’ils ne font que jouer leur album. Puis, je reconnaîs le single et me rends à l’évidence : le set est bel et bien formaté pour jouer l’album comme si vous étiez au studio. Les quatre de Sheffield ne bougent pas beaucoup et la dégaine du chanteur avec sa guitare hautement perchée sur son abdomen lui confère un côté sale gosse.

Les chansons se suivent et ont l’air de se ressembler. Pourtant, quelque chose m’échappe. Ce je-ne-sais-quoi qui fait leur réputation. Puis, arrivent les trois derniers morceaux. Plus libres, plus palpitants, quelque chose se passe et ceci s’explique pendant un échange d’opinion avec mes voisins et que les roadies déménagent les matos des singes arctiques : ce sont des chansons toutes neuves tirées de leur dernier EP, et mélangées à une chanson totalement inédite. Là, je comprends alors le buzz qui les a suivi avant qu’ils ne se rangent au sein d’une major.

Bien maintenant, je l’avoue, les deux groupes qui suivent sont ceux qui m’ont fait faire le déplacement (avec trois autres jouant le lendemain). Ce n’est que la troisième fois que je vois dEUS en live pourtant, au vu de ce qui est passé, ça allait être grandiose. Tom Barman débarque avec ses quatre autres compères et commencent par un morceau de leur nouvel album Pocket Revolution. La foule reste dubitative. Arrive rapidement le Paranoid Android du pauvre [1], j’ai nommé Instant Street. Pur moment de bonheur et de déchaînement pour Tom qui s’aperçoit que la foule n’est pas très réactive. Allons bon, il partage alors avec le public l’origine belge de la formation et de l’entendre ajouter : « Nobody’s perfect » sur un ton que ce satané public ne comprend pas. Pourtant, les chansons sont très bien interprétées et dEUS va jusqu’à jouer Fell Off The Floor, Man. Enchaînant les morceaux puissants (Theme For Turnpike) avec quelques plus doux (The Magic Hour), le concert est équilibré et le plaisir de les écouter est d’autant plus fort que l’on a affaire à un public ignare et amorphe alors qu’il avait prouvé le contraire quelques minutes auparavant... Je surprends même une discussion où il est question d’un match de foot apparemment plus important que ce qu’ils écoutent (désolant) !! Pour en finir et marquer le coup, dEUS interprète un Suds & Soda magistral où enfin des gens réagissent. Chanson mémorable et certainement l’une des plus appréciées de la soirée par votre serviteur...

Reprenant ma discussion avec ma voisine, je découvre qu’elle venait de découvrir quelque chose et qu’elle se renseignerait sur ce groupe. En attendant, nous échangeons quelques données sur le dernier passage : Dionysos. Je ne m’attarderai pas trop dessus. Comme à leur habitude, le combo pète la forme et fait se succéder les titres de leur dernier album Monster In Love. Dès Giant Jack, la foule est en délire et les slammers se font remarquer. Très peu de morceaux de leurs précédents opus sont joués. Même pas un Mc Enroe’s Poetry ou un Don Diego 2000 ! Comme à son habitude, Mathias escalade tout ce qu’il trouve. Il demandera au public un pogo punk mais dans le silence. C’est sur Neige que se finit la représentation, acclamée et réclamée pour une seconde partie. En les attendant, je m’amuse à écouter les impressions des gens qui sont “époustouflés” par le show qu’ils viennent de voir. Les six de Valence reviennent et préviennent qu’ils feront tout pour bien finir la soirée avec quelques surprises à la clé. Ainsi débute le duo Jedi/Cox sur lesquel Mathias se baigne dans la foule pour aller sur leurs mains jusqu’à l’échafaud du fond et y chanter a cappella un couplet de Coccinelle. Final classique (pour eux, parce que c’est toujours impressionnant à voir), le groupe se retire et Mathias reste pour chanter une dernière fois avec la foule aux anges...

Bien, il est temps maintenant d’aller se reposer au beau milieu du calme de la campagne du Cher.



[1dixit un membre de la rédaction...

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