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Mellon Collie And The Infinite Sadness

Mellon Collie And The Infinite Sadness

The Smashing Pumpkins

par Napst le 7 février 2006

sorti le 20 octobre 1995 (Virgin)

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Nous sommes en 1995. Le paysage rock est dominé en Grande Bretagne par la britpop et aux USA par le grunge finissant (suicide de Cobain oblige). Dans ce contexte un groupe émerge depuis peu, après son très remarqué Siamese Dream : les Smashing Pumpkins.

Leur leader Billy Corgan avait décidé de frapper un grand coup avec ce double album, d’écrire le The Wall des années 90. Tant d’ambition avait de quoi laisser sceptique. Et ils l’ont fait. Et 10 ans après on en est encore étonné. Il y a dans ce disque quantité d’émotions, d’influences et de styles musicaux qu’on aurait du mal à distinguer et à décrire. Progressif, pop, heavy metal, folk, gothique... une sorte de très improbable mélange des Cure, des Pixies, de Black Sabbath et des Pink Floyd, mais toujours avec un souci de rester créatif au lieu de pomper comme le font de trop nombreux groupes. Par rapport à son prédécesseur Butch Vig, connu pour ses sonorités lisses, le producteur Alan Moulder a su donner au son avec plus d’ampleur et de puissance, quitte à sonner « bourrin » sur certains titres. La voix nasillarde de Corgan est plus entêtante que jamais, la batterie de Jimmy Chamberlain est au top... Mais ce qui frappe tout de suite surtout c’est cet entassement des émotions les plus diverses, l’amour, la rage, la douleur, la paix, la nostalgie... un peu comme une bande son de toute notre vie. Et le groupe arrive à donner à tout ce foutoir une unité et une cohérence.

On commence par un petit instrumental tout mignon au piano, et tout à coup on est pris à la gorge par l’intensité épique des violons de Tonight Tonight, dont le clip vaut également le détour. Les morceaux suivants, plus classiques sont un enchaînement d’hymnes pop metal, bourrés de guitares, rageurs et réjouissants, et même parfois tubesques (Zero, Bullets...). Après ça, le groupe se lâche encore un peu plus et montre l’étendue de son talent avec, en vrac, des déflagrations sonores (Fuck You au titre approprié), des ballades délicates et aériennes (Cupid De Locke, Galapogos...), une bizarerie electro (Love) et un long morceau « progressif »(Porcelina In A Vast Ocean)

Mais ce premier CD est relativement conventionnel comparé au second. Il démarre toutes guitares dehors avec les très noir Where The Boys Fear To Tread et Bodies où Corgan hurle que « Love is suicide ». Puis viennent trois étranges ballades venues de nulle part. D’abord Thirty Three et son piano déglingué, puis le déchirant In The Arms Of Sleep et sa scie musicale et surtout le tube 1979 avec son rythme hypnotisant et lancinant qui a marqué les esprits. Ensuite les titres s’enchaînent entre la fureur ultra-saturée de Tales Of Scorched Earth, la douceur de Stumbleine. Thru The Eyes Of A Ruby est une sorte d’aboutissement, un morceau aussi sophistiqué que parfait. Le disque se clôt sur une longue enfilade de ballades toutes intéressantes à leur manière, dont on retiendra surtout By Starlight avec ses guitares planantes et Farewell And Goodnight, jolie petite berceuse où tout le groupe chante. Ce morceau achève l’album avec les mêmes notes de piano qu’au début (pour donner envie de le remettre ?).
Au fil des écoutes, on découvre la profondeur de chaque morceau, chaque petite trouvaille sonore perdue dans tout ce foisonnement. Et on remet encore le CD, encore et encore. On arrête un peu pendant quelques mois... et puis on se le remet encore. Et ça fait 10 ans que ça dure.

Billy Corgan et ses citrouilles ont fait de bonnes choses avant cet album ils en referont après. Mais jamais l’alchimie ne sera aussi parfaite que dans ce disque ce qui en fait un prétendant plus que sérieux au titre de meilleur album des années 90.



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Tracklisting :
 
CD 1 : Dawn To Dusk
 
1. Mellon Collie And The Infinite Sadness (2:52)
2. Tonight, Tonight (4:17)
3. Jellybelly (3:01)
4. Zero (2:40)
5. Here Is No Why (3:44)
6. Bullets With Butterfly Wings (4:17)
7. To Forgive (4:16)
8. An Ode To No One (4:52)
9. Love (4:21)
10. Cupid De Locke (2:50)
11. Galapogos (4:46)
12. Muzzle (3:44)
13. Porcelina Of The Vast Ocean (9:21)
14. Take Me Down (2:52)
 
Durée totale : 57:53
 
CD2 : Twilight Starlight
 
1. Where Boys Fear To Tread (4:22)
2. Bodies (4:12)
3. Thirty-Three (4:10)
4. In The Arms Of Sleep (4:12)
5. 1979 (4:25)
6. Tales Of A Scorched Earth (3:46)
7. Thru The Eyes Of Ruby (7:38)
8. Stumbleine (2:54)
9. X.Y.U (7:07)
10. We Only Come Out At Night (4:05)
11. Beautiful (4:18)
12. Lily (My One And Only) (3:31)
13. By Starlight (4:48)
14. Farewell And Goodnight (4:22)
 
Durée totale : 63:50