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My Kind Of Heartbreak

My Kind Of Heartbreak

Anouschka

par Vyvy le 6 novembre 2007

3,5

Paru en 2006

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La demoiselle est au seuil de l’âge mur. Sur la pochette, cette mi-suédoise, mi-américaine, à la blondeur éclatante, regarde en arrière, mais va de l’avant : l’album lui permet après tout de revenir sur ses « heartbreaks » passés, pour aller de l’avant, passer à autre chose.

On pourrait croire à la banalité totale de la chose. Et on aurait tout de même un peu tort. La demoiselle est capable d’écrire et de chanter des chansons qui captent l’attention, et on se laisse assez facilement entraîné dans l’ensemble éclectique jazzy-bluesy-americana que propose My Kind Of Heartbreak.

Mais d’où vient cette nymphe sur le retour ? Membre d’un obscure all-girl rock band en Suède, puis diplômée, entre autres, de la prestigieuse Berklee School Of Music où elle a étudié la guitare, elle revient, après quelques petits boulots et plans foireux à L.A., et un premier album en 1999, en Suède (pays de l’americana s’il n’en est). Réfugiée là-bas, elle accouchera puis peaufinera sa deuxième livraison, sortie en 2006.

Ceci, elle ne le fera ni seule ni simplement. Anouschka ayant l’esprit d’équipe, ses chansons ne sont pas nues comme peuvent l’être celle du singer-songwriter moyen. Étoffées dans les paroles longues, elles le sont aussi par les arrangements variés, des chorus convenus aux soli de violons endiablés. De fait, les chansons sont assez longues, oscillant entre 3 et 5 minutes. Oh oui, Anouschka, après quelques écoutes, se débarrasse des oripeaux convenus de « la niaise chanteuse indie inintéressante ». Ces notes de pochette la tire certes dans cette direction (« thank you indie spirits who keep the music industry honest and fresh ! »), mais il y a trop de choses intéressantes sur cet album de 13 pistes pour l’y enfermer.

L’équipe, le band, le producteur, qu’elle a assemblée et dont elle loue la patience, est assez surprenante pour être développée. On y trouve un requin américain de studio suédois, ayant officié chez Dr Alban ou encore les Back Street Boys, Chuck Anthony, qui en profite pour co-produire avec la blonde l’album ci-présent. Une toute jeune violoniste classique joue à côté de James Bradley Jr, qui aurait été reconnu le plus jeune batteur professionnel de l’histoire de la musique à l’âge de 4 ans, et ce, dans les années 60. Rajoutons un bassiste de métier qui ne joue pas de basse ici mais chante, un vrai bassiste, un clavier, et un studio d’enregistrement dirigé par un taré du son analogique (ce qui confère ici un son « vieux jeu » et riche ). Un joli bordel pour un album qui joue dans la diversité. Venons-en à l’album…

Et bien, l’album ne commence pas très bien. Rainy Night in Chelsea n’est pas un chef d’œuvre, et la voix d’Anouschka, certes, puissante et bien éduquée, est justement un peu trop là, jouant trop souvent du trémolo languissant, le tout sur fond dansant de clavier. A l’inverse, la deuxième chanson, Venice Beach, où la demoiselle n’ouvre qu’une partie de son gosier, est une des meilleures chansons de l’album. Elle raconte l’expérience d’une wannabe-star dans la city of angels, du point de vue doux-amer de quelqu’un qui en est revenu après quelques réussites (quelques TV shows…) mais rien de concret.

L’album continue, avec des chansons toutes différentes, certaines faisant mouche, comme Gonna Get Over You au son léger mais si soyeux ou l’étrange Buried alive, d’autres dont on se passerait bien, comme When R U Coming Round. La voix d’Anouschka peut faire beaucoup, et elle utilise cet atout à foison. Parfois souple et jazzy, parfois plus rêche et folk, toujours capable de trémolos, saute, et autres tressautement, c’est une voix qui, comme sa maîtresse, a vécu. Et elle se retrouve au centre d’un album qui se découvre plus riche et intéressant -quoiqu’inégal- à chaque écoutes.



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Tracklisting

1- A Rainy Night in Chelsea (3:42)
2- Venice Beach (3:59)
3- Good Girl Gone Wild (3:18)
4- Man Like You (3:04)
5- House of My Father (4:15)
6- Beautiful but Damned (5:12)
7- My Kind of Heartbreak (Kind of Guy) (4:24)
8- Gonna Get Over You (4:41)
9- Buried Alive (3:37)
10- Is This What Love Feels Like ? (4:04)
11- My Loyal Heart (4:15)
12- Let’s See This Through (4:29)
13- When Are You Coming Round ? (3:17)

durée totale : 52:07

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