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Primary Colours

Primary Colours

The Horrors

par one minute in the dream world le 2 juin 2009

4,5

Paru le 4 mai 2009 (XL/Beggars Banquet)

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En cette époque dévolue aux revivals, souvent crédibles (A Place to Bury Strangers, December Sound etc...) voire aux retours dont on attend beaucoup (My Bloody Valentine), The Horrors se prennent au jeu et, ce faisant, réalisent le coup parfait avec cet album qui doit autant au groupe de Kevin Shields qu’à Joy Division, ou encore aux Psychedelic Furs et, pour les moins connus, à Whipping Boy.

En effet, après un premier album ayant déjà créé une mini-hype, le groupe, victime entre autres de préjugés liés à son look, cloue le bec à ses détracteurs, et par extension à toute la critique rock, avec ce disque bruitiste, parfaitement maîtrisé. Un album de haute classe qui allie shoegaze, kraut et cold-wave avec une dextérité qui évoque les plus grands.

Entre planeries délicieuses (un superbe Mirror’s Image en ouverture, doté de sonorités dignes des early 90’s et d’une voix évoquant Interpol dans ce qu’elle a de magnifiquement précieux), titres façon Psychedelic Furs époque Talk Talk Talk (Three Decades), ou réminiscences de l’imparable Heartworm des Whipping Boy (Who can say), les Couleurs Primaires usitées par The Horrors s’épousent et forment un canevas musical à la fois daté et terriblement actuel, dont le principal mérite, et il est grand, est d’évoquer une pléthore de formations reconnues sans sonner outre-mesure influencé, bien au contraire. Des relents gothiques bien utilisés soulignent New Ice Age et font le lien entre les débuts du groupe, prometteurs mais appelant confirmation, et ce qu’il est devenu aujourd’hui, suite à ce disque. De plus, ils hissent celui-ci à la hauteur de pointures comme Christian Death, la comparaison, osée, se voulant avant tout révélatrice du talent entrevu ici.
Sur Scarlet Fields, les Anglais nuancent leur propos tout en restant dans cet univers sombre, menaçant, soniquement perturbé, confirmant leur capacité à noyer leurs mélodies dans des nappes savamment élaborées. Puis sur I Only Think Of You, c’est un climat lent, différent des précédents, qui s’impose et achève d’asseoir le groupe dans son statut de valeur sure.

Si l’on voulait décrire l’opus en présence et les sensations qu’il engendre, il importerait d’ailleurs d’effectuer un descriptif de chacun de ses morceaux, dont I Can’t Control Myself et ses claviers obsédants associés à des guitares savoureuses, sans parler de ce chant à la fois hautain et douloureux. Ou ensuite ce Primary Colours très Butlerien, qui nous montre qu’outre le fait que les goûts du groupe sont bons, leur réinvestissement l’est tout autant. Et pour finir, Sea Within A Sea et son trip psyché-kraut unique, placé là comme pour nous apporter l’ultime et cinglante preuve de l’habileté des Horreurs à conjuguer modernité revendiquée et emprunts adroits et judicieux au passé.

Dix titres de feu donc, qui forment un ensemble auquel je n’arrive à trouver, en cette première partie d’année, que très peu d’équivalents ou d’éventuels « concurrents ».



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Tracklisting :
 
1. Mirror’s Image (4:50)
2. Three Decades (2:49)
3. Who Can Say (3:41)
4. Do You Remember (3:28)
5. New Ice Age (4:25)
6. Scarlets Fields (4:42)
7. I Only Think Of You (7:07)
8. I Can’t Control Myself (3:27)
9. Primary Colours (3:01)
10. Sea Within A Sea (7:58)
 
Durée totale : (45:53)