Portraits
Sa Majesté : Queen

Sa Majesté : Queen

par Psychedd, Our Kid, Milner le 23 mai 2006

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À la fois adulé et honni, Queen n’est pas un groupe qui laisse indifférent. De sa musique à son sens du spectacle, en passant par la personnalité de ses membres, le groupe n’est que passions, paradoxes et talents, le tout réuni dans un écrin majestueux et jusque-là, jamais reproduit. Queen effraie, mais ici à B-Side Rock, nous n’avons pas peur de le dire : nous aimons Queen et c’est à trois que nous allons vous prouver que ce groupe à sa place au panthéon des plus grands et que, quoiqu’en dise certains, c’est certainement l’un des meilleurs groupes du monde...

Parler de Queen, revient surtout (et de plus en plus) à parler de Freddie Mercury, devenu le symbole d’une communauté, d’une époque et, depuis sa mort en 1991, le symbole d’un combat.
Mais il serait triste de ne réduire le groupe qu’à cette personnalité flamboyante. On a trop souvent oublié de parler du talent extraordinaire dont faisaient preuve tous les membres de Queen. À la fois autodidactes, perfectionnistes, travailleurs, tout simplement faits pour la musique, la combinaison de ces forces vives, le mélange de leurs influences ont fait de Queen un groupe capable de changer de style aussi vite qu’un transformiste peut changer de vêtements. Et voilà peut-être ce qui dérange le plus dans l’histoire : comment pouvoir cerner un groupe qui est capable de faire du rock dur, des ballades d’amour à vous fendre le cœur, du cabaret et tant d’autres choses dont nous reparlerons plus tard ? Comment comprendre et apprécier une musique aux facettes si multiples que le mauvais goût s’en retrouve inévitablement frôlé ? Il n’y a pas de réponse toute faite, mais il ne faut jamais perdre de vue que Queen a fait la musique avec quatre petits cœurs qui, pendant près de 20 ans, ont battu à l’unisson. Pour le meilleur et pour le pire...

Mais voilà pour nous le temps de vous présenter nos quatre acteurs principaux. Mesdames et Messieurs, voici Queen...

 Petits princes deviendront Reine

Changeons tous les partis pris, et commençons les présentations par l’un des êtres les plus discrets du show biz : John Deacon, bassiste de son état. Bien qu’il soit le dernier à avoir rejoint le groupe, son rôle par la suite fut considérable. Mais ça, c’est déjà une autre histoire...
Né le 19 août 1951, il est également le plus jeune membre de Queen. Le petit John Richard Deacon est l’enfant d’Arthur et Lilian Deacon, vivant à Leicester. Avec un père bossant dans les assurances, peut-être pourra-t-on comprendre le talent inné de John pour les chiffres. C’est en 1958, à l’âge de sept ans qu’il reçoit sa première guitare (en plastique). Autant dire que ses parents lui ouvrent une voie royale. En 1962, il intègre la Beauchamp Grammar School. Un peu plus tard dans l’année, son père meurt. Loin des clichés rock’n’roll, John ne va pas devenir un dangereux rebelle traumatisé par cette perte. Timide, sérieux, il s’accroche à ses études, mais également à la musique. En 1963, il s’achète une vraie guitare acoustique, qui fait tout de même de plus beaux sons que sa petite Tommy Steele en plastique... À l’âge de 14 ans, il se produit pour la première fois en concert dans un groupe local appelé The Opposition (en tant que guitariste rythmique), pratiquant un mélange de pop, de soul et de style Tamla Motown.

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John à 14 ans

Déterminant pour la suite me direz-vous. Après tout, John, sera le premier à donner un tube funk pour Queen... Entre 1965 et 1969, The Opposition changent assez souvent de nom, dès qu’il y a un changement de personnel. De 1966 à 1967, ils deviennent les New Opposition (ils célèbrent de la sorte le passage de John du rôle de guitariste à celui de bassiste), pour redevenir The Opposition en 1968, avant de se transformer en The Art, nom un brin pompeux tout de même.

Malgré ces changements d’identités continuels, le groupe connaît un certain succès et tourne plutôt bien (on compterait à peu près une centaine de concerts... Pas mal pour un début !). En 1969, John quitte son école de Beauchamp pour entrer au Chelsea College, où il va passer des diplômes en électronique (et avec mention s’il vous plaît !). En octobre 1970, il assiste au concert d’un nouveau groupe appelé Queen. Ses souvenirs ne sont pas exceptionnels : « Ils étaient tous habillés de noir et les lumières étaient assez sombres également, donc tout ce que j’ai vraiment vu, c’était quatre silhouettes dans l’ombre. Il ne m’ont pas fait une super impression à l’époque ». Il reste cependant au sein de son groupe mais va commencer très vite à chercher ailleurs des gens motivés pour passer la seconde vitesse. Ses vœux seront exaucés en 1971, quand lors d’une soirée, on lui présentera deux jeunes gens passionnés de musique comme lui : Roger Taylor et Brian May...

Le premier, Roger Meddowes-Taylor, de son nom complet (son deuxième nom « Meddowes » est en fait le nom originel de sa famille, suffisamment ancien pour qu’on le remplace au fur et à mesure du temps par « Taylor »), est un charmant jeune homme au sourire Colgate Bright de 22 ans. Né le 26 juillet 1949 à Norfolk (dans l’ouest de l’Angleterre), dans une famille assez aisée (pour les détails biographiques extrêmes, son père s’appelait Michael et sa mère Winifred). En 1957, sa sœur Clare, lui et ses parents ont déménagé à Truro du côté des Cornouailles anglaises (Cornwall). Et parce qu’il était déjà super rock’n’roll comme jeune garçon, le petit Roger entre dans le chœur de la Cathedral School (école qu’il fréquente). La même année, il voit son cousin jouer de la guitare. Le virus l’infecte, lui aussi veut s’y mettre... Pour des raisons obscures, ce n’est pas une guitare qu’il obtiendra tout de suite, mais un ukulélé. Légère déception donc. L’erreur sera vite rattrapée et il obtiendra assez rapidement sa guitare tant aimée et va monter son tout premier groupe : The Bubblingover Boys (mais ils étaient si mauvais qu’après un seul concert, l’aventure s’est arrêtée). En 1960, il est le seul élève à réaliser cet exploit : Roger est si bon en classe que son école l’envoie dans la meilleure Public School (école privée) du coin, histoire qu’il développe encore un peu plus ses capacités. Mais le virus de la musique est toujours là et il agit de plus en plus.

En 1961, Roger se lasse quelque peu de la guitare et commence à s’intéresser de plus en plus aux percussions. Pour Noël, son père, et malgré les réticences de Winifred, lui offre son premier kit de batterie. C’est le début d’une grande histoire qui commence... Il retente l’aventure en groupe dès 1963 avec Beat Unlimited, devenant The Cousin Jack puis The Falcons. C’est à ce moment qu’il décide d’abandonner la guitare rythmique qu’il trouve chiante comme la pluie pour se mettre définitivement derrière ses fûts. Aussi marrant que cela puisse paraître, il aime la musique mais ne possède ni disques, ni platines. Il se forge sa culture grâce à son cousin et craque pour Jerry Lee Lewis, Little Richards et tous les pionniers du rock. En 1965, il intègre le groupe Johnny Quale and The Reaction. Le 15 mars 1965, le groupe s’inscrit dans un concours de « Rock and Rhythm » et arrive quatrième. Pas trop mal comme début... D’autant plus que ces petits jeunes se font un nom sur la scène locale de Truro et commencent à se produire régulièrement. En septembre de la même année, le chanteur décide de tout lâcher juste avant un concert. Sympa le garçon... Il se trouve que Roger est le seul à pouvoir le remplacer (comme quoi, la chorale, ça aide !) : ce soir là, les gens présents dans le public vont se prendre une claque en découvrant qu’il est possible de jouer de la batterie tout en chantant... Pour célébrer ce jour et le départ du premier chanteur, le groupe va raccourcir son nom en The Reaction. Bien plus simple, bien plus efficace. La preuve, l’année suivante, le groupe va participer une nouvelle fois au concours et, cette fois ci, le gagner. Si bien qu’ils y seront invités les années suivantes en tant qu’invités spéciaux.

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The Reaction

Vu qu’on est en 1966 et que niveau musique c’est quelque peu la folie, Roger va se prendre de passion pour Lennon, Dylan et Hendrix sans oublier les Who, à qui il voue un culte sans retenue. En 1967, sous la pression familiale, il bouge à Londres pour entamer des études de dentiste (ce qui expliquerait son sourire toujours impec’ ?) à la London Hospital Medical School. Autant dire qu’il aurait pu tomber plus mal. La vie d’étudiant lui plaît bien, mais la dentisterie, c’est moyennement cool. Il change de matière et préfère se lancer dans des études de biologie, plus basiques, mais moins contraignantes que l’apprentissage du détartrage. De toute manière, le but avoué de ces études était juste de se retrouver dans la capitale, en possession d’une bourse, là où tout se passait à ce moment. Il continue tout de même de jouer avec les Reaction, mais il commence à vouloir chercher autre chose de plus sérieux. Durant l’été 1968, un ami vient lui parler d’une annonce qu’il a vue à l’Imperial College, il y était écrit quelque chose comme « On recherche batteur jouant comme Mitch Mitchell/Ginger Baker pour monter un groupe de rock ». Ni une ni deux, il va passer des auditions devant un certain Tim Staffell et un grand type un peu dégingandé, Brian May. Le coup de foudre est immédiat : « Il nous sembla le meilleur batteur qu’on avait jamais vu. Je l’ai observé pendant qu’il accordait sa caisse claire (quelque chose que je n’avais jamais vu faire) et je me rappelle qu’il avait l’air d’un vrai professionnel » (Brian May). Le trio réuni va former le groupe Smile... Mais avant cela, parlons un peu de ce grand guitariste à la coupe afro.

Brian May est né le 19 juillet 1947 à Gloucester. Seul enfant de Ruth et Harold May, il est un peu l’enfant prodige... Son père, ingénieur en électronique et dessinateur au ministère de l’Air est également un bon bricoleur, mais surtout un bon musicien. Il apprendra à son fils, alors âgé de 7 ans, comment jouer du ukulélé (décidément...). Sauf qu’à la différence de son futur collègue apprenti dentiste, il aimera. À côté de cela, il commence les leçons de piano. Il se montre si rapidement doué, qu’il obtiendra vite une guitare acoustique espagnole dont il apprendra à jouer seul. Sa soif de musique est si forte qu’il va vite s’intéresser à pleins d’autres instruments tels que la harpe. Et non content d’être un autodidacte particulièrement doué, il a en plus une tête bien remplie et une aptitude particulière pour l’astronomie et la photographie (et papa May y est toujours pour quelque chose...). En 1956, à 9 ans, il est déjà un bon pianiste qui a obtenu un diplôme à la suite de ses cours qu’il déteste, les trouvant trop restrictifs et bien trop cadrés à son goût. Il les abandonne très vite, mais continue de jouer pour lui et seul, autodidacte jusqu’au bout des bouclettes... En 1958, il rentre à la Hampton Grammar School, la même école que celle de son paternel, tradition oblige (son propre fils y ira lui aussi d’ailleurs) et se fait pleins de potes, prompts à causer musique et guitare. En 1963, à 16 ans donc, Brian fortement influencé par Lonnie Donnegan, Tommy Steele et Buddy Holly And The Crickets, commence à se dire qu’il pourrait bien monter son propre groupe. Une chance pour lui, il est aussi manuel et bricoleur que son père. Détail qui va lui servir pour assouvir sa plus grande passion, la guitare. Brian rêve et bave à l’idée d’avoir un jour en sa possession une Fender Stratocaster qui coûte un peu trop cher pour son petit budget d’étudiant.

Il va alors demander à son père de l’aider pour fabriquer sa propre guitare électrique. Aussitôt dit, pas aussitôt fait. Il va falloir plus de 18 mois pour que la guitare mythique de Brian May soit enfin achevée. Adeptes du système D, père et fiston s’attaquent à l’acajou de la cheminée pour obtenir le corps de l’instrument, il dépèceront un peu de la même manière une vieille mobylette, sur laquelle ils vont récupérer moteur, ressorts et autres pièces métalliques. À la fin de l’assemblage, la guitare fonctionne. Et très fort, son prix s’est élevé à 8 livres sterling. Encore plus fort, la désormais « Red Special » va suivre Brian tout au long de sa carrière. Il aura même un mal fou à ne pas jouer avec elle. C’est beau le talent. Et pour faire toujours plus fort et original, le petit May aime faire joujou avec le son : il va essayer bon nombre de médiators mais va finir par choisir une pièce de 6 pennies qu’il préfère pour le son puissant qu’il amène. Parce que, c’est pas pour se vanter, mais sa petite guitare fabriquée maison va au final être plus puissante que celles, achetées dans le commerce, de ses potes. À côté de cela, le jeune prodige va voir pas mal de concerts dès qu’il peut. Il découvre à cette époque The Yardbirds, The Stones et Clapton, ce qui, on l’admet, représente pas mal de bonnes grosses claques musicales en plein dans la face.

Brian joue dès qu’il peut, avec qui il peut, si bien qu’il devient un SGF, un Sans Groupe Fixe, réputé et très demandé. Le premier à lui mettre réellement le grappin dessus en 1964, est un certain Tim Staffell, qui est chanteur et cherche un guitariste pour monter un groupe de rock (comme beaucoup de monde à l’époque). Ils choisissent vite le nom « 1984 » en référence au roman de George Orwell, mais aussi en référence à un futur qui leur semble bien éloigné. En gros, le monde est à eux. Et ils n’ont pas tort. 1984 va avoir pas mal de moments de gloire.

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1984

Il faut dire qu’ils savent gérer l’image. Pour leur premier concert, tous les membres du groupe décident de monter sur scène en costumes militaires. En 1965, Brian rentre à L’Imperial College de Londres dans la section d’astronomie. Et il va vite faire un constat accablant : l’astronomie, c’est bien quand on n’est pas astronome... Heureusement que la musique est là pour le sortir du quotidien d’étudiant. Toujours avec 1984, il continue de se produire en concert. L’année 1966 est assez calme, les membres du groupe étant plus concentrés sur leurs études respectives que sur le music-buisness. Pourtant en 1967, comble de la classe, ils vont assurer la première partie du Jimi Hendrix Experience lors d’un concert à l’Imperial College. De quoi défriser notre guitariste encore amateur qui va rencontrer son idole...

L’expérience se reproduira même le 23 décembre 1967 et le groupe vivra l’apothéose de sa courte carrière en jouant à l’Olympia de Londres, juste avant des groupes comme Traffic, Pink Floyd et The Jimi Hendrix Experience. Grande classe. Mais la gloire n’est qu’éphémère et 1984 va splitter assez vite. En 1968, Tim Staffel qui a décidé de s’accrocher, rentre au Ealing College Of Art, école d’art où sont passés entre autres Pete Townshend et Ron Wood. Il garde contact avec Brian avec qui il veut continuer la musique. Ce dernier, qui n’a que 21 ans, vient de réussir à obtenir des « honours degrees » en maths et physique. Un de ses professeurs est tellement impressionné qu’il lui propose de venir travailler dans un laboratoire de recherches astronomiques très réputé. Offre que Brian décline : il préfère largement garder le statut d’étudiant à l’Imperial College, et décide d’entamer une thèse d’astronomie qu’il n’arrivera jamais à finir. Ses projets musicaux ne restent pas en suspens car avec Staffel, il recrutent un batteur et décident de monter un trio appelé Smile. Ils auront un certain succès et compteront parmi leurs fans, un certain Freddie Bulsara, ami de Tim Staffell.

Drôle de type que ce Bulsara, avec ses grandes dents qu’il cache quand il rigole. Timide et extrêmement discret, il est également un passionné de musique et d’art. Le genre de gars sympa mais qu’on ne remarque pas forcément. Il faut dire que Freddie a été ballotté tout au long de sa jeunesse et que ce n’est pas ainsi que l’on arrive à se faire des relations durables...
Né le 5 septembre 1946 sur l’île de Zanzibar, au large de l’actuel Tanzanie, Farookh, (son véritable prénom) est le fils de Bomi et Jer Bulsara, tous les deux d’origines perses. Son père, haut fonctionnaire, diplomate pour ce qui est encore à l’époque l’Empire britannique est un peu la cause de tous ces déplacements successifs. À noter que pour bien commencer sa vie, Farookh, alors âgé de six mois a remporté un concours de beauté de bébé (allez-y les mauvaises langues, lâchez-vous...).

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Freddie, bébé

En 1954, pensant que cette solution est la meilleure et qu’elle va aider son fils à se stabiliser, Bomi l’emmène avec lui en Inde, où il le met dans l’internat St Peter, du côté de Bombay (plus précisément, à Panchgani). C’est là-bas que ses camarades de classe vont commencer à l’appeler Freddie (apparemment il vaut mieux avoir un nom anglicisé dans un internat anglais...), nom que même sa famille va adopter par la suite. L’enseignement qui y est prodigué est typiquement britannique, le petit Freddie n’échappe pas aux leçons de cricket et à la course de fond, disciplines qu’il déteste particulièrement. À coté de ça, il excelle au ping-pong et gagne plusieurs compétitions, se débrouille très bien à la boxe (qui l’eut cru ?), mais sa mère inquiète, lui demande d’arrêter.

Mais le sport ne fait pas tout et le jeune garçon se révèle extrêmement brillant dans les études : à l’âge de 12 ans, il reçoit un prix d’excellence, élu meilleur élève toutes catégories. Ses professeurs admiratifs notent aussi son aptitude pour la musique et demandent à ses parents de lui payer des leçons afin qu’il apprenne à jouer d’un instrument. Leur choix va se porter sur le piano, choix judicieux par ailleurs, ici encore le gamin prouve qu’il a un talent particulier. Sa soif d’apprendre et de découvrir est si grande qu’il écoute tout ce qu’il est possible d’écouter dans un pensionnat en Inde. Beaucoup de musique indienne, cela va de soi, mais aussi de l’opéra, qu’il affectionne tout particulièrement. Et comme si cela ne suffisait pas, Freddie possède également un grand sens artistique et pratique beaucoup le dessin. En plus du piano, il pratique le chant dans la chorale de l’école et décide avec quelques amis de monter un groupe, The Hectics, au sein de l’internat, en 1958. Ils assureront l’animation lors des soirées organisées pour les élèves. Freddie semble effectivement trouver un équilibre, mais en 1962, il finit ses études et retourne à Zanzibar. En 1964, une instabilité politique sur l’île oblige la famille à déménager en Angleterre. Le choc est rude pour l’adolescent de 17 ans qui se retrouve subitement propulsé dans une banlieue du Middlesex, à Feltham, grise et triste, après avoir grandi au milieu de l’exotisme et d’un certain luxe. Mais cela n’a pas que des aspects négatifs. Il décide de rentrer dans une école d’art afin d’obtenir le dernier grade, lui ouvrant les portes de l’Université.

Ses aptitudes naturelles étaient si fortes, que ce fut assez facile. En 1966, il rentre au Ealing College Of Art... Ses anciens camarades de classe n’ont pas un souvenir marquant de lui. Encore marqué par le changement brutal qui s’est opéré dans sa vie, Freddie est la plupart du temps silencieux et réservé. Quand on lui demande ce qu’il fait comme activité, il répond qu’il est musicien pour passer le temps. Chose que les autres ont du mal à croire, vu son manque évident de charisme et de folie, à une époque où ça part en vrille. En 1967, il se prend la plus grande claque de sa vie : la découverte de Jimi Hendrix est un choc sans nom pour notre jeune étudiant, qui entame alors une véritable campagne de vénération. Il s’habille comme lui, veut apprendre à jouer de la guitare, il le dessine, encore et encore. Pour autant, il n’a toujours pas l’étoffe d’une rock star. Un ancien « camarade » s’en rappelle en ces termes : « Il était plutôt faible de caractère et rigolait toujours bêtement comme une gamine. On ne pensait pas qu’il était très doué. Quand il se mettait debout et qu’il imitait Jimi Hendrix, on lui disait toujours : « Assieds-toi Freddie, tu ne seras jamais une vedette » ». Sympathique et peu clairvoyant...

Afin d’être plus proche de son école, Freddie s’est installé dans un appartement à Kensington, lieu très branché de Londres à l’époque. Il en repeint les murs de motifs psyché (toujours pour faire comme son idole) et passe beaucoup de temps au Kensington Market, l’endroit où il faut être vu. À cette époque, il se lie d’amitié avec un garçon de son école, un dénommé Tim Staffell. Ce dernier lui enseigne les rudiments de la guitare (environ trois ou quatre accords) et le ramène souvent aux concerts de son groupe, Smile. Freddie va se prendre de passion pour eux et les suivre un peu partout, avant d’avoir lui-même envie de faire son propre truc dans son coin...



[1Sources :

LIVRES

  • Queen, Benjamin Cuq, guides musicbook, 2004
  • Queen la reine du spectacle, Arturo Blay, collection images du rock, La Mascara, 1996
  • Queen l’opéra rock, Stan Cuesta, Albin Michel/Rock & Folk, 1996
  • Queen, Mick St.Michael, Hors Collection, 1995
  • Le Mythe de Freddie Mercury, Simon Boyce, éd. Gremèse, 1997

VIDEOS

  • Freddie Mercury, The Untold Story
  • Music Planet vol 1 et 2, diffusés sur Arte en 1997
  • Champions Of The World, Rudi Dolezal et Hannes Rossacher, DoRo Production for Queen Films, 1995
  • Greatest Flix 1 et 2
  • Magic Years vol. 1, Rudi Dolezal et Hannes Rossacher, DoRo Production, 1987

Vos commentaires

  • Le 21 janvier 2012 à 17:26, par Margaret En réponse à : Sa Majesté : Queen

    J’aime Queen depuis de nombreuses années.J’ai peine pour ce pauvre Freddie, il était jeune pour partir... Bryan, Roger et John chacun dans leur discipline sont sublimes !!!!Ils formaient un groupe hors du commun. J’ai lu beaucoup de livres sur l’un et l’autre, ils restent de grands musiciens. Certes ils ont beaucoup travaillé mais le résultat est là. Je déplore le décès de notre Freddie.

    Queen ts les 4 sont des GRANDS !!!!!!!

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