Portraits
Sa Majesté : Queen

Sa Majesté : Queen

par Psychedd, Our Kid, Milner le 23 mai 2006

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Avec les années 1980, arrivent quelques nouveautés. Tout d’abord, un single, Save Me, sort le 25 janvier, mais pas partout en Europe. Ensuite, le groupe commence à travailler sur le futur album à Munich avec un nouveau producteur, appelé Reinhardt Mack et qui va collaborer sur les disques suivants. En mai, c’est un autre single, Play The Game qui est sorti. Le clip amène la surprise pour les fans : Freddie s’est laissé poussé la moustache. Les premières réactions ne se font pas attendre : le chanteur reçoit bon nombre de cadeaux, dont du vernis à ongle et des lames de rasoir. De toute manière, il va falloir qu’ils s’y habituent, car Freddie est très heureux de son évolution pileuse...


Le 30 juin, l’album The Game sort et pour la première fois, le groupe a utilisé des synthétiseurs pour l’enregistrement : « Nous voulions expérimenter tout ce nouvel équipement de studio. Nous avons toujours aimé essayer ce qui était nouveau ou différent pendant que nous enregistrions. Les synthétiseurs étaient devenus si bons, ils étaient vraiment avancés comparés aux premiers Moogs, qui ne faisaient pas mieux que quelques séries de bruits bizarres. Ceux que nous avons utilisés pouvaient imiter toutes sortes de sons et d’instruments - vous pouviez obtenir un orchestre entier avec eux, rien qu’en appuyant sur un seul bouton. Génial ! » (John)

Le disque contient une autre grosse surprise, le premier gros hit de John Deacon, Another One Bites The Dust qui sort le 12 août aux États-Unis et y atteint la première place (en Angleterre, le single sort le 22 et n’arrive qu’à la septième place). Son succès américain s’explique par le rythme funk et dansant, une grande première chez Queen. John se rappelle comment cela s’est passé : « Quand j’étais lycéen, j’écoutais de la musique soul ; ce genre de musique m’a toujours intéressé. J’avais envie de faire quelque chose comme Another One Bites The Dust depuis longtemps, mais je n’avais que la mélodie et la composition pour la basse. J’ai rempli petit à petit et le groupe apportait ses idées. Je pensais que ce serait une musique de danse, je n’ai jamais imaginé un tel succès. Certaines émissions de radio de musique noire des États-Unis ont commencé à la passer, et cela ne nous était jamais arrivé avant. ». Comme d’habitude, une fois le disque sorti, le groupe repart en tournée. Comme d’habitude, ils démarrent par les États-Unis, enchaînent sur l’Europe puis vont au Japon. Mais cette fois-ci, ils rajoutent à leur programme l’Amérique du Sud. Une grande nouveauté et un défi énorme que Jim Beach résume ainsi : « Quand j’ai suggéré que nous allions jouer dans cinq stades en Argentine, le monde de la musique nous a crus fous. ».

Mais le coup est incroyable, les concerts sont absolument spectaculaires : à São Paulo, ils jouent pour 251.000 personnes et tout se passe bien (grâce au service de sécurité ? « C’est inquiétant quand le chef de la sécurité à São Paulo se présente en disant qu’il a tué 206 personnes... » (Jim Beach) )...
Routine toujours, à la fin de la tournée, retour en studios pour une autre nouvelle expérience : le réalisateur Dino de Laurentis leur demande de composer la bande-son de son film Flash Gordon, qui sera produite par Brian et Mack. Pas exactement un chef-d’œuvre (le film lui-même est tout sauf exceptionnel), c’est tout de même un bon exercice pour le groupe qui s’amuse beaucoup, comme le raconte Brian : « Nous l’avons faite en quatre semaines. Nous avons écrit un peu avant, mais surtout après sur l’image. ». À l’ancienne, ajoute-t-il, les yeux rivés sur l’écran comme une baguette de chef d’orchestre... Le disque sortira le 8 décembre et n’aura pas un succès grandiose.
Toujours sans relâche, Queen attaque la nouvelle année en remportant un prix du meilleur single pop/rock aux huitièmes American Music Awards pour Another One Bites The Dust. Le 12 février, ils s’envolent pour le Japon.

Fin mars 1981, sort le premier single solo de Roger Taylor, Future Management, qui se classera à la 49ème place des classements, suivi le 6 avril par l’album Fun In Space qui atteindra la 18ème position : « Il y avait certaines choses que je voulais réaliser qui ne rentraient pas dans le format Queen. Ça m’a fait du bien. Si j’ai d’autres idées de chansons, je referai peut-être quelque chose en solo, mais Queen sera toujours ma priorité ».
Entre juillet et septembre, une pause dans la tournée permet au groupe de se retrouver au Mountain Studio de Montreux, en Suisse (il est la propriété du groupe depuis 1975) pour travailler sur son dixième album. Au cours de ces sessions, ils reçoivent la visite d’un voisin et ami du groupe, un certain David Bowie, invité à visiter le studio : « Ils étaient à Montreux, je suis allé les voir en studio, et nous avons naturellement commencé à jammer, ce qui a donné un squelette de chanson. Je pensais que c’était plutôt bon, alors nous l’avons terminée. Ça a été fait très vite, en 24 heures. C’est plutôt une maquette, je pense que ça aurait pu être bien meilleur. Nous avons enregistré si vite qu’aujourd’hui encore certaines paroles me tapent un peu sur les nerfs, mais j’aime l’idée générale ». Le morceau n’est autre que le fameux Under Pressure, cosigné et coproduit par Queen et Bowie, qui sort le 26 octobre en 45 tours, et se classe... numéro un, une performance qui ne s’était pas produite en Angleterre depuis Bohemian Rhapsody ! Pas mal pour une maquette. Roger est plus enthousiaste : « C’est un des meilleurs morceaux que Queen ait produit, ça s’est passé dans une si bonne ambiance... Tant que nous pourrons faire ce genre de chose et nous surprendre nous-mêmes, nous continuerons ». Cette même chanson fit une incursion plus discrète dans les charts américains lorsque le rapper Vanilla Ice « emprunta » la ligne de basse de Under Pressure pour son Ice Ice Baby en 1990. Sans vergogne, le garçon est même allé jusqu’à se déclarer auteur et compositeur de la chanson. Pris la main dans le sac, il a déclaré que la ressemblance entre sa chanson et celle de Queen n’était due qu’à une simple... coïncidence. N’est pas George Harrison qui veut !

Le 2 novembre sort le premier Greatest Hits du groupe, ainsi qu’un recueil de leur vidéos, Greatest Flix et un livre de photos, Greatest Pix, compilé par le photographe officiel de la Maison Blanche à l’époque de Kennedy, Jacques Lowe. Le tout coïncide avec les dix ans d’existence du groupe. Le succès est une fois de plus colossal : Queen se retrouve en tête des trois classements : 45 tours, albums et vidéos. Le Greatest Hits sera treize fois disque de platine, restant plus de 500 semaines dans les charts ! En Autriche, au Canada, en Allemagne, en Israël et aux Pays-Bas, le disque comporte Under Pressure en bonus. Sur la version sud-américaine, Love Of My Life remplace Seven Seas Of Rhye, par exemple. Ultime clin d’œil à la royauté, c’est le beau-frère de la reine Elisabeth II, Lord Snowdon, qui a réalisé la photographie de la pochette du disque.

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un portrait classique du groupe durant les années 1980

Entre-temps, le groupe est retourné sur le continent sud-américain en septembre pour d’autres concerts, au Vénézuela et au Mexique, puis au Canada pour deux shows, filmés en 70 mm par Saul Swimmer, pour ce qui deviendra le film We Will Rock You.
Le 8 décembre, le Royal Philarmonic Orchestra de Londres, sous la direction de Louis Clark, et la Royal Choral Society donnent un concert au Royal Albert Hall au bénéfice de la recherche sur la leucémie. Le programme est intégralement constitué d’arrangements classiques de morceaux de Queen. Il sera diffusé à la radio le 28 décembre, et un disque sera édité quelques temps plus tard. C’est une reconnaissance incroyable qui dépasse le cadre du rock. Le résultat est assez étonnant à l’écoute, délicieusement kitsch, mais totalement cohérent avec le style de Queen. Conclusion provisoire de Freddie Mercury, concernant ces dix premières années : « Aussi longtemps que nous ressentirons cette sensation de réussite et que nous atteindrons de nouveaux objectifs - comme la tournée sud-américaine - nous serons heureux et nous continuerons ».



[1Sources :

LIVRES

  • Queen, Benjamin Cuq, guides musicbook, 2004
  • Queen la reine du spectacle, Arturo Blay, collection images du rock, La Mascara, 1996
  • Queen l’opéra rock, Stan Cuesta, Albin Michel/Rock & Folk, 1996
  • Queen, Mick St.Michael, Hors Collection, 1995
  • Le Mythe de Freddie Mercury, Simon Boyce, éd. Gremèse, 1997

VIDEOS

  • Freddie Mercury, The Untold Story
  • Music Planet vol 1 et 2, diffusés sur Arte en 1997
  • Champions Of The World, Rudi Dolezal et Hannes Rossacher, DoRo Production for Queen Films, 1995
  • Greatest Flix 1 et 2
  • Magic Years vol. 1, Rudi Dolezal et Hannes Rossacher, DoRo Production, 1987

Vos commentaires

  • Le 21 janvier 2012 à 17:26, par Margaret En réponse à : Sa Majesté : Queen

    J’aime Queen depuis de nombreuses années.J’ai peine pour ce pauvre Freddie, il était jeune pour partir... Bryan, Roger et John chacun dans leur discipline sont sublimes !!!!Ils formaient un groupe hors du commun. J’ai lu beaucoup de livres sur l’un et l’autre, ils restent de grands musiciens. Certes ils ont beaucoup travaillé mais le résultat est là. Je déplore le décès de notre Freddie.

    Queen ts les 4 sont des GRANDS !!!!!!!

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