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TIA

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Bazarsonik

par Giom le 24 juin 2008

4

Paru en mars 2008 (Autoproduit)

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D’abord le titre. TIA veut dire There Is Alternative, placement politique sans ambiguïté qui fait du Bazarsonik un opposant de cœur et d’esprit au slogan 80s de Maragaret Thatcher « There is no alternantive »… au libéralisme bien sûr. On ne sera alors pas surpris de trouver sur la pochette du disque une citation d’un des nombreux ouvrages de Noam Chomsky, éminent linguiste américain et chantre de la pensée altermondialiste. Les Yes Men, José Bové ou le documentariste Pierre Carles, tous remerciés par le groupe sur la pochette, apprécieront.

Car Bazarsonik est vraisemblablement à placer du côté du Clash tant éthiquement que musicalement, en témoigne cette guitare introductive de Rien du Tout, percutante et lancinante à souhait, véritable fil conducteur du disque, qui rappelle les bases du duo Strummer/Jones de la grande époque, celle où le rock savait se réinventer par l’ouverture à d’autres cultures sans pour autant renier la sienne.

Logiquement alors, la musique du Bazarsonik n’est en rien simplement rock mais plutôt un joyeux melting pot, plutôt heureux, d’univers musicaux habituellement bien distincts. Le phrasé du chanteur peut lorgner vers une diction hip-hop tandis qu’une entêtante basse mixée très en avant vient placer le groupe dans la sphère dub (Apologie Du Mouvement ou La Canaille) à laquelle il sait faire honneur. Les membres du Bazarsonik semblent avoir bien ingurgité tout un patrimoine musical de ces trente dernières années qu’il savent assembler avec maîtrise. Une fraîcheur en jaillit qui ne lassera que les plus blasés d’entre nous.

Les textes en français, souvent engagés, et souvent lucides, laissent entendre un discours cohérent sur l’ensemble des 38 minutes du disque, entre petites chroniques sociales, regard bienveillant sur le quotidien dérisoire (Dans L’Air), anti-militarisme et exaltation à l’activisme collectif. On notera la présence d’un extrait de discours du président américain en exercice – période armes de destruction massive en Irak, souvenez-vous - qui vient se noyer dans les cordes du Bazarsonik, le groupe reprenant pour cette introduction de Talking Bollocks, la bien nommée, une technique expérimentée par DJ Shadow, lui aussi, un temps, inspiré par les élucubrations du dernier représentant de la famille Bush. Talking Bollocks offre ensuite des nappes de synthé, base d’une progression stimulante de la structure du morceau que va venir transcender un solo de guitare avant le retour auditif du pirate de Washington. Cette touche musicale du groupe flirtant parfois avec l’electro est à nouveau repérable sur le final du disque, Real And Utopik, titre instrumental qui nous prouve qu’un morceau n’a pas besoin d’un texte bien ciselé pour évoquer un ailleurs idéal, qu’on voudrait à porté de mains. Au moins, avons-nous ce disque pour nous le faire effleurer. À nous d’aller le chercher ensuite, n’en déplaise à cette chère Maggie.



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Tracklisting :
 
1. Rien Du Tout (4« 10 »)
2. Les Autres (3’23")
3. Dans L’Air (4’’08")
4. Apologie Du Mouvement (3’10")
5. Talking Bollocks (4’23")
6. Oscar (2’55")
7. La Ballade Du Pardon (3’08")
8. La Canaille (4’22")
9. Partir Au Combat (3’55")
10. Real And Utopik (4’08")
11. Outro (1’01")
 
Durée Totale : 38’40"