Concerts
The Friends Of The Bride

Londres (Old Blue Last)

The Friends Of The Bride

Le 23 mai 2007

par Fino le 5 juin 2007

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Pour tous ceux qui trouvent qu’Interpol incarne la classe, et pour tous les autres, The Friends Of The Bride, trio estampillé South West London, ont, comme tant d’autres soirs, offert une démonstration de très haut vol. Resplendissant à l’occasion de la soirée dédiée au lancement de leur premier single deux mois plus tôt, leur swing impeccable inspiré de crooners hélas aujourd’hui désuets et de tant d’autres est revenu sous forme de réplique parfaitement coiffée lors de leur second concert à l’Old Blue Last. Quelques grammes de charme à l’ancienne dans ce qui s’impose plus que jamais comme le pays de la pop.

Le duo Naked & The Boys, gueule d’ange, guitare acoustique et contre-basse en avant, eurent à peine le temps d’offrir la preuve incontestable de l’extraordinaire propension de la Grande-Bretagne à produire à l’infini clones sans un faux pli des Kooks, et d’emporter une foule dans une prestation étrangement intense. Des Anglais buvant de la bière au litre dans un pub enfumé affichant température et taux d’humidité affolant les standards parisiens : on ne se lassera décidément jamais de Londres et de son Shoreditch, où la hype ne fait pas forcément un bon groupe, mais beaucoup du reste tout de même.

Accompagnés comme à l’accoutumée de leur fidèle batteur extirpé d’un cabaret américain des années 1950, The Friends Of The Bride prennent donc place et ouvrent une soirée consacrée au lancement du premier single de Sigma, groupe barbu et chevelu du coin qui remplira parfaitement le contrat. Mais comment ne pas avoir d’yeux que pour leurs prédécesseurs, pure class légèrement gauche, incontestablement irrésistible ? On ne cessera de le répéter, si vous ne devez donner une vraie chance qu’à UN nouveau groupe cette année, il ne peut s’agir que du gang de Bobby, Osamu et Kerin. En cette ère déifiant tout ce qui touche de près ou de loin le rétro de ces quarantes dernières années, on peut hélas craindre que nos amis n’aient trop remonté la pendule pour attirer les foules in écoutant en boucle - et sans aucun doute à juste raison - toute la tripotée de groupes accouchée par Dig !.

Un sens du jeu de scène inné (on envoie les morceaux les plus connus en éclaireurs, on balances les trois nouvelles chansons en masse à la fin), un son impeccable (un chanteur haussant le ton et pourtant écrasé par une basse sur-amplifiée) : le groupe formé en octobre dernier avait les meilleures cartes en main. Malgré un apparent manque de motivation de Bobby - voix splendide que l’on pensait disparue au cours du processus de sélection naturelle après son absence des ondes pendant des décennies - émet un magnétisme fascinant. Aux cinq morceaux dévoilés il y a deux mois le groupe en a ajouté trois, apparemment non prévu au programme ce soir là, mais des plus réjouissants quant à l’idée d’un album.

Les pistes font mouche les unes après les autres, la Stratocaster se rève l’espace d’un instant entre les mains de Jimi Hendrix, Bobby lance ses dernières forces dans un scat du meilleur effet, et la salle sue mais s’en fout. « Merci de puer avec nous » lance le batteur, avant d’enclencher les deux ultimes vitesses de cette voiture de collection. Le tout quitte alors la scène, le temps pour le chanteur de prendre un verre et de s’en aller twister maladroitement à deux mètres de la dernière formation de la soirée. Must : il n’y absolument rien d’exceptionnel à tout cela.



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