Concerts
Live 8

Londres (Hyde Park)

Live 8

Le 2 juillet 2005

par Psychedd le 14 juillet 2005

20 ans après la première édition, Bob Geldof nous refait le coup du concert caritatif géant. Et en matière de gigantisme, il a fait fort en cette année 2005. Le nombre record d’un million et demi de spectateurs à travers le monde a été atteint (sans compter les gens restés devant leurs écrans d’ordinateur ou de télévision), tous réunis contre la pauvreté en Afrique. Mais aussi tous réunis pour vibrer au son du vrai langage universel qu’est la musique...

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J’avoue, avec un peu de honte, m’être bougée jusqu’à Londres pour des raisons de fanattitude aïgue... Mon vrai but ? Voir Pink Floyd reformé avec Roger Waters, le bassiste qui avait claqué la porte il y a 24 ans

Arrivée aux alentours de Hyde Park, je dois me rendre à l’évidence : je ne suis pas la seule à venir voir et écouter la machine de guerre floydienne. J’en regretterai presque de ne pas avoir mis un joli T-Shirt moi aussi. Les gens se regardent, se jaugent, veulent voir qui est avec eux. Moi, je me retrouve à côté d’un groupe de travestis fiers de l’être. J’ai raté mon atterrissage sur ce coup...

Première mauvaise surprise, pour accéder aux écrans géants, il faut un ticket. Nous pensons un instant à rester dehors avant de se rendre compte que le service de sécurité entoure tout le périmètre du parc et qu’il est impossible de capter le moindre « bzzzz » d’un ampli... Sans oublier que l’idée de payer un billet à 250 livres nous effraye quelque peu.
Une occasion en or s’offre pourtant très vite, 30 livres chacun (soit 50 euros pour plus de 10 heures de musique). Nous sommes fans, nous sommes des guedins, nous payons et nous finissons par pénétrer dans Hyde Park aux alentours de 14 heures (heure anglaise).
La foule est compacte et quand on vit ce genre d’événement pour la première fois, on se sent presque agoraphobe.
Il nous faut bien 5 minutes avant d’entendre les premières notes de musique et nous déboulons au deuxième morceau de U2.
Je boude, je viens de louper leur duo d’ouverture avec Sir Paul McCartney, mon autre héros. Je me renfrogne d’autant plus quand j’apprend qu’ils ont joué Sgt. Pepper Lonely Hearts Club Band.

Je passe un peu U2 sous silence, trop occupée à me frayer un passage dans le public massé devant l’écran. L’image est bonne bien qu’un peu pixellisée à l’endroit où nous sommes, mais c’est accessoire. Après tout, je suis là pour Pink Floyd qui va passer en fin de soirée, ça ne ma dérange pas vraiment de ne pas voir tant que j’entend...
L’ambiance est excellente, les spectateurs sont très réactifs et très vite, j’ai la sensation d’être dans la fosse, juste devant la scène.
Sauf que nous avons droit en bonus à un speaker de la BBC qui meuble entre chaque groupe et nous offre des images des autres concerts ainsi que des interviews des artistes qu’ils arrivent à déloger des coulisses.

Quand Coldplay monte sur scène, il n’y a pas de doute possible, ils sont de vrais stars chez eux. Je pense subitement à la France et à cette majorité de gens qui n’écoutent que du R’n’B FM et de la variété sans intérêt. Je réalise que l’Angleterre sera toujours mon Eldorado musical. Ici, on chie sur la mauvaise musique, 200.000 personnes qui aiment la pop et le rock de bonne qualité, ça fait du bien dedans son cœur... Je m’ancre dans le sol, je ne veux plus quitter cette île qui me fait rêver depuis tant d’années.
Et pourtant, je ne suis pas une grande fan de Coldplay (et encore moins de Gwyneth Paltrow qui se fait ovationner quand elle apparaît à l’image !), mais quand Richard Ashcroft les rejoint pour faire The Bitter Sweet Symphony, je m’incline, ils sont vraiment très doués et savent faire bouger leur audience.

Puisqu’on est dans les grosses pointures, c’est Sir Elton John qui enchaîne... Pourquoi faut-il qu’il joue des chansons qui sonnent très (trop) années 80. Je commence à sentir la fatigue poindre.
J’ouvre un œil curieux quand Pete Doherty (Babyshambles, ex-Libertines) monte sur scène pour un duo sur Children of Revolution de T-Rex. Je connais la réputation du bonhomme. Il a l’air effectivement bien fatigué à en juger les cernes violettes sous ses yeux, certainement dues à ses différents excès. Je suis déçue, moi qui croyais voir le punk ultime, je me retrouve à écouter une version mo-molle qui n’aurait peut-être pas plu à feu Marc Bolan... Peut-être un effet secondaire de mon méga coup de barre.

Le speaker réapparaît et annonce qu’il a avec lui Nick Mason, le batteur de Pink Floyd. Je saute sur mes deux pieds et je jubile en écoutant le tonnerre d’applaudissements qui se lève à cette annonce. Ca ne dure pas assez longtemps à mon goût, mais de ce que j’ai retenu, Nick est un sacré plaisantin. quand on lui demande s’il y a eu des larmes pour ces retrouvailles inespérées, il répond ultra-sérieux : « Nous sommes anglais voyons, nous ne pleurons jamais...! ». Je souris bêtement pendant 10 minutes...

... Et je me rendors au moment où Dido (attention, à prononcer Daïdo !) déboule pour faire tous ses plus grands tubes rabâchés à la radio.
Je prend en revanche beaucoup de plaisir lors de son duo avec Youssou N’Dour sur Seven Seconds (chanté à l’origine par Neneh Cherry), dont le refrain est repris par tout le public... Frissons dans le dos...
J’apprendrai plus tard qu’ils se sont tous les deux tapé un marathon européen qui s’est achevé à Versailles, avec un Youssou dégoûté et en rage d’être le seul africain invité à chanter pour un concert étant supposé concerner l’Afrique... Les voies du Rock’n’Roll sont impénétrables comme dirait l’autre !
Je m’endors définitivement pour le set des Stereophonics, qui ne m’ont jamais intéressé et qui ne m’intéresseront jamais je crois...



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