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The Piper At The Gates Of Dawn (40th Anniversary)

The Piper At The Gates Of Dawn (40th Anniversary)

Pink Floyd

par Fino le 10 février 2009

4

Paru en octobre 2007 (EMI)

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Quarante ans après le séisme hallucinogène du premier album du quatuor de Cambridge, The Piper At The Gates Of Dawn se voit repeint à partir d’une palette dominée par la classe sobre. Le premier signe de ce choix apparaît sur le coffret lui-même, dans lequel la pochette originale de l’album - cet astre duquel partent les rayons qui en ont influencés tant - est encadrée de pourpre. Les lettres d’or annoncent que, comme la majeure partie des artistes de leur génération, Pink Floyd est passé du côté « classique » du rock. En d’autres termes, sortent un disque et une réédition qui se veulent quelque chose qu’il est de bon ton de présenter dans sa discothèque.

Comme sur l’enregistrement original, place est ici souvent faite à des morceaux de format conventionnel. On retrouve ainsi le disque fondateur, sa version stéréo, et, le cadeau du chef, une troisième soucoupe qui présente enfin les succès singles de l’époque. Arnold Layne et See Emily Play, tout comme la gifle L.P. de 1967, n’ont pas pris une ride d’un point de vue sonique. Syd Barrett, une poignée de décennies après sa mort artistique et accessoirement un an après sa disparition, plane plus que jamais sur des pistes qu’il envoûta d’un songwriting mystique.

Pour le fan de base, et a fortiori si celui-ci a poussé le vice jusqu’aux limites légales de la toile, ce coffret n’offre à première vue rien de particulièrement novateur. La version stéréo se passe de commentaire : le son prend à l’évidence une dimension qui lui était essentielle.

Cependant, deux taches de couleurs vives retiennent. Cette double colonne fournit, littéralement à elle seule, la sève d’un objet qu’une démesure de maturité semble ternir. Le livret, s’il perd en psychédélisme sixties, gagne au passage une superbe photo du légendaire guitariste, mais également la réduction d’un cahier rédigé de la main de celui-ci, et daté de 1965. Seize pages de collages et illustrations que Barrett introduit par un « Fart Enjoy » que nous ne prendrons pas la peine de traduire ici.

On lance ce fameux CD 3 et l’on plonge l’espace de quelques instants dans la nostalgie d’une époque que l’on n’a pas connue, lorsqu’arrivent les deux versions d’Interstellar Overdrive repérées au dos du coffret. L’écoute laisse peu de place au doute : le second pilier qui soutient ce temple tient dans les dix minutes cumulées de la French Edit et de la sixième prise du chef d’œuvre instrumental.

Tout réside bien évidemment dans cet interminable pont, instant de toutes les folies scéniques du groupe. De façon relativement surprenante, au cours de ces quelques instants le fidèle se trouve transporté dans un vaisseau à destination bien différente de ses confortables habitudes. Guitare électronique aux sonorités binaires d’un côté, brume incisive de l’autre, ou comment transformer une chanson du tout-au-tout.

Enfin, les singles (Arnold Layne, See Emily Play, Apples And Oranges) et leurs B-Sides (Candy And A Current Bun et Paintbox) parus à l’époque mais non retenus sur l’album frappent là où on les attendait, mais toujours avec le même lyrisme. Parce que, malgré son aspect objet de musée, les frasques artistiques de Barrett et ces « inédits » sont en eux-mêmes une expérience incontournable dans quelque parcours musical que ce soit. On s’inclinera devant EMI qui -en ayant simplement exploité du matériau dans ses coffres– a fait paraître dans ce coffret des pièces que l’on retrouve avec un plaisir non feint.



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Tracklisting :
 
CD1 (mono) et CD2 (stéréo)
 
1- Astronomy Domine (4’10")
2- Lucifer Sam (3’05")
3- Matilda Mother (3’07")
4- Flaming (2’44")
5- Pow R. Toc H. (4’24")
6- Take Up Thy Stethoscope And Walk (3’05")
7- Interstellar Overdrive (9’41")
8- The Gnome (2’12")
9- Chapter 24 (3’40")
10- Scarecrowe (2’09")
11- Bike (3’22")
 
Durée totale : 41’59"
 
CD3
 
1. Arnold Layne (2’55)
2. Candy And A Current Bun (2’45)
3. See Emily Play (2’54)
4. Apples And Oranges (3’05)
5. Paintbox (3’45)
6. Interstellar Overdrive (French Edit) (5’15)
7. Apples And Oranges (Stereo Version) (3’11)
8. Matilda Mother (Alternative Version) (3’09)
9. Interstellar Overdrive (Take 6) (5’03)
 
Durée totale : 32’08