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Up From The Ashes

Up From The Ashes

The Cinders

par Fino le 23 mai 2006

4,5

paru en avril 2006 (ELP Records)

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Décrépitude. Décadence. Dégénérescence. Les Rolling Stones, après être passés par la médiocrité, voire le ridicule, en sont aujourd’hui à s’auto-parodier. Sur scène comme en studio. En lieu et place de A Bigger Bang, le son d’antan des « pierres qui roulent » se réincarne de façon beaucoup plus nette dans Up From The Ashes, premier album de The Cinders, quatuor français gavé de rock anglais dans ce qu’il a produit de plus flamboyant.

Si aujourd’hui la plupart des groupes se gargarisent d’apporter une fraîcheur nouvelle, reproduisant en réalité avec plus ou moins de brio les tonalités (punk, new wave...) de leurs aînés, The Cinders mettent le cap sur la sobriété. Ils ont béni les premières années des Rolling Stones, qu’à cela ne tienne ! Ils reprennent l’ouvrage exactement là où leurs héros se sont arrêtés, là où ils ont divergés vers ce qu’ils pensaient alors être des sons plus « tendances ». Les riffs de Keith « arrêtez de secouer ce cocotier » Richards sont sus sur le bout des doigts, et les arrangements sont souvent calqués sur ceux des illustres Britanniques. Il est ainsi frappant de se trouver face à l’irruption d’un piano jazzy sur The Pleasure Is Mine, remake réussi de Brown Sugar.

Il est toutefois regrettable que cet îlot de grosses guitares soit survolé par une voix manquant parfois de caractère, de profondeur. Un timbre se situant entre les Plimsouls (pour le meilleur aspect) et Greenday. On peut être éminemment déçu à l’écoute de refrains qui prennent parfois des allures pop en franc décalage avec les formidables attaques de six cordes (Courage, et la plupart des autres titres), qui provoquent de furieuses agitations de la caboche.

Certes, il serait réducteur de se contenter de faire de cet album un pastiche, aussi jouissif puisse-t-il être, d’Exile On Mean Street ou de Sticky Fingers. Les influences et les sonorités sont plus variées (on pense notamment aux Ramones). Néanmoins, cela peut donner un aperçu du contentement que cette poignée de titres peut entraîner chez ceux refusant de crier au chef-d’œuvre quand les anciens mauvais garçons sortent un disque dont ils auraient sans aucun doute brûlé les copies il y a quarante ans.



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Tracklisting :
 
1. Jet Set Gypsy (3’10")
2. Courage (2’12")
3. The PLeasure Is Mine (4’33")
4. Looking For My Right (3’49")
5. My Favourite Audience (2’58")
6. ELiza (3’19")
7. Deutscher Girls (2’29")
8. Girl Crazy (2’31")
9. If Only A Shadow (3’36")
10. Everybody Loves You (3’37")
11. Your Own Scene (2’32")
12. Rock’N’Roll Tramp (4’55")
13. Snow (4’24")
 
Durée totale : 44’10"