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Playlist Rap années 80, 90, 2000

Playlist Rap années 80, 90, 2000

par Emmanuel Chirache le 2 novembre 2010

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Cet article fait suite à :

The Facts Of Life - Tim Greene (The Facts of Life single, 1985)

Arf, difficile de trouver quoi que ce soit sur ce Tim Greene qui sample le Flic de Beverly Hills de façon assez géniale il faut le dire. Dans la plus pure lignée electro rap d’Afrika Bambataa, notre MC réalise un petit bijou oldschool qui donne envie de faire le poirier sur le carrelage et de tourbillonner dans sa cuisine... contrairement à pas mal d’autres morceaux de la même époque, The Facts Of Life n’a pas trop mal vieilli et son côté kitsch n’est pas pour déplaire. Surtout, on y trouve de véritables qualités mélodiques. Big up aussi à Lady Crush, qui vient faire sa guest sur le morceau avec une classe éclaboussante.

Leader Of The Pack - UTFO (UTFO, 1985)

Vous la sentez, l’ambiance Prince de Bel-Air ? Ce côté « Carlton et Will vont arriver dans l’écran » ? Ces relents de « tante Vivi », « d’onc’ Phil », « de Jazz », de « Jeffrey » ? bah oui, c’était ça le rap, avant. La même boîte à rythme sur toutes les chansons, des scratchs, et puis, heu... c’est tout. Bon, c’est musicalement assez pauvre, mais ça dégage un certain charme qu’on ne saurait bouder. Merci donc aux UTFO pour ce Leader of The Pack (rien à voir avec celui, plus épique, des Shangri-La’s). C’est aussi l’occasion de constater à quel point être à la mode un jour, c’est vite être ringard toujours.

Toss It Up - Zhigge (Zhigge, 1992)

Attention, tuerie. Méconnu, ce disque mérite de s’inscrire au panthéon du rap US, tant il regorge de tubes dansants et ultra funky. Les samples sont mélodiques et intelligents, le flow jouissif, les rythmes rapides et MONSTRUEUX. Avec Zhigge, ça part dans tous les sens, la guitare, les cuivres s’enchaînent, les voix se suivent et ne se ressemblent pas, le tout dans une fluidité démentielle. Bref, il faut posséder à tout prix ce disque immense, qui condense le meilleur du hip hop east coast. Produit par Salaam Remi, le truc n’a pas pris une ride. Ouch !

Thoughts of a Negro - Hard Knocks (School of Hard Knocks, 1992)

Très bon morceau pour un groupe qui n’est jamais sorti de l’obscurité faute à un management désastreux du label Wild Pitch. Partout, les cuivres resplendissent et font du disque un objet passionnant quand tous les ingrédients sont en place, voix, samples, rythme. Hélas, hormis trois ou quatre perles, beaucoup de déchets monotones plombent un album qui aurait pu être excellent. Reste donc ces titres énormes tels que Thoughts of a Negro, aux cuivres sexy et à la guitare ondulant du bassin.

Case Dismissed - Pretty Tone Capone (single, 1992)

Du rap de gangsters, au sens propre du terme. Membre du collectif MobStyle, Pretty Tone Capone réalise ici un petit essai solo sur le label Def American de Rick Rubin, le temps d’un délire autour d’Al Capone qui sample la musique géniale de Morricone dans les Incorruptibles de Brian De Palma. Voici donc la réponse new yorkaise aux NWA, sauf que Pretty Tone Capone fanfaronne moins et foutait vraiment la trouille à tout l’industrie du disque...

Check Yo Self - Ice Cube (The Predator, 1992)

A partir d’un sample de The Message de Grandmaster Flash, Ice Cube sort l’un de ses meilleurs singles en redonnant une nouvelle vie à l’un des meilleurs gimmicks du hip hop oldschool. Tout le monde a déjà entendu cette mélodie au synthé toute conne et pourtant mémorable. Sans être fan de Cube, on peut ici reconnaître qu’il a fait du bon boulot. Il est carré, Cube.

Keep It Real - Mellow T (Keep It Real EP, 1993)

Pfff, encore un truc difficile à dénicher dans le commerce, encore une bombe du début des années 90. Qui est Mellow T ? des dizaines d’experts et de spécialistes le cherchent toujours. C’est d’autant plus compliqué que le type a un homonyme dans la profession, je vous laisse imaginer le bordel. En tout cas, ce Keep It Real passera à la postérité tant il fait bouger même aujourd’hui les fesses de ceux qui en possèdent. Irrésistible, funky, groovy, snoopy.

I Wish - Skee-Lo (I Wish, 1994)

On n’arrête pas les rappeurs de la Côte Est, toujours prompts à botter le cul de ceux d’en face par leur flow et leur vibes souvent bien supérieurs. Là aussi, ça groove, ça envoie, ça déroule tranquille un rap intelligent et marrant qui va cartonner à l’époque sans pour autant perdre sa sève quinze plus tard. Tout semble couler quand Skee nous partage sa frustration « I wish I was little bit taller, I wish I was a baller, I wish I had a girl who looked good, I would call her, I wish I had a rabbit in a hat with a bat ». A l’époque, le hip hop savait sans doute s’amuser un peu plus et moins rouler des mécaniques.

Stress - Organized Konfusion (Stress : The Extinction Agenda, 1994)

Originaires du Queens à New York (tiens, tiens, encore la Côte Est), Organized Konfusion fait partie des groupes de hip hop les plus respectés. En même temps, en quelques secondes de ce Stress, on comprend mieux pourquoi. Les MCs ont la patate et leur flow se situe quelque part entre le Wu Tang Clan et De La Soul. Le rythme est hypnotique, basse et boîte à rythmes envoûtantes, et les cuivres font basculer l’auditeur dans la folie absolue. Surtout, un flow poétique, qui d’emblée vous déclare : « Pain, stress, My brain can’t even rest, It’s hard to maintain the pressure on my chest ».

Q&A - J-Zone (Pimps Don’t Pay Taxes, 2001)

Plus qu’un bon rappeur, J-Zone est un producteur en or, qui tricote des morceaux surréalistes, relativement uniques dans l’univers du hip hop. Malheureusement, ceux qui posent leur voix dessus ne sont pas toujours du même niveau... on conseillera quand même la compilation In The Zone pour avoir un aperçu du talent du bonhomme. Par ailleurs, il a réalisé quelques albums honnêtes sur lesquels on trouve des morceaux honnêtes comme ce Q&A dans lequel J-Zone répond à une interview sur sa vie privée, pendant qu’un instrumental cartoonesque de grande classe défile en fond sonore !

The Only One - Danger Mouse & Jemini (Ghetto Pop Life, 2003)

Inutile de présenter Danger Mouse, qui a réalisé pas mal de coups d’éclat, dont le Grey Album dont nous vous avions parlé, mix du Black Album de Jay-Z et du White Album des Beatles. Membre de Gnarls Barkley, collaborateur de Gorillaz, de Sparklehorse, des Black Keys ou Beck, sa science du mix fait des ravages un peu partout. Ici, il s’acoquine avec Jemini, rappeur de Brooklyn, pour un résultat admirable de bout en bout, qui n’est pas sans rappeler notre ami Del The Funky Sapien ou l’excellent Dan The Automator.

Trees - Dr. Octagon (The Return Of Dr. Octagon, 2006)

Bon, on vous a déjà parlé de ce retour du Dr. Octagon récemment, mais ce n’est pas une raison pour ne pas recommencer. Il le mérite, le bougre, parce que son disque est une petite merveille de hip hop passé à la moulinette electro. Les gimmicks sonores de ce Trees sont tout simplement hallucinants, ils bourgeonnent de sons comme des arbres au printemps, lorgnant davantage vers Nine Inch Nails que Jay-Z. Allez, vous reprendrez bien un peu de Dr. Octagon avant de partir ?


E-40 - Got Rich Twice [NEW]
envoyé par MisterRrr. - Regardez la dernière sélection musicale.

Got Rich Twice - E-40 (The Ball Street Journal, 2008)

Non seulement E-40 a une voix marrante et reconnaissable, mais en plus ses instrus sont toujours étranges et curieuses, liquides, animales, comiques. Le résultat ne fonctionne pas toujours, cependant quand il est au rendez-vous il y a de quoi se réjouir. Il suffit d’écouter Got Rich Twice pour voir de quoi ce sympathique californien un peu fort est capable. On aime bien.

East London Is Back - Maxsta (Maxtape, mai 2010)

Il serait particulièrement de mauvais goût de ne pas évoquer ici le grime, ce courant éminemment anglais qui a produit quelques excellents morceaux et artistes underground dans les années 2000. Le genre est resté confidentiel car très/trop anglais, on l’a dit, souvent mal compris par les Américains, et connoté « jeunes adolescents des faubourgs ». La relève n’est pas bien vieille en effet, puisque Maxsta n’a peut-être même pas l’âge de boire de l’alcool outre Manche. En tout cas, il assure et prouve que le grime peut renouveler le hip hop de façon vraiment intéressante et novatrice.

2012 - DJ Bless & Sabotawj (Dreaming Up Nightmares While The World Sleeps, 2010)

Sorti en mars dernier, voici un extrait passionnant d’une collaboration entre DJ Bless et Sabotawj. Sur une instru inquiétante digne d’un requiem moderne, 2012 lave le cerveau mieux qu’un téléfilm de France 2, jusqu’à rendre l’auditeur totalement soumis aux voix des deux hommes. Loin de lasser, l’aspect répétitif du morceau contribue au contraire à sa réussite, qui fait que l’on voudrait que la boucle ne s’arrête jamais et continue infiniment.



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