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Shotters Nation

Shotters Nation

Babyshambles

par Fino le 11 décembre 2007

3,5

Paru en octobre 2007 (Delabel)

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Les revoilà donc. On emploiera le pluriel par politesse, mais on ne trompera personne : l’actualité et l’état de forme des Babyshambles ne se résument souvent qu’aux frasques de l’incontournable Pete Doherty. On passera donc sur les lieux communs pour se concentrer sur un album qui fait office de retour, après un premier album bâclé mais qui tenait le coup, et un E.P. à oublier au plus vite. Shotter’s Nation annonce la même couleur un tantinet caricaturale que celle à laquelle l’icône nous avait habitués dans ses précédents solitaires, mais donne quelques garanties quant au songwriting du leader des tabloïds.

Le son de guitare qui a bâti la folie furieuse dont s’étaient paré les Libertines - et la kyrielle de groupes qui se sont engouffrés dans la brèche cool -, tranchant et grinçant façon lame de rasoir rouillée, est de retour. Le tout se vêt donc d’un look faussement négligé à la Rimbaud, qui prend parfois le dessus sur le souci d’originalité. Néanmoins les traces de « Down In Albion » ont été retrouvées, et le tout est, dans l’ensemble, bien enlevé.

Delivery, sur la piste de la paire de tubes rêches des Kinks (You Really Got Me et All Day And All Of The Night), prouve une fois de plus que la formation peut attraper une mélodie qui remue les foules en un clin d’œil. C’est ce qui interpelle : l’album en revanche, s’il maintient un niveau tout à fait plaisant, retourne quelque peu trop la terre déjà foulée par le premier opus, là où l’on aurait aimé que la démonstration d’une capacité à innover soit apportée, ou à défaut un minimum de soin apporté à la qualité des morceaux.

Les Babyshambles souffrent en effet indéniablement du précédent Libertines, et, faute de renouveau, force est de constater que le son (qui à la limite en lui-même, par son côté oxydé, donne un cachet au tout), mais aussi et surtout le chant n’ont pas fait l’objet de l’attention que Doherty leur appliquait dans le temps. La voix ne sert plus qu’à plaquer les paroles, la mélodie étant restée au stade brut, et aurait indéniablement gagné à être plus travaillée (ah… What Katie Did…).

L’auditeur se trouve donc auréolé d’un remake de « Down In Albion », à savoir un paquet de morceaux à potentiel jetés à la va-vite. La température du live, cherchée bien souvent, émerge par endroits (Side Of The Road), mais le disque s’avère trop timoré pour réellement convaincre sur ce plan-ci. Le cul entre deux chaises, les compères n’ont pas pris le temps d’en choisir une et ont pressé le tout comme il sortait. Le talent et l’aisance indéniables de leur chanteur soudent le tout et donne l’album d’un groupe garage dans la tradition sixties.

Remarquons à cet effet qu’aux Amboy Dukes, Human Beinz et autres Barry And The Remains il n’était guère demandé la moindre originalité pour apprécier leurs œuvres. Le même tarif s’applique ici : sur une formule éculée, les Babyshambles ont laissé tomber un œuf de plus. Celui-ci, dans sa catégorie, est d’un calibre agréable. On aimerait dire le contraire, mais malgré le récent raté, on attendait légèrement plus de ce deuxième album. Néanmoins, voyons le verre que Doherty est en train de vider à moitié plein, et apprécions l’objet pour ces quelques moments réussis, le reste, sans énormément de saveur, étant néanmoins des plus convenables.



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Tracklisting :
 
1. Carry On Up The Morning (2’58)
2. Delivery (2’42)
3. You Talk (3’30)
4. UnBiloTitled (3’52)
5. Side Of The Road (2’09)
6. Crumb Begging Baghead (3’44)
7. Unstookie Tilted (4’30)
8. French Dog Blues (3’32)
9. There She Goes (3’36)
10. Baddie’s Boogie (3’55)
11. Deft Left Hand (4’34)
12. Lost Art Murder (4’38)
 
Durée totale : 42’16