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Ramones

Ramones

Ramones

par Fino le 13 juin 2006

paru le 23 avril 1976 (Sire / Warner)

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The Ramones, ou la réplique new-yorkaise du séisme punk britannique. À ceci près que, n’en déplaise aux inconditionnels du rock anglais, c’est bien la « fratrie » Ramone qui a influencé Clash, Sex Pistols, et autres. Précurseurs de paroles débiles sur fond de trois-accords absolument démoniaques, Joey (chant, mort), Johnny (guitare, mort), Dee Dee (basse, mort) et Tommy (batterie, survivant) firent péter les amplis américains en l’année bénite 1976 avec un album éponyme exceptionnel. Le disque adolescent par excellence.

L’explosion du single Blitzkrieg Bop avait annoncé l’arrivée du bulldozer dès 1975. C’est donc ce pur chef-d’œuvre qui ouvre la marche. Un concentré des quatorze bombes qui composent l’album. Batterie lourde, texte d’une rare poésie (« Hey, Ho, Let’s Go ! »), et cette fameuse guitare... Dire qu’un enfant de 12 ans pourrait faire la même chose serait absolument mensonger tant l’énergie évacuée sur ces six malheureuses cordes relève d’une folie furieuse qui ne se manifeste qu’à partir de l’adolescence.

Les Ramones avait la classe absolue : 501 serrés et blousons noirs, coupe de cheveu ridicule, sur-articulation des syllabes des fins de vers formant des rimes délicieuses. On pourrait citer entre autres les fabuleux Beat On The Brat (« Beat on the brat with a baseball bat ») et Havana Affair :

PT-boat on the way to Havana
I used to make a living, man
Pickin’ the banana.

C’est ainsi qu’il y a très longtemps, dans une contrée lointaine existait un moment béni des dieux. Les Ramones étaient encore tous là (Tommy et Dee Dee se feraient remplacer plus tard) et réalisaient le disque parfait (ce qui ne durerait malheureusement pas). Un disque sur lequel on entendait les « Oh Oh, Wohohoooooooo » les plus merveilleux du monde (Chain Saw, LA chanson que tout un chacun doit avoir écoutée au moins une fois dans son existence s’il veut avoir une chance de comprendre le sens de la vie).

Enfin, comment ne pas faire mention aux quatre vers de Now I Wanna Sniff Some Glue, titre qui ferait passer Rimbaud et Baudelaire pour des saintes-ni-touche ?

Now I wanna sniff some glue
Now I wanna have somethin’ to do
All the kids wanna sniff some glue
All the kids want somethin’ to do

Qu’ajouter ? Que les pseudos groupes qui n’ont de cesse de faire les couvertures de NME ne font rien de nouveau ? Qu’on ne les encense que parce qu’il n’y a plus rien d’un tel niveau ? Que les réactionnaires sont des vieux cons mais qu’il ne se fait, à deux ou trois exceptions près, rien de comparable depuis trente ans ? Oui, un peu tout ça.



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Tracklisting :
 
1. Blitzkrieg Bop (2’14")
2. Beat On The Brat (2’32")
3. Judy Is A Punk (1’32")
4. I Wanna Be Your Boyfriend (2’24")
5. Chain Saw (1’56")
6. Now I Wanna Sniff Some Glue (1’36")
7. I Don’t Wanna Go Down To The (2’40")
8. Loudmouth (2’15")
9. Havana Affair (1’57")
10. Listen To My Heart (1’58")
11. 53rd & 3rd (2’21")
12. Let’s Dance (1’52")
13. I Don’t Wanna Walk Around With You (1’43")
14. Today Your Love, Tomorrow The World (2’17")
 
Durée totale : 44’46