Portraits
Van Der Graaf Generator, le rock autrement

Van Der Graaf Generator, le rock autrement

par Vyvy le 4 novembre 2008

Cette story a été publiée pour la première fois sur ce site en septembre 2006.

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De 1967 à 1978, Van Der Graaf Generator a parcouru l’Europe et le monde. Groupe polyforme, toujours entre deux ruptures mais incroyablement prolifique, il ne connaitra, Italie et France exceptées, qu’un succès d’estime auprès de leurs pairs de la scène progressive et de quelques journalistes. Leur musique, difficile d’accès mais ô combien intéressante, a marqué tout ce mouvement progressif qui se répand ces années-là.

 1968 : et Van Der Graaf fut !

Van Der Graaf Generator est issu d’une scène particulièrement prolifique, celle de Manchester. C’est à cette université que se rencontrèrent les membres fondateurs du premier Generator, Peter Hammill, Nick Pearne et Chris Judge Smith.

Peter Hammill, étudiant en sciences inscrit en première année, traîne souvent du côté du département théâtre de l’université, ainsi qu’avec des cercles de gauche. Celui que certains qualifieront de « Jimi Hendrix des cordes vocales » ! n’en est qu’à ses premiers essais. Nick Pearne, également étudiant en sciences, est organiste. Chris Judge Smith (Judge pour les intimes) est lui étudiant en théâtre et auteur de petits films. Après un été de l’amour mouvementé, au cours duquel il traînera notamment avec Country Joe And The Fish, Judge se rend à une audition organisée à l’université en novembre 1967. C’est là qu’il va rencontrer Hammill, rencontre fructueuse dont découlera une longue amitié, et un groupe, Van Der Graaf Generator.

Le nom du groupe est issu d’une liste de propositions de Judge Smith (parmis lesquels on retrouvait par exemple Shrieking Plasma Exudation...). Il désigne un générateur électrostatique inventé par Robert Van Der Graaf.

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un générateur de Van der Graaf

À ses débuts, Van Der Graaf Generator comptait bien une bassiste, Maggie, mais les mœurs peu usuelles de Judge l’auraient fait fuire au cours d’une séance d’essayage de leurs costumes de scène. À l’époque, Judge avait en effet décidé de faire les concerts vêtu de noir, avec un casque de loup en latex et des capsules de faux sang prêtes à exploser, afin de jaillir au cours d’un morceau, Wolfmann’s Song, qui ne fut jamais enregistré. 1968 est une toute autre époque ... Ainsi, lorsque enfin eut lieu leur premier concert, les membres de VDGG n’avaient plus de bassiste.

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Judge Smith, Nick Pearne et Peter Hammill

Premier concert qui se révéla d’ailleurs calamiteux : les membres furent sortis de la scène à coup de cannettes de bières par des étudiants en médecine en furie... Nick Pearne, échaudé par les choix vestimentaires de Judge, fut définitivement rebuté par l’échec flagrant de leur concert. VDGG ne se résumait plus qu’à Hammill et Smith.

Mais ces deux-là étaient plus motivés que jamais. Ils continuèrent à se produire en duo, remportant un succès croissant dans Manchester. Ils firent ainsi la première partie de Tyrannosaurus Rex (futur T.Rex). L’inventivité musicale du groupe était déjà fortement marquée. Ainsi, Judge avait commencé à utiliser sur scène une machine à écrire comme percussion. Pour cette raison ou une autre, le groupe avait à cette époque l’étiquette peu recommandable d’un « constantly tripping band ». Pour démontrer leur sérieux, il se cherchèrent un manager.

Leur premier manager, Caleb Bradley, était, comme eux, étudiant à l’université de Manchester. Caleb leur avait promis, entre autre, qu’ils pourraient enregistrer... Et quel enregistrement ! Ce qu’ils firent, chez les parents de celui-ci (en leur absence) et dans des conditions pour les moins originales. En mono, avec en lieu et place de l’ampli promis deux télévisions... Télévisions dont le bourdonnement s’averra si bruyant qu’Hammill fut forcé de jouer dehors. Et pour parfaire la légende, il est bon de noter qu’un orage éclata ! Ainsi, le premier enregistrement de Van Der Graaf Generator est de facture artisanale, enregistré dans des conditions très limites, avec un grondement de tonnerre à l’arrière.



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