Concerts
Air

Paris (La Cigale)

Air

Le 29 mars 2007

par Aurélien Noyer le 10 avril 2007

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Air à Paris... Autant dire un des évènements musicaux de l’année. Avec un nouvel album un peu mou et décevant, on était en droit de craindre que le duo ne s’enferme dans les ambiances lounge de Pocket Symphony. Mais les lumières ne sont même pas éteintes que les boucles electro de Radian s’immiscent dans les oreilles du public. L’obscurité se fait alors qu’arrivent les musiciens accompagnant le duo. Habillés tout en noir, ils se placent à la batterie, et derrière les claviers en fond de scène. Et puis, enfin, Nicolas Godin et Jean-Benoit Dunckel, tout de blanc vêtus. Le premier s’entoure de ses claviers électronique alors que le second empogne sa guitare acoustique pour les arpèges de Radian.

Ils enchaînent ensuite avec Venus puis attaque les chansons du dernier album avec Once Upon A Time et Napalm Love. Et le concert de décoller, le public se laissant emporter dans les ambiances tissées par les musiciens qui n’hésitent pas à déterrer des morceaux de Moon Safari, tel ce Talisman tout en basse groovy et claviers cool. Première apothéose du concert qui en comptera d’autres : un People In The City épique avec son apogée électronique qui déchaîne tous les bruits de la vie urbaine dans la petite salle de la Cigale.

Le concert se poursuit et le groupe continue à piocher les morceaux dans tout son répertoire. Moon Safari, 10.000 Hz Legend, Talkie Walkie et Pocket Symphony, malgré leurs différences, chacun de ces albums constitue bel et bien l’œuvre cohérente d’un groupe qui dépasse clairement la sphère de l’electro. Même Highschool Lover tiré de la BO de Virgin Suicides résiste à l’épreuve du live...

Une petite frayeur lorsqu’à la fin de Kelly, Watch The Stars !, les lumières se rallument et les musiciens quittent la scène. Mais rapidement un roadie ramène un troisième micro, quelques instants pour le régler et voilà que le duo revient, accompagné d’une Charlotte Gainsbourg, souriante mais stressée. Le public apprécie visiblement la présence de l’actrice et sait qu’il a l’occasion unique d’entendre des versions live des chansons que Air a composé pour la fille de Jane Birkin. Et le silence règne lorsqu’elle chantonne Beauty Mark et The Operation. Enchaînement rapide avec le premier tube du groupe, Sexy Boy. Toujours aussi groovy, toujours aussi efficace, la chanson n’a vraiment rien perdu de ses qualités et clôt en beauté cette deuxième partie.

Car Air a beaucoup d’amis et s’absente donc quelques instants pour revenir avec le chanteur de Divine Comedy, un Neil Hannon visiblement ravi d’être là, arborant fièrement son T-Shirt « I Love Air ». Le temps de chanter Somewhere Between Waking And Sleeping et on se dit qu’il ne manque qu’une chose au groupe français : un chanteur digne de ce nom. Les voix de Nicolas Godin et JB Dunckel sont pas mal, mais dès que Neil chante, on voit la différence avec un vrai chanteur qui parvient en quelques mesures à apporter son univers et sa personnalité, une petite valeur ajoutée qui élève encore le niveau de la chanson.

Et comme il fallait bien un final, c’est La Femme d’Argent qui s’y colle. Instrumental lounge de Moon Safari, ce morceau trouve en live tout son sens : 9 minutes de l’electro rétro-futuriste agrémentée d’envolées à la limite du bruitisme. Un final qui achève de convaincre le public que Air est un groupe à part, ni totalement electro ni totalement pop, qu’il est capable de sortir des albums très soignés, très produits et garde la capacité d’interpréter ses morceaux en live sans qu’ils perdent leur force. Tout en modestie, l’Air de rien...



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