Concerts
Electrelane

Paris (Trabendo)

Electrelane

Le 24 novembre 2007

par Sylvain Golvet le 4 décembre 2007

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Forcément en ce frisquet soir de novembre, on se dirige vers le Trabendo avec une nouvelle en tête : Electrelane se sépare à la fin de leur dernière tournée. On était loin de se douter qu’en prenant nos places quelques semaines plus tôt, on assisterait donc au dernier passage en France des quatre anglaises. Du coup, même s’il n’est pas exclu que ce soit un break tout à fait provisoire (dixit leur annonce d’un « hiatus à durée indéterminée »), on ne pourra pas s’empêcher d’être à la fois déçu, du genre « bouh on les reverra plus… » mais aussi excité, « chouette une soirée exceptionnelle ».

Assister à la mort en direct d’un groupe, c’est quelque chose qui n’arrive pas tous les jours, et c’est sûrement ce que ce sont dits la plupart des gens présents ; et bien présents puisque la salle était complète depuis quelques jours, même assez pour que la jeune femme jouant en première partie ne se sente pas si seule.

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Anni Rossi et son violon
©Duffman

Anni Rossi, jeune violoniste de Chicago, est déjà là à taper du pied et à pincer ses cordes quand nous entrons dans le Trabendo. Son folk est tour à tour rugueux, délicat et un peu ennuyeux à vrai dire, son minimalisme et son austérité laissent un peu de marbre. On a beau penser à Shannon Wright ou à Chan Marshall, il lui manque quelques mélodies évidentes pour pouvoir habiter ces quelques références. Malgré tout, coïncidence ou non, quand Anni prend une guitare les chansons deviennent agréables à l’oreille. Ce qui nous empêchera pas de détourner le regard vers Emma et Verity d’Electrelane dédicaçant quelques albums derrière le comptoir…

…Tout comme Mélanie, alias Tender Forever, cinq minutes avant de monter sur scène. Comme à son habitude, elle assure tout toute seule : lancement de l’instru, des vidéos, chant, danse et même rhume ce soir. Elle est d’ailleurs moins rigolote qu’à la Cigale, vantant quand même le pouvoir de cette drogue qui lui permet de tenir parmi nous. Ses petites chansons electro-pop peinent toujours à captiver, quand bien même elles se voudraient plus tendres et intelligentes que ses interludes comiques. Pourtant on se dit toujours qu’heureusement qu’elle nous gratifie des ses diapos débiles avec Beyoncé (qui aura son morceau dédié) ou de ses photos de vacances pour nous faire passer un moment sympathique. En tout cas elle semble avoir tissé des liens avec les stars de la soirée en nous assurant que la fin de soirée sera plutôt triste, surtout en coulisses…

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Verity Susman
©Duffman

…Et on en doute pas une minute, même si tout le monde semble plutôt joyeux dans la salle. Electrelane entre sur scène sous les vivas d’un public acquis pour une dernière fois à leur cause. Un public qui devance même le show avec leur banderole « Electrelane ! Come back », comme s’il ne pouvait pas profiter au moins de cette dernière heure et demi de plaisir. Sans surprise, le groupe commence par un mélange de ses quatre albums, parvenant à rendre cohérent sur scène des ambiances disparates, des envolés de piano de Bells, aux joyeusetés pop de This Deed ou de To The East. Dans la fosse, le public bouge bien et leur fait honneur. In Berlin (ville d’enregistrement du dernier album), sobre ballade mélancolique, permet à la chanteuse de calmer le jeu et de faire appel à sa bassiste et guitariste pour de belles harmonies vocales. Là tout le monde se tait et laisse passer un frisson. Bigre, elle savent aussi très bien jouer le jeu de la « chanson » classique. Mais c’est pour mieux attaquer derrière avec une ruade de farfisa de la part de Verity Susman via Blue Stragger. Anni Rossi revient alors les accompagner de son violon pour The Greater Times.

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Trois Electrelane et une Rossi
©Duffman

On pourrait soupçonner qu’une partie d’une succès d’Electrelane vient du joli minois de Mia Clarke, guitariste timide qui ne paye pas de mine. Ce soupçon est chaque fois confirmé par la succession de déclaration d’amour lui étant adressée (ce qui doit prodigieusement énerver les autres, et sûrement elle-même d’ailleurs). Mais quand Mia prend sa guitare et qu’elle se frotte aux sons noisy de Long Dark, Eight Steps ou du toujours furieux U.O.R, tout en accélérations soudaines et en faux départs, elle semble même en vouloir à ses cordes, qu’elle triture frénétiquement pour en sortir ce tourbillon d’aigus. Pourtant il ne faudrait pas oublier le reste du groupe. Car quand elles abordent leur irrésistible formule, elle semblent imbattables : rythme de batterie précis qui accélère, boucle de basse et gimmick de clavier ou de guitare, le tout montant et se superposant, et qui au bout de trois ou quatre minutes prennent une puissance et un pouvoir hypnotique insoupçonné.

Les rockeuses préféreront donner dans le plus joyeux en guise de rappel. On Parade et Two For Joy donnent la banane, ne laissent pas le temps de se rendre compte qu’on approche de la fin. Deuxième sortie acclamé et deuxième rappel dans la foulée, qu’on soupçonne être le dernier. Electrelane n’est pas là pour faire pleurer ou pour s’apitoyer sur son sort et par Oh Sombra, fait chanter et sauter le public en cœur, pour finir tout en énergie avec leur reprise frénétique d’I’m On Fire de Springsteen.

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« Don’t go Electrelane ! »
©Duffman

Peu bavardes mais apparemment contentes d’être là, les anglaises auront peu communiqué. Verity s’excusera de ne pas « être les mêmes » ce soir. Après ces deux joyeux rappels, Emma, Ros, Verity et Mia reviendront poliment et timidement saluer la foule, un dernier au-revoir pas si triste. Un petit adieu qui nous laisse espérer....



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Setlist :
 
01. Bells
02. This Deed
03. After The Call
04. U.O.R
05. To The East
06. In Berlin
07. Blue Straggler
08. The Greater Time
09. Birds
10. Beetween The Wolf And The Dog
11. Eight Steps
12. Five
13. If Not Now When ?
14. Long Dark
 
15. On Parade
16. Two For Joy
 
17. Oh Sombra
18. I’m On Fire