Concerts
Motörhead

Toulouse (Le Zénith)

Motörhead

23 octobre 2011

par Gilles Roland le 24 octobre 2011

Contrairement à de nombreux groupes « légendaires », Motörhead n’oublie pas de visiter la Province à l’occasion de leurs tournées. Cela fait partie des choses sur lesquelles le headbanger peut compter. Où qu’il soit, l’épicentre du séisme ne sera jamais très loin !

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C’est donc au Zénith, que les fans du bombardier britannique s’étaient donnés rencart en cette venteuse nuit d’octobre. Des fans qui savaient à quoi s’attendre et qui n’ont pas été déçus. La déflagration attendue fut une nouvelle fois mémorable et le rock and roll de suinter abondement tout le long de cette belle soirée saturée de décibels percutants.

Un grand cru donc, précédé d’une première partie un poil éprouvante, assurée par les revenants de No One is Innoncent. Le combo de Kémar Gulbenkian, qu’il convient peut-être de considérer comme le Iggy Pop du chauve, avait la fougue, mais la conquête d’un public inadapté fut rude. Seul quelques forcenés bougent au premier rang et l’ambiance reste polie. La performance est de courte durée, la parenthèse refermée avec conviction dans une indifférence discrète.

Une sirène se fait entendre, les murs du Zénith tremblent déjà. Des projecteurs balayent la scène et la foule, et les premiers accords de Bomber résonnent dans la nuit. Motörhead annonce la couleur en lâchant une première salve tonitruante sur des fans aux anges. Dans le public, on aperçoit des vieux de la vieille, des jeunes punkettes, des bikers affichant leurs couleurs et des ados hallucinés. Le groupe de Lemmy continue de fédérer, pas de doute. Le noir et le blanc du Warpig dominent dans le kaléidoscope du mosh et les t-shirts accusent le coup sous les assauts impétueux des flots de sueur que la chaleur étouffante provoque au plus profond de la fosse.

Les morceaux s’enchainent. Les classiques sont là, tout comme les petits nouveaux du dernier brûlot, le positivement bruyant The Wörld is Yours (au passage l’un des meilleurs albums du groupe), avec mention pour Born to Lose et Get back in Line. Lemmy et ses lieutenants balayent les doutes à grand renfort d’une set-list gourmande et délectable car proposant des titres rares comme The Chase is better than the Catch ou encore Orgasmatron, sans oublier le grandiose Killed By Death et Rock Out, chef-d’œuvre binaire gorgé de rock and roll.

Comme à l’accoutumé, Lemmy s’éclipsera à deux reprises pour laisser briller ses flamboyants musiciens. Phil Campbell, vieux complice de Lem, nous offre un solo de fin limier, tandis que Mikkey Dee tranche dans le lard au beau milieu de Born to Lose, en déchirant la nuit d’une longue séquence non seulement hallucinante et pour le moins jubilatoire de martelage de fûts. Le suédois, qu’on jurerait tout droit sorti du Vikings de Richard Fleischer est impressionnant. Sa frappe est précise, nette, puissante et spectaculaire. Tout le long du gig, Dee et Campbell assistent la légende Lemmy avec une ferveur et une précision remarquable, conférant à ce power trio une puissance de feu monumentale.

Lemmy, du haut de ses 65 ans (bientôt 66), tient bon la barre. Ils sont peu dans ce cas. Iggy et Macca plus une poignée d’autres. Lemmy fait partie des grands. Le voir en concert explique le respect que la quasi-totalité de la scène rock/hard/punk/metal lui porte. Kilmister ne cherche pas la technique mais l’efficacité. Motörhead est un groupe de rock and roll, un vrai. Il y a certes des erreurs, certains plans ne sont peut-être pas très originaux et le jeu de scène toujours minimaliste, mais ce ne sont que des broutilles qui n’ont aucune espèce d’importance. Elles contribuent d’ailleurs à donner au spectacle ce cachet destroy si délectable.

A Toulouse comme ailleurs, Motörhead n’a pas fait de prisonnier. Le show fut similaire à une décharge d’adrénaline assenée directement dans le muscle. Ils le disent eux-mêmes : « Don’t forget us. We are Motörhead, and we play rock ’n fuckin’ roll ». En effet, pas moyen de contredire le patron. Surtout pas après le rappel et son Ace of Spades, classique parmi les classiques, suivi par Overkill. Et je peux vous affirmer que sur scène, rares sont les baffes comparables à Overkill. On en prend plein les dents et la double pompe de Mikkey Dee de résonner longtemps après le concert.



Vos commentaires

  • Le 25 octobre 2011 à 14:27, par Alf En réponse à : Motörhead

    Salut les filles !
    Je me permets de vous proposer un lien sur mon propre compte rendu
    http://9moisoff.blogspot.com/

    et n’oubliez pas d’aller voir les vidéos !

  • Le 3 novembre 2011 à 22:41, par Michel En réponse à : Motörhead

    Report sympa et plaisant à lire. Vivement le 21 au Zénith !
  • Le 27 novembre 2011 à 08:50, par Cyko Niko En réponse à : Motörhead

    Il faut aller voir Motorhead pour leur pêche, pour tous les tubes hard qu’ils ont composé, et surtout pour Lemmy ; 65 piges ! Sur scène, il est littéralement encré dans le sol. Son chapeau de cavalerie américaine est vissé sur sa tête ; qui retient l’autre ? Surtout, il porte sa basse comme si il tenait le marteau de Thor. un bon lien : http://www.cyko.host22.com/index.ph...

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Set-list :
 
1. Bomber
2. Damage Case
3. I Know I To Die
4. Stay Clean
5. Metropolis
6. Get Back In Line
7. Over The Top
8. One Night Stand
9. Solo de guitare de Phil Campbell
10. The Chase Is Better Than The Catch
11. Born To Lose + Solo de batterie de Mikkey Dee
12. Orgasmatron
13. Going To Brazil
14. Killed By Death
15. Iron Fist
 
Rappel :
 
16. Ace Of Spades
17. Overkill