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Placebo

Placebo

Placebo

par Our Kid le 8 novembre 2005

1,5

paru le 6 juin 1996 (Hut / Virgin)

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Qu’on se rassure, le groupe dispose d’un effectif idéal pour la power pop, comme le fait à l’époque Supergrass, par exemple. En clair, guitare, basse et batterie sont bien présentes mais le côté power de power pop, lui, est absent. Tout comme les mélodies, le nerf de la pop, ce qui est regrettable, tout le monde en conviendra. Les morceaux n’ont rien de commun entre-eux, si ce n’est la voix de Brian Molko qui sonne, à l’époque, comme une tentative d’imiter Brett Anderson de Suede, figure de proue des années britpop. Le pauvre Molko se coltine tout le boulot : il est au chant (pour le soulager, ses compères ne participent pas aux chœurs inexistants) et doit fournir quelque chose à la guitare. Et là, il choisit de privilégier le chant (le regrette-t-il aujourd’hui ? pas sûr...) au grand dam de l’auditeur contraint de supporter ce qui ressemble à de vulgaires démos dont le producteur, distrait, aurait oublié d’y ajouter sa patte.

Des morceaux pauvres, incohérents car tantôt longs (tout comme l’album qui dure une heure pour dix titres ( !)) et tantôt courts (tout est relatif), répétés à souhait pour remplir le dit album. La partie rythmique des démos (euh ! des morceaux) est à chercher entre Sonic Youth et Blur, pourtant de nobles influences mais laissent les morceaux bancaux puisque coincés entre volonté de sonner noisy et réalité de ne pas sonner mieux que pop. Sur ceux-ci, le batteur joue fort et, comble de malchance, étouffe la basse dans un fracas digne des grandes heures de Kajagoogoo. Même en tentant le coup de la chanson acoustique avec I Know, Placebo se cherche toujours un son et ne peut s’empêcher de redevenir électrique et donc peu entraînant, une constante sur ce disque. Les attaques punk sont vite relayées par une voix semblant peu naturelle et qui exagère la diction des mots, histoire d’avoir quelque chose à offrir à l’auditeur - sur ce point, Placebo dispose d’une chanson cachée - mais restent en règle générale rares.

Retenez-bien le nom du producteur, un certain Brad Wood, celui qui s’endort au travail ou bien alors qui voit du génie là où il n’y en a guère. Pour ne pas arranger les choses, la pochette de l’album est hideuse mais révélatrice du contenu du disque quoique approximative : le gamin aurait du se boucher les oreilles plutot que de se brider les yeux !

Placebo représente une exception dans l’histoire du rock, car jamais aucun groupe n’avait eu le privilège de voir ses « démos » dans le commerce avant la sortie de son « premier » album, Without You I’m Nothing. Malheureusement pour le groupe, son album éponyme a été éclipsé par les productions de l’époque, soit toute la mouvance britpop et ne put se résoudre qu’à le voir dorénavant dans les bacs à soldes, une tragédie qui malheureusement n’est pas unique en son genre.



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Tracklisting :
 
1- Come Home (5’09")
2- Teenage Angst (2’42")
3- Bionic (5’00")
4- 36 Degrees (3’05")
5- Hang On To Your IQ (5’13")
6- Nancy Boy (3’30")
7- I Know (4’43")
8- Bruise Pristine (3’35")
9- Lady Of The Flowers (4’47")
10- Swallow (22’23")
 
Durée totale : 60’14"