Concerts
Stuck In The Sound, Nelson & Rodeo Massacre

Ris-Orangis (Le Plan)

Stuck In The Sound, Nelson & Rodeo Massacre

Le 31 mars 2007

par Aurélien Noyer le 3 avril 2007

Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article Envoyer l'article par mail

Samedi 31 mars. Le Plan de Ris-Orangis organise une soirée Escalator célébrant la « nouvelle scène parisienne ». Et donc en toute logique, point de Shades, Naast ou autres Plasticines... Car la nouvelle scène en question ne doit aucunement son succès à un quelconque magazine d’initiales R. et F. Les groupes présents ce soir-là n’ont rien en commun avec les « baby-rockers » du Gibus : une moyenne d’âge un peu plus élevée, une philosophie nettement différente et une expérience de la scène clairement supérieure. Sur les trois groupes à l’affiche, seuls Nelson et Stuck In The Sound ont déjà sorti un album mais tous trois ont largement de quoi contenter le public du Plan.

C’est à Rodeo Massacre d’ouvrir les hostilités. Le groupe fait son entrée sur une musique d’Ennio Morricone et attaque d’emblée très fort. Rock énergique, influences western avec guitares twang de rigueur, le moins qu’on puisse dire, c’est que le groupe n’a pas mis longtemps à convaincre le public présent. Bien sûr, il serait mesquin de dire qu’une sculpturale chanteuse suédoise se trémoussant à l’avant-scène est un atout majeur pour séduire une audience en majorité masculine. Mais il serait encore plus mesquin d’omettre de préciser que la-dite chanteuse possède également une voix splendide, capable de passer du grave glacial façon Nico aux aigües éraillés à la Janis Joplin. Et lorsque le groupe quitte la scène au son d’Ennio Morricone, on se demande comment un tel groupe n’a toujours pas sorti de disque. Car si le côté enflammé et rock’n’roll de leurs prestations ne fait aucun doute (tout le groupe est en uniforme : T-Shirt noir, bretelles et pantalon de cuir), la qualité de leurs chansons et l’originalité de leur son ne peuvent laisser indifférent l’auditeur.

JPEG - 17.5 ko
Nelson
© mehdi.

Et c’est une ambiance beaucoup plus étrange qui s’installe lorsqu’arrive Nelson. Sombres, froides mais également énergiques, leurs chansons rappellent évidemment Joy Division, comparaison confortée par l’allure très « Ian Curtis » du bassiste qui chante la première chanson sans son instrument. Mais limiter le rôle de ce groupe à une sorte de Joy Division français serait par trop réducteur. Car on retrouve du Jesus And Mary Chain et du My Bloody Valentine dans leurs moments les plus bruitistes, moments un peu absents de l’album. Car Nelson font partie de ces groupes qui ont le bon goût de considérer le live et le studio comme deux choses totalement différentes et s’offrent en prime la capacité d’assumer leurs ambitions : si les chansons de l’album sonnent comme des morceaux travaillés autant au niveau de l’écriture que de la production, leurs versions live semblent toujours spontanées et le groupe prouve rapidement par son jeu de scène que la scène du Plan est déjà trop petite pour eux. Durant tout leur set, le côté hypnotique de leur musique fascine les quelques centaines de personnes présents tout comme elle aurait pu en fasciner quelques milliers.

Alors que Nelson finit son set au son de l’étrange Paid It All, Stuck In The Sound ne tarde pas à installer son matériel. Retardés à Amsterdam, arrivés en retard, les musiciens semblent accuser une certaine fatigue. Mais heureusement, la moindre inquiétude est vite dissipé : porté par un public particulièrement enthousiaste, le groupe est tout simplement excellent. Une drôle d’alchimie se dégage de la scène tant les musiciens semblent différents. Entre un batteur toujours prêt à marteler ses fûts, un bassiste fan de métal (avec le tirage de langue façon Kiss qui le prouve), un chanteur qui n’hésite pas à se mettre en scène pour tenir le public sous sa coupe et un guitariste beaucoup plus discret en terme de jeu de scène (mais pas moins excellent en terme de jeu tout court), il est étonnant et agréable de voir à quel point chacun joue à la fois pour soi, pour le reste du groupe et pour le public. Chose très appréciable, le groupe joue sans set-list, ce qui ne l’empêche pas d’enchaîner les morceaux à toute vitesse suivant les humeurs de la foule, s’arrêtant tout de même de temps en temps pour communiquer avec les jeunes gens présents. Et je dis « jeunes gens » car c’était très rassurant d’être entouré de jeunes lycéens venus là pour s’amuser. Pas de Naastillons poseurs se recoiffant toutes les cinq minutes, juste des fans de rock. Et durant tout le set de SITS, c’est eux qui ont enchaîné pogos et slam. Et le groupe de continuer à aligner leurs tubes énergiques. Toyboy fera bien sûr excellente impression mais chaque chanson montre que les indéniables qualités de Stuck In The Sound. Malheureusement, le RER ayant ses raisons que le rock’n’roll ignore, le concert s’arrêtera un peu brutalement après le premier rappel pour que chacun puisse rentrer chez soi, avec le sentiment d’avoir vu le véritable futur du rock français...

JPEG - 83.8 ko
Stuck In The Sound
© mehdi.


Répondre à cet article

modération a priori

Attention, votre message n'apparaîtra qu'après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom