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The Jim Jones Revue

The Jim Jones Revue

The Jim Jones Revue

par Antoine Verley le 12 mai 2009

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Paru en avril 2009 (Punk Rock Blues/Differ-ant)

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Bon, c’est triste à dire, mais fallait bien que ça arrive ; on a à peu près fait le tour des possibilités qu’offrait le rock à guitares. Alors, que faire pour ne pas faire rouiller les grattes ? On vide les poubelles ! Depuis le croisement des deux millénaires, niveau revival, on peut se vanter d’avoir à peu près tout vu : garage (The Strokes, The White Stripes), psychédélique (Jack Meatbeat and the Underground Society, Brian Jonestown Massacre), euh, « punk » (Blink 182, Sum 41), freakbeat (Embrooks), glam (Placebo), prog (Radiohead, Muse), et même, trop tôt peut-être, britpop avec les Kaiser Chiefs. Et le rock’n’roll, dans tout ça ? Le genre originel, décarcassé, pur et cradingue avec la walkin’ bass qui monte et qui descend, la syncope magique et le chant déjanté ?

Bon, c’est vrai qu’on le voit revenir éternellement depuis une trentaine d’années (Flamin’ Groovies, Cramps, Motörhead, Reverend Horton Heat), alors on comprendra aisément que même les aficionados du genre en aient assez de cet éternel retour, toujours sans surprise... C’est pour cette raison que lorsque le Jim Jones Revue sort son album éponyme en l’an de grâce 2009, il mérite une étoile de moins que s’il était sorti cinquante ans plus tôt. Parce que, dans un sens, c’est une période où il aurait parfaitement pu exister : enregistrée live en 48 heures dans un studio tout pourri, cette machine de guerre n’a pas bénéficié des leçons d’un demi-siècle de rock, ni de l’évolution de la production, non, pas de triche ! Que du No Bullshit terriblement urgent et efficace. Si certains peuvent prendre Motörhead pour un groupe de Metal, là, pour le coup, aucune confusion possible ! La seule erreur que l’oreille non avertie pourrait faire serait de prendre ce quartet pour un groupe américain et non londonien...

Le piano détruit sur la pochette est un avant-goût éloquent de ce qui se trouve à l’intérieur, ces glissandos vicieux bons à sortir Jerry Lee Lewis de la tombe [1] et à surexciter un octogénaire impuissant !!! Et que dire des aboiements faramineux de Jim Jones, qui crève le plafond sonique et participe joyeusement à la saturation créée par la guitare, qui pourrait bien laisser Jon Spencer sur la touche ! Et si l’on peut arguer que le Hey Hey Hey Hey de la deuxième piste n’est qu’un nouveau Good Golly Miss Molly, que l’on se tourne vers ce Princess And The Frog endiablé, le single Rock’n’roll Psychosis ou encore The Meat Man ! On se fend parfois même d’un petit blues (Another Daze, Cement Mixer), qui ne dépare pas le groupe de sa transe infernale. Et NON, nous ne filerons pas la métaphore, parce que, d’abord ce serait faire plaisir aux fans des Cramps, et ensuite, parce que ces derniers ont tout faux : le rock’n’roll n’est pas la musique du diable, il n’empêche pas d’avoir la classe, et enfin... Comment disait Neil Young, déjà ? Ah oui, Hey hey, my my, Rock and Roll can never die !"



[1Comment ça, il est pas mort ? Tant pis !

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Tracklisting :
 
1. Princess And The Frog (4:03)
2. Hey Hey Hey Hey (2:14)
3. Rock’n’roll Psychosis (2:26)
4. Fish 2 Fry (3:27)
5. 512 (3:03)
6. Another Daze (2:50)
7. The Meat Man (2:35)
8. Make It Hot (3:08)
9. Who’s Got Mine ? (2:10)
10. Cement Mixer (4:11)
 
Durée totale : (30’16’’)