Nouveautés
The xx

The xx

The xx

par one minute in the dream world le 5 octobre 2009

3,5

Paru le 1er septembre 2009 (Young Turks)

Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article Envoyer l'article par mail

Dernière révélation en date d’une presse toujours prompte à distinguer le premier venu, les Anglais de The xx créent néanmoins la surprise, sans se montrer irrésistibles, sur ce premier album éponyme.
Ils parviennent en effet à construire, à partir de trois fois rien en termes d’ « ingrédients », des chansons obscures et reposant sur l’association des deux voix, l’une masculine, l’autre féminine, la beauté et la cohérence qui se dégage de ce duo résultant du fait que les deux éléments en présence se connaissent depuis tous petits. Derrière, un étayage discret, fait d’une section rythmique minimale et efficace de par sa sobriété, et d’une guitare elle aussi à la limite de l’effacement, supporte joliment cette association vocale. De certains des onze morceaux de cet album émerge l’impression d’entendre, du point de vue des sensations suscitées, le Pilot de The Notwist, The xx ayant l’art d’exploiter au mieux une trame succincte et des motifs sonores répétés à l’obsession.

De surcroît, le quatuor varie les rythmes sans jamais s’emballer réellement, créant un sentiment à la fois de retenue et de « flottaison » aquatique ou aérienne, ressentie dès Intro, spatial et assez alerte, auquel succède un Vcr nettement plus calme mais attrayant de par son contenu. La vivacité modérée du quatuor se fait à nouveau entendre, et apprécier, sur Crystalized, ainsi que sur Islands et là, on se rend compte que c’est dans ce registre assez enlevé que le groupe séduit le plus, un titre tel que Fantasy, dispensable, générant presque l’ennui. Ce qui est aussi le cas de Shelter, tout juste sauvé par son enrobage sonore, de même que Basic Space qui fait dans l’électro sans vraiment convaincre, ou d’ Infinity qui ne décolle absolument pas, à part peut-être sur sa dernière minute. C’est justement ce qu’on attend de The xx, qu’il sorte de cette torpeur certes originale, marque de fabrique des londoniens, mais trop timorée, manquant d’audace et de relief. Ou encore qu’il se situe à mi-chemin des deux options, comme sur le très réussi Heart Skipped As Beat doté de syncopes électro de bon aloi et alternant avec bonheur « vitesse » et plages tempérées.

Il est toutefois à noter qu’il s’agit d’un premier long-jet, survenu très vite après le premier single de The xx, et que pour un début, sa capacité à élaborer un univers personnel augure de très bonnes choses, pour peu que le groupe creuse et affine cette démarche dont résulte une pop ombrageuse et singulière, impossible à rapprocher de telle ou telle formation de façon précise. The xx possède de toute évidence les qualités pour y parvenir et, à l’avenir, proposer un rendu convaincant de bout en bout.

Encourageons-le donc en ce sens et pour l’heure, profitons à plein de la demi-douzaine de jolies réussites que comporte cet opus qui, après avoir généré une mini-surprise, dira t-on, suscite la curiosité quant à la nature de son prolongement à venir.



Répondre à cet article

modération a priori

Attention, votre message n'apparaîtra qu'après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom



Tracklisting :
 
1. Intro (2:07)
2. VCR (2:57)
3. Crystalised (3:21)
4. Islands (2:40)
5. Heart Skips A Beat (4:02)
6. Fantasy (2:38)
7. Shelter (4:30)
8. Basic Space (3:08)
9. Infinity (5:13)
10. Night Time (3:36)
11. Stars (4:22)
 
Durée totale : 38:09