Concerts
Thomas Fersen

Paris (Le Bataclan)

Thomas Fersen

Le 23 mai 2007

par Vyvy le 29 mai 2007

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Prologue

L’histoire de ce concert est avant tout l’histoire d’un mystère. Le 23 mai, une première partie a disparue. Mokaiesh, annoncé sur le site de la Fnac, dont une petite affichette est visible dans le splendide hall du Bataclan, Mokaiesh, groupe de rock français « brut, sincère et sans fioriture », Mokaiesh n’est pas venu. Ma foi, tant pis, je n’étais d’ailleurs pas vraiment venu pour eux. C’est donc Thomas Fersen, qui arrivera, sans se pressé, à 20H45, suivi de son acolyte, Pierre Sangra, mais nous n’en sommes pas encore là. Arrivée une heure plus tôt, c’est sur 150 mètres d’une queue enjouée que je tombe. Quoi ? Depuis quand le parisien est il à l’heure à un concert ? Cette queue qui avance, heureusement rapidement, me permet de découvrir mes cofersen d’un soir. Bien sûr, quelques « working girls » en soirée filles, des mères avec leur fille (rabibochant sûrement une relation battant de l’aile), et quelques couples trentenaires. Ça, c’est pour le cliché, plus étonnant, quelques bobos rustiques, des mecs seuls, et summum, deux copain, l’un arborrant une splendide chemise roots, une couette et des tresses, l’autre casquette caquis vissé sur la tête... On les retrouvera au premier rang, pendu aux lèvres de l’artiste. Après 14 ans de carrière solo passée dans les confins du blues, jazz, rock à revisiter la chanson française, Fersen s’est constitué une meute de fans n’ayant pas grand chose à voir les uns avec les autres, et out le monde de se dévisager surpris.

Concert

20h45. Thomas Fersen fait le pitre. C’est son emploi, pousser la chansonnette étant son gagne-pain. Ce soir il ne déroge donc pas aux habitudes. Patte d’eph’ moka, chemise à dentelle blanche, une nouvelle barbe pour sa part, son guitariste d’ami arborant de même la chemise à dentelle. Un petit air de sérénade grotesque souffle sur le Bataclan... Nos deux protagonistes, pied posé sur une chaise, brandissent leurs instruments.

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Sangra & Fersen Vyvy©

Petite guitare pour Sangra, ukulélé pour Fersen, ils entament un Mon Macabre accueilli avec ferveur, et vas y que tout le monde la chante à tue-tête. Fersen reprend son souffle, nous soufflant au passage nonchalamment que depuis qu’ils ont commencé cette tournée, ils le regrettent, tant, avec un ukulélé toutes les chansons se ressemblent. Quoi ? Ils se ressemblent tous ? Même pas vrai ! D’ailleurs, le doué diablotin avec son merveilleux Monsieur nous démontre immédiatement que oui, avec un ukulélé, une six-corde de mariachi, on peut arriver à faire sonner le tout. Le public lui est subjugué, des filles qui appellent leur Louise d’amie quand Thomas commence la chanson éponyme, à ces « les papillons, les papillons » que tout le monde entonne. Oui ici ce soir, l’ambiance est au chant collectif, comme sur ce Les Malheurs Du Lion où Fersen s’arrête avant le dénouement terrible, nous lançant faussement faché, « vous connaissez la suite ? » (nous tous « ouiiii »), « eh bien je m’arrête là alors... ».

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Vyvy©

Décidemment, Fersen est en forme ce soir. Il nous sort petit à petit son zoo sonore (grand moment d’une Chauve Souris), joue avec son public, qui de toute façon ne demande que ça (ainsi il nous demandera quelques accords arraché de son ukulélé de reconnaître le titre...le pire étant que certains de mes voisins reconnurent immédiatement l’excellente et drôlatique Diane de Poitiers). Ce qui me frappe soudainement en écoutant ces morceaux choisis de 14 ans de chanson, c’est la cohérence de la chose, et dans les thèmes (les femmes, les assassins, les fous), le biai (les animaux, le cynisme, l’irrévérent humour -dont Croque reste un summum) et mêmes des mots, lèvres, odeur, parapluie...Et pourtant entre Le Bal Des Oiseaux et le Pavillon Des Fous il s’en est écoulé de l’eau sous les ponts, et les arrangements du sieur ont bien bougés.

Mais reprenons le fil de la soirée. Fersen donc profite et ne joue pas « que » de ces deux derniers albums, albums qui ont amené une bonne partie du public ce soir, tant ils sont les albums des succès médiatiques du chanseur. Enfin, pas « que », mais beaucoup quand même. De fait, lui et Sangra vont jouer 8 titres des 11 de La Pièce Montée Des Grands Jours, et beaucoup de son Pavillon Des Fous. Sortis de la grande malle des chansons-oubliées-dans-les-tournées-précédentes, on a ici les Moi Qui Me Croyais Un Saint, La Blatte ou encore Chez Toi, petites pépites qui, aux sons des cordes de nos artistes, sonnaient décidémment très bien.

Arrêtons-là cette effroyable mièvrerie, celle de la fan racontant un concert qu’elle a attendu pendant très longtemps, et qui fut à la hauteur (largement d’ailleurs) au dessus de ses espérances...

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Il dansait la Sainte Jeanaise... Vyvy©

Que rajouter, si ce n’est que Fersen sais aussi jouer de l’harmonica, chanter a capella, chanter en italien, Danser La Sainte-Jeanaise Qu’On Danse À Saint-Jean-Du-Doigt, mais par contre, quand il s’essaie au piccolo c’est pour trouver celui-ci non accordé. Ah oui, et aussi que le public a eu droit à quelques quatre rappels...



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Setlist :
 
Mon Macabre
Monsieur
Louise
Les Papillons
Les Malheurs Du Lion
La Chauve Souris
Pégase
Je Suis Dev’nue La Bonne
Croque
Moi Qui Me Croyais Un Saint
Les Cravates
Cosmos
Borgorygmes
Le Chat Botté
La Pièce Montée Des Grands Jours
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Diane De Poitiers
Je N’Ai Pas La Gale
Saint Jean Du Doigt
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La Blatte
Zaza
Bella Ciao
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Chez Toi
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Bijou