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Walk Hard : The Dewey Cox Story

Walk Hard : The Dewey Cox Story

Jake Kasdan

par Aurélien Noyer le 4 novembre 2008

Paru le 8 octobre 2008 (Gaumont Columbia Tristar)

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Walk Hard, c’est l’histoire d’un gamin du Sud des États-Unis qui, malgré la mort accidentelle de son frère, va devenir une star en inventant au milieu des années 50 une musique révolutionnaire. Il va alors progressivement se perdre dans un tourbillon de sexe et de drogues en tout genre, avant de trouver finalement la rédemption dans la famille et la musique...

Ça vous dit quelque chose ? Étant donné que vous vous trouvez sur Inside Rock, le contraire eut été étonnant, car il nous est impensable que nos lecteurs ne reconnaissent pas dans ce court synopsis la trame sous-tendant les deux derniers biopics rock en date, à savoir Ray et Walk The Line. Sauf que Walk Hard n’est pas un énième biopic formaté à la sauce hollywoodienne, c’est une authentique parodie rock des deux films pré-cités... et de l’univers du rock en général.

Et puisqu’il est inutile de faire durer le suspense, je peux révéler dès à présent que Walk Hard est tout simplement le digne héritier du génialissime Spinal Tap. L’un comme l’autre réussissent le tour de force de partir d’un phénomène en vogue (le rockumentaire pour Spinal Tap, le biopic pour Walk Hard), à jouer sur les codes du genre et même à les dépasser pour réussir à faire rire avec les faiblesses de leurs héros. Et si les héros de Spinal Tap étaient d’autant plus drôles et attachants que le film les représentaient comme des losers dont la carrière périclitait, Dewey Cox apparait comme un crétin total, traumatisé par la mort de son frère, ce qui ne l’empêche pas de faire une carrière de plusieurs décennies partant du rock’n’roll et du rythm’n’blues originel pour passer par le rock psychédélique, le folk engagé, le punk et la mauvaise Philadelphia Soul.

C’est d’ailleurs tout le génie du film que de ne pas se limiter à la stricte parodie des biopics. On y retrouve ainsi tous les clichés du rock de chaque époque du rock et le fan ne pourra s’empêcher de reconnaître tour à tour dans le personnage de Dewey Cox Ray Charles et Johnny Cash bien sûr, mais également Bob Dylan ou Brian Wilson (l’enregistrement de Black Sheep, le Good Vibrations de Dewey Cox, est un moment d’anthologie), sans compter tous les featuring plus hilarants les uns que les autres : Jack White en Elvis karateka et incompréhensible, Jack Black en Paul McCartney au sein des Beatles rongés par les haines personnelles... et je ne résiste pas à la tentation de citer quelques extraits de la rencontre avec les Beatles.

Dewey Cox : What do you think, George Harrison, of the Beatles ?
George Harrison : I don’t know, y’know, I’m just trying to get a few more songs on the album...
[...]
George Harrison : I’ve got no idea why I can’t write any songs...I just sit here, while me guitar quietly whimpers...
Paul McCartney : Well, you are the quiet one, so why don’t you shut the fuck up ?
Ringo Starr : I’ve got a song about an octopus.
John Lennon : Jam it up your ass. You’re lucky we still let you play the drums.
Dewey Cox : Wow. Seems like there’s a rift happening between the Beatles.
John Lennon (to Paul) : I wonder if your songs will still be shit when I’m sixty-four.

A chacun de choisir son guest préféré, mais je dois admettre un coup de cœur pour Eddie Vedder dans son propre rôle presque officiel de maître de cérémonie pour introduction au Rock’n’Roll Hall Of Fame... et le chanteur de se lancer dans un discours aussi pompeux qu’abscons, filant une mauvaise métaphore biblique pour célébrer la carrière de Dewey Cox.

Autre qualité non négligeable du film, les références pour érudits rock’n’roll côtoient les blagues potaches dont le récurrent et graveleux jeu de mot sur l’homonymie du nom du héros avec une certaine partie de l’anatomie masculine (« Guys, I need Cox ! », « What do we think when we think about Cox ? », « Cox and Lil’ Nutzza, we could do a package » ne sont qu’un échantillon...

Mais un tel film ne pourrait pas fonctionner si la BO n’était pas à la hauteur. Or chaque titre retranscrit et parodie à merveille un courant du rock, finissant de donner au film une crédibilité extraordinaire (John Reilly fera même quelques concerts en tant que Dewey Cox), dépassant à ce niveau le mythique Spinal Tap.

En un mot : film-culte !!!



Vos commentaires

  • Le 6 décembre 2011 à 21:30, par Calagan En réponse à : Walk Hard : The Dewey Cox Story

    Effectivement, un des films les plus drôles et dingos que j’ai pu voir ces dernières années. La musique est excellente, les réalisateurs ont manifestement une profonde connaissance de la musique populaire américaine, et ils savent jouer de tous ses codes. Un film brillant, qui bien évidemment n’a pas rencontré son public et a même perdu de l’argent après sa sortie en salle (je crois d’ailleurs qu’il n’est jamais sorti en France).
  • Le 6 décembre 2011 à 21:37, par Duffman En réponse à : Walk Hard : The Dewey Cox Story

    Il est sorti mais en sortie technique dans très peu de salles il me semble.

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