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Wilco (The Album)

Wilco (The Album)

Wilco

par Sylvain Golvet le 22 septembre 2009

3,5

paru le 29 juin 2009 (Nonesuch/Warner)

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En 2002, Yankee Hotel Foxtrot, quatrième album de Wilco a été comparé à droite et à gauche comme le OK Computer américain. L’analogie correspond probablement à un moment similaire au sein du parcours des deux groupes (l’autre étant bien sûr Radiohead pour ceux qui n’auraient pas suivi), où la maîtrise sonore et de composition prend une forme d’accomplissement, voire de perfection. Il est vrai qu’on retrouve des similitudes entre les deux groupes, qui outre leur carrière quasi-contemporaine, se sont révélés au fil d’albums de plus en plus élaborés, s’affranchissant chacun de leur style respectif, pop-rock pour Radiohead, alt-country pour Wilco, pour se tailler une réputation d’intégrité et une notoriété sans pareil pour les puristes comme pour le grand public rock (avec un avantage pour les Oxfordiens tout de même). Les deux groupes jouissent également du même type de fonctionnement interne, avec un leader compositeur-tête pensante et des musiciens talentueux apportant chacun leur touche personnelle.

Mais autant l’analogie entre OK Computer et Yankee Hotel Foxtrot pouvait s’avérer hasardeuse, les albums étant assez peu similaires, de fait il n’est peut-être pas inutile de considérer ce Wilco (The Album) comme étant le In Rainbows de ses instigateurs. En plus limpide peut-être, version plus solaire d’une même démarche. Car comme l’avait définit Nonoostar ici même pour l’opus radioheadien, Wilco (The Album) est une collection de bonnes chansons. Mais rien de plus. Pour la première fois de sa carrière, Wilco semble ne pas s’être encombré de direction particulière à l’élaboration de son opus. Est-ce dû à l’installation d’un confort lié à une longévité exceptionnelle dans le line-up (Wilco a auparavant subi plusieurs clashs en son sein) ? On constate en tout cas que si l’ensemble poursuit la démarche sonore du précédent album, certains morceaux ne sont pas sans faire des rappels de toute la carrière de Jeff Tweedy et sa bande. You Never Know est une réminiscence des débuts, voire de la veine pop de Summerteeth tandis que l’émouvant Everlasting Everything tend vers A Ghost is Born, sans oublier l’entêté Bull Black Nova flirtant avec les expérimentations de YHF.

En résulte alors un album plutôt sympathique, plus léger, décontracté, où l’envie de s’amuser prend le pas sur la profondeur. Pas inoubliable donc, mais bénéficiant du talent toujours présent de leurs instigateurs, tout étant à quelques coudées au-dessus de la concurrence « classic-rock ». Dernier point commun avec Radiohead : une certaine indulgence envers le téléchargement illégal. Jeff Tweedy, plutôt que de stigmatiser les éventuels resquilleurs, les aurait plutôt encouragés à reverser une somme équivalente à une association, The Insipiration Corporation, sur http://inspirationcorp.org/. Vous voilà prévenus.



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Tracklisting :
 
1. Wilco (The Song) (2:59)
2. Deeper Down (2:59)
3. One Wing (3:42)
4. Bull Black Nova (5:39)
5. You and I (3:26)
6. You Never Know (4:21)
7. Country Disappeared (4:02)
8. Solitaire (3:04)
9. I’ll Fight (4:23)
10. Sonny Feeling (4:13)
11. Everlasting Everything (3:58)
 
Durée totale : 42:52