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Clips kitschs, part. II

Clips kitschs, part. II

par Sylvain Golvet le 15 décembre 2009

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Bruce Springsteen - Dancing In The Dark

Le Boss a beau être le boss, y’a des fois il a bien déconné. Et il faut reconnaître qu’on comprend parfois ses détracteurs qui ne voient en lui que l’archétype du bouseux américain, chantre de la musculation et du base-ball, le tout sur des hymnes tubesques à fort contenu en synthé. Ici, on sait bien que c’est plus complexe que ça (cf. Born In The USA), mais il leur a aussi donné raison avec ce Dancing in the Dark. Premier single de Born in the USA, ce titre est un énorme carton (#2 dans son pays), un grand pas vers le succès planétaire à venir de son instigateur.

Derrière la caméra, ce n’est pas un petit nouveau, mais bel et bien Brian de Palma qui a été chargé de mettre ça en images. Pourtant peu avare en manières, surtout dans les années 80, le gars Brian a ici mis la pédale douce en terme de mise en scène. Dans une relative sobriété, il choisit donc de filmer le E Street Band sur scène, son domaine de prédilection et de le laisser jouer. Pourtant, tout ici sonne faux. Ce déhanché à 1:40 et cette façon de balancer les épaules (0:55) sont des grands moments de ridicule, mais pas de solitude, vu que le groupe entier participe à cette entreprise du kitsch, entre Nils Lofgren et son bandeau à la Dire Straits ou les lunettes fumées de Derrick portée par Max Weinberg. Mais le moins naturel reste la fin, où Springsteen invite une jeune fan émoustillée à venir sur scène bouger ses hanches avec lui. A noter que c’est ici la première apparition notable de Courtney Cox, future Monica de Friends qui met ici tout son talent dans ses yeux mouillés et son sourire béat.

Deux ans plus tard, pour I’m On Fire, Springsteen fait appel à un autre cinéaste américain John Sayles, ce qui donnera un clip beaucoup plus naturel et autrement plus classe. Comme quoi le clip kitsch n’est pas une fatalité.

Du clip caritatif, on en a bouffé des kilomètres dans les années 80. Mais comme celui-ci pas assez je pense. Tout les We Are the World, Enfoirés et autres peuvent aller se rhabiller tant Stop The Madness les surpasse en tout. Lancé par Ronald Reagan himself en 1985, le clip est censé combattre le fléau des drogues qui s’abat sur les grandes villes américaines.

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« La drogue, moi je lui dis : Hasta la Vista ! »

Comme tout clip de grande cause qui se respecte, on a le droit à d’innombrables apparitions de célébrités plus ou moins connues. Ici, on croise David Hasselhoff, Whitney Houston, Kareem Abdul-Jabbar ou La Toya Jackson. Mais aussi des caméos bien absurdes, comme l’apparition surprise de Schwarzi en éboueur, ou encore plus fou, celle de Nancy Reagan, femme du président, qui n’a jamais dû voir un milligramme de coke de sa vie.

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Bon alors Nancy, le texte c’est « Stop the madness ! » « Ok mais je prends une feuille quand même au cas-où ».

Pour convaincre tout le monde d’ « arrêter la folie », les auteurs du clip ne reculent devant rien. Le classique beat électronique, tout droit sorti d’un épisode de Miami Vice est bien sûr rehaussé d’un trompettiste, ça fait tellement plus urbain, ça sent la moiteur des nuits des quartiers chauds. La lumière des néons rend le tout encore plus glauque. Ah oui, y’a aussi des dealers qui se cachent dans les placards (et David Hasselhoff dans un poster). Mais le plus fou en fait, ce sont tous ces plans où des citoyens américains se droguent, dans une ambiance naturaliste sans concessions, mêlés à des images de singes qu’on imagine rendus fous par la drogue (oui, les singes aussi se droguent !). Pire encore, quelques images rapides d’opération du cœur et même de corps à la morgue enveloppe le tout d’un aspect dépressif ultime. Un traitement on ne peut plus hardcore comparé à d’autres vidéos de ce genre, et surtout plus ancré dans une réalité brute. La chanson ferait presque peur en plus. Moi, je vois ça, direct j’arrête de me droguer.

Rick Astley est un mème. Non, ça ne veut pas dire qu’il est un robot venu du futur venu sur terre pour ronger le cerveau des humains avec sa chanson et son clip (quoique. ..). Dans sa définition stricte, un mème est un élément de culture reconnaissable par une société, et transmit par mimétisme. Exemple concret sur le net : Hitler, dans le film le Chute, qui commente d’innombrables faits d’actualité. (http://www.youtube.com/watch?v=ZYKuRDeMRiA)

Les internautes sont en effet les pauvres victimes d’un complot depuis 2007 à travers toute la toile. C’est la technique du Rickroll : sur un forum, un site ou sur Youtube, l’utilisateur innocent clique sur le lien prônant un téléchargement, une vidéo ou autres contenu inédit qu’il attend avec impatience. « Chouette, le nouveau single de U2 quatre mois en avance ? Clic clic ! » et là c’est le drame. L’internaute piraté et affligé, voit la face ahurie de Rick Astley apparaître sur son écran et subit, impuissant, toute la kitscherie affichée dans ce clip. Et encore je ne vous parle pas de la chanson.

Le choix de ce clip en particulier restera un mystère, mais on comprend vite pourquoi les blagueurs du net se le sont refilé à tour de bras. Probablement daté dès sa sortie, il représente probablement plus que jamais son époque. Blonde adepte de la gymnastique, trench-coat trop long, l’incroyable duo jean/chemise en jean. Rien que les moulinets de bras de Rick « Tintin » Astley peuvent vous traumatiser à vie.

Si vous n’avez jamais été rickrollé, cela viendra sûrement un jour. La vidéo postée plus-haut comptabilise plus de 27 millions de visionnage, ce qui fait de ce Never Gonna Give You Up probablement un des clips les plus vus de la toile.

Et au fait, cliques sur ce lien, et tu verras Scarlett Johansson nue : http://www.youtube.com/watch?v=oHg5SJYRHA0



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