Focus
Pearl Jam - 20 years (III)

Pearl Jam - 20 years (III)

20 septembre 1992

par Brice Tollemer le 12 octobre 2010

Pearl Jam fête ses vingt ans d’existence. Pour célébrer ça, faisons un retour sur vingt concerts mémorables du groupe. Troisième épisode : le fameux Drop In The Park, un concert gratuit et en plein air, oui.

Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article Envoyer l'article par mail


Ville : Seattle, état de Wasington
Lieu : Warren G. Magnuson Park
Premières parties : Pete Droge, Lazy Susan, Cypress Hill, Shawn Smith, Seaweed, Jim Rose
Spectateurs : 30 000
Setlist : Even Flow, Once, State of Love and Trust, Why Go, Deep, Jeremy, Black, Alive, Garden, Porch, Sonic Reducer, Rockin’ in the Free World

Le concert en streaming

« This thing won’t happen without you. You’re the whole reason of this thing, this halfway of success. It’s you who survive in the rain, it’s you who gonna be sick tomorrow, it’s you who we appreciate, thank you » [1].

C’est le 3 février 1992 que Pearl Jam débarque pour la première fois en Europe. En Angleterre, forcément, du côté du Southend, pour un concert surprise. Le lendemain, le groupe se produit pour le Late Show sur la BBC. C’est la première apparition télévisuelle de la formation, qui va donner au cours de cette année plus de cent vingt concerts. Une année 1992 qui voit ainsi une montée en puissance complètement exponentielle pour les cinq membres. Pearl Jam devient énorme, célèbre et incontournable. Vedder, Gossard, Ament, McCready et Abbruzzese mettent le feu à la Locomotive à Paris. Les shows à Amsterdam et à Milan sont du même tonneau. Utrecht et Munich sont également touchés par cette fantastique onde de choc. Le 16 mars, le groupe enregistre un Unplugged dantesque, qui passera sur MTV deux mois plus tard. Tout s’accélère. Tout va plus vite. Tout prend des proportions insensées. En avril, Pearl Jam interprète « Alive » et « Porch » pour le compte du Saturday Night Live. Les intensités des concerts et cette soudaine exposition médiatique font entrer la formation dans une nouvelle dimension. Au mois de juin, Eddie Vedder et les siens jouent devant plus de soixante mille personnes au Pinkpop festival. Mais ils annuleront peu de temps après la fin de la tournée européenne, fatigués par les différents problèmes rencontrés, notamment à Stockholm et à Roskilde…

© Lance Mercer

Trois évènements majeurs vont marquer le second semestre de cette année 92. Mi-juillet, Pearl Jam embarque en compagnie de Soundgarden et des Red Hot Chili Peppers dans le festival itinérant Lollapalooza qui se déroulera sur une quarantaine de dates à travers les Etats-Unis. Parallèlement à cette tournée qui sera mythique, « Jeremy » voit le jour en single et la vidéo réalisée par Mark Pellington passera en boucles sur MTV. Par la suite, le groupe ne produira plus aucun clip pendant six ans… Enfin, en septembre sort Singles du réalisateur Cameron Crowe et propulse sur grand écran les principaux tenanciers de ce qu’on appelle à l’époque la « scène de Seattle ». Une appellation qui ne plaît guère à un Eddie Vedder complètement saoul lors du mini-concert donné à l’occasion de l’avant-première. Le chanteur se sentira beaucoup plus à l’aise quelques jours plus tard lors du Drop In The Park.

Ce concert gratuit était initialement prévu au Gas Works Park le 20 mai, mais avait été annulé par les autorités qui craignaient une trop grande affluence dans un espace limité. Quatre mois plus tard, Pearl Jam l’organise de nouveau, cette-fois dans un autre lieu, au Magnuson Park, toujours à Seattle. Environ trente mille fans assistent à ce concert gratuit, sans qu’aucun incident ne soit signalé. L’organisation de l’évènement coutera au final plus de cent mille dollars au groupe. Ce Drop In The Park s’inscrit aussi dans le soutien de Vedder à l’association Rock The Vote, une organisation qui incite les jeunes à s’intéresser à la politique. A l’issue du concert, trois mille personnes s’inscrivent d’ailleurs sur les listes électorales. « Si vous ne votez pas, dira le chanteur au cours du concert, vous ne pourrez vous plaindre de ce qui arrivera ». Pendant plus d’une heure, le groupe déploie la même fougue et la même intensité qu’il a su développer tout au long de cette année titanesque. « Even Flow », « Once », « Why Go » ou bien encore « Deep » témoignent de cette sauvagerie communicative. Eddie Vedder se retrouve encore une fois accroché on ne sait trop comment à plus de dix mètres du sol. « Jeremy », « Black » et « Alive » sont maintenant des tubes mondiaux. Depuis peu, Pearl Jam a la très bonne idée de reprendre « Sonic Reducer » des Dead Boys, groupe de punk new-yorkais de la fin des années soixante-dix. Et c’est une autre reprise, « Rockin’ in The Free World » de Neil Young qui conclut le set, jouée en compagnie du batteur de Ministry et de Bruce Fairweather, ancien de Green River et de Mother Love Bone. Ce concert est finalement l’illustration des velléités et des souhaits de la formation quant à son avenir proche : avoir un lien privilégié avec ses fans (en évitant des corporations comme MTV et Ticketmaster), exprimer un engagement politique et proposer des reprises en hommage à des modèles (Dead Boys, Fugazi, Neil Young etc…). Pearl Jam terminera en beauté cette fabuleuse année 1992, avec sa première participation au Bridge School Benefit du Loner et un concert du Nouvel An cultissime.

(Thanx to FiveHorizons & Pearljambootlegs)



[1Eddie Vedder à la foule, Pinkpop, 8 juin 1992

Répondre à cet article

modération a priori

Attention, votre message n'apparaîtra qu'après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom