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Mirror Ball

Mirror Ball

Neil Young

par Brice Tollemer le 10 mars 2009

4

Paru le 27 juin 1995 (Reprise).

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Le 12 janvier 1995, Neil Young se fait introduire au Rock & Roll Hall Of Fame par un discours de présentation signé Eddie Vedder. Quelques jours plus tard, le Loner participe avec Pearl Jam à un concert de charité à Washington, en faveur de l’association Voters For Choice, une organisation politique qui soutient des candidats favorables au droit à l’avortement. A cette occasion, Neil Young a composé une nouvelle chanson, « Act Of Love », qu’il joue sur scène avec les membres du groupe de Seattle. La prestation l’enthousiasme. Il demande donc à la bande à Vedder de le rejoindre en studio pour enregistrer son nouvel album…

Seulement quatre jours de studio sont nécessaires pour enregistrer le nouveau disque du Canadien. Brendan O’Brien est aux manettes. Le parti pris est celui de l’instantané, de la capture live. Pratiquement tout l’album est écrit durant ces quatre jours. Bien évidemment, les membres de Pearl Jam sont impressionnés par la stature de Neil Young : « il y a une marge entre observer le fauve qui tourne dans sa cage et se retrouver enfermé dans la même cage avec lui » reconnaît Eddie Vedder, tandis que Jeff Ament précise : « c’est vraiment un sage, mais qui ne passe pas son temps à te casser les pieds en te rabachant les mêmes trucs. On s’est comportés avec lui en vieux et bons voisins ». De son côté, Young ne tarit pas d’éloges sur la performance de Jack Irons, qu’il trouve incroyable derrière sa batterie. Le son de Mirror Ball est indubitablement brut. On peut par ailleurs souvent entendre les musiciens discuter entre eux au début ou à la fin de plusieurs chansons. Eddie Vedder participe très peu à cet album, excepté pour la chanson « Peace & Love », co-écrite avec le Loner. Pièce centrale de Mirror Ball, ce morceau résume la pensée globale inhérente du disque, à savoir le conflit permanent entre l’idéal et la réalité, mais également la confrontation de la philosophie des années soixante avec le cynisme des années quatre-vingt dix.

Found love found hate
Saw my mistake
Broke walls of pain to walk again
I saw the dream
I saw the wake
We shared it all
But not the take

Quoi qu’il en soit, le dynamisme du quinquagénaire couplé à l’énergie de ces trentenaires fonctionne à merveille, que ce soir sur « Downtown » (où sont évoqués à la fois Jimi Hendrix et Led Zeppelin) ou bien encore sur « Throw Your Hatred Down ».

Pour d’obscures raisons juridiques, Pearl Jam n’est pas crédité en tant que groupe sur l’album, mais chaque membre est cité individuellement. Neil Young, revigoré par ce coup de jeune, propose au groupe de se joindre à lui durant l’été 1995 pour une série de festivals en Europe. De son côté, le groupe de Seattle profitera de ces sessions pour sortir un EP, Merkinball, qui livre ici, « I Got ID » et « Long Road », probablement l’une de ses meilleures contributions. « Mirror Ball est arrivé à une période où nous en avions besoin, précisera plus tard Stone Gossard, nous vivions une époque troublée, et Neil était désolé pour nous. Il ne prenait pas sa carrière trop au sérieux, alors que nous, tout d’un coup, notre groupe semblait trop sérieux ».



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1. Song X (4’40’’)
2. Act of Love (4’54’’)
3. I’m the Ocean (7’05’’)
4. Big Green Country (5’08’’)
5. Truth Be Known (4’39’’)
6. Downtown (5’10’’)
7. What Happened Yesterday (0’46’’)
8. Peace and Love (7’02’’)
9. Throw Your Hatred Down (5’45’’)
10. Scenery (8’50’’)
11. Fallen Angel (1’15’’)
 
Durée totale : 55’14’’

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