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Wallace

Wallace

Naive New Beaters

par Emmanuel Chirache le 28 juin 2010

3,5

Paru en mai 2009 (Cinq7)

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On avait retenu le nom des Naive New Beaters grâce au clip du single Bang Bang, chaotique et sympathiquement débile. Depuis, ces Parisiens déjantés ont sorti un disque intitulé Wallace et connaissent un franc succès étiqueté un peu vite « hype », au risque de se démoder puisque, comme l’a si bien déclaré notre ami le philosophe Jean Guitton : « Être dans le vent, c’est avoir un destin de feuille morte. » Cet aphorisme touche d’autant plus juste lorsqu’on parle de musique dansante, un genre particulièrement sensible aux modes et soumis à l’obsolescence. En soirée, l’implacable loi des décibels et de la pulsation par minute fait en effet souvent le jeu des morceaux les plus récents, qui enfoncent les plus anciens grâce à leur rythme, leur puissance ou leur basse fréquence. Pire, dans ce domaine particulier de la « chanson pour danser », combien de remixes balaient immédiatement les originaux, alors remisés au placard ? Il n’y a guère qu’aux mariages que l’on twiste encore.

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Trois musiciens se sont glissés dans cette photo de chien, sauras-tu les trouver ?

Indéniablement, les Naive New Beaters ont réussi un premier album ultra dansant, super efficace et séduisant. Le groupe n’a pas son pareil pour aligner les refrains tubesques aux accents electro-rock, où les qualités mélodiques s’imposent sur fond de groove impeccable. Difficile de résister à l’appel du dancefloor quand débute L.A. Trumpets et ses textures rappelant furieusement les Rythmes Digitales. Comme ces derniers, les Naive New Beaters ont recyclé avec brio la new wave et le disco, y ajoutant une touche de dérision bienvenue. Mais l’aspect crétino-festif des chansons ne doit pas cacher le savoir-faire brillant du groupe, enclin à mettre en avant successivement la basse, les guitares, les synthés, les voix, au service de compositions sans failles. Au-delà du hit Get Love, pure merveille de pop song en 2’46" rivalisant avec Gorillaz, beaucoup de titres accrochent l’oreille irrémédiablement : l’excellent Live Good et sa ligne de basse entêtante, ses harmoniques subtiles et son refrain épatant, le génial Can’t Choose, apologie du concept d’hésitation perpétuelle que l’auteur de ces lignes connaît bien, et qui restera longtemps dans la tête de l’auditeur sous le charme.

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Trois musiciens se sont glissés dans cette photo de poupées, sauras-tu les trouver ?

Sans être aussi virtuose que les morceaux cités, le reste du disque promène sa bonne humeur avec assurance, que ce soit sur le sautillant Just Another Day, l’agréable Wow Now, qui lorgne encore vers Damon Albarn et ses horribles singes, ou bien David Boring, plus orienté rock. Côté influences, on a cité Gorillaz, mais on pourrait tout aussi bien évoquer tout ce que le Royaume-Uni a produit de meilleur en pop, electro et hip hop. Même si le personnage de David Boring, chanteur soi-disant américain des Naive New Beaters parlant français avec un étrange accent slave, est né à Los Angeles, la musique du groupe n’a rien d’états-unienne. Nul doute que Wallace s’inscrit dans la pop britonne de qualité, avec en prime une french touch qui tient en un mot : déconne. Parisiens d’origine, Michael Clair (David Boring) et ses acolytes Fabrice Riballier (Martin Luther BB King) et Matthieu Jay (Eurobelix), ne se prennent pas vraiment au sérieux, comme en témoignent leurs interviews débiles et ce faux reportage sur l’enregistrement de Get Love dans la langue des Sims, le simlish :

De l’humour, de l’invention, des tubes, un son frais et dansant... il serait fort dommage que la hype ait raison des Naive New Beaters et les mange tout cru. Car souvenez-vous de ce mot plein de bon sens des Inspector Cluzo : « Fuck hype music ». Pas de quoi s’inquiéter pour l’instant, le trio a tout pour casser la baraque.



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Tracklisting :
 
1. L.A. Trumpets
2. Get Love
3. Live Good
4. Wow Now
5. Can’t Choose
6. Just Another Day
7. Dual Income No Kids
8. Janeiro
9. Boring David
10. The Last Badaboum