Pochettes
Keep On Your Mean Side

Keep On Your Mean Side

The Kills

par Sylvain Golvet le 22 février 2011

paru en mars 2003 (Domino Recordings / PIAS)

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Pour leur premier album et leur première apparition sur la scène internationale, les Kills se la jouent délinquants. Parce que le rock, c’est aussi une affaire d’attitude, ils préfèrent nous prévenir qu’ils ne sont pas là pour rigoler. En Bonnie & Clyde du XXIème siècle, les Kills composent, jouent, vivent leur musique à deux, et tant pis pour les autres.

La pochette est d’inspiration française. Alison « VV » Mosshart et Jamie « Hotel » Hince ont basé leurs personnages sur une célèbre cavale sanglante qui eut lieu à Paris le soir du 4 octobre 1994. Petit rappel des faits. À 21h25, Audry Maupin et Florence Rey braquent la pré-fourrière de Pantin dans le but d’y dérober des armes. Ils s’enfuient ensuite en taxi. Le chauffeur résiste et rentre volontairement dans une voiture de police. S’ensuit une fusillade où mourront le chauffeur de taxi et deux policiers. Le couple cavale alors en voiture, poursuivit par des motards. Puis une seconde fusillade éclate, tuant un motard et Audry Maupin. Florence est arrêtée. Cette soirée fera au total cinq morts, le temps d’une poursuite de moins de trente minutes.

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Florence Rey
le soir de son arrestation

VV dit avoir été fascinée par le regard vide de Florence Rey sur les photos suivant son arrestation. Son visage ornait d’ailleurs la pochette du EP Black Rooster sorti peu avant l’album. Mais sur celle-ci, les musiciens se mettent dans la peau du couple maudit : les empreintes, la fiche signalétique, les titres écrits à la machine à écrire, et surtout les photos en noir et blanc où le couple apparaît avec les regards noirs de mise dans ce genre de situation. Tout pour faire croire à leur arrestation récente suite à on ne sait quel acte contraire aux bonnes moeurs du rock mainstream.

Le couple meurtrier est le symbole d’une jeunesse sans repères, cherchant un moyen de vivre à travers des expériences extrêmes, ici une virée anarchiste vouée à l’échec. Mais pour les Kills, ils représentent aussi la quintessence de la passion amoureuse : celle qui bouscule, qui fait agir. Sans pour autant glorifier les actes de référence, les Kills se composent une image, jouant sur la face sombre du rock, celle des rues sombres, de la violence et de la drogue, chères au Lou Reed du Velvet. Sur scène, ces deux là jouent à revivre ce genre de scènes extrêmes, comme s’ils étaient seuls contre le reste du monde. Leur rock primitif, à la limite de l’électro est fait de sexe et de coups.

Pourtant en interview ou au naturel, VV semble être une fille plutôt timide, se cachant derrière une longue mèche de cheveux et Hotel paraît être un garçon très charmant et souriant. Et fondamentalement, ils ne feraient pas de mal à une mouche. C’est là toute la magie (ou l’imposture) du rock : pouvoir de fabriquer des personnages et une image pour se transcender soi-même.

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