Pochettes
Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band

Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band

The Beatles

par Our Kid le 31 mars 2005

paru le 1er juin 1967 (Parlophone / EMI)

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Question pochette d’albums, il y a un avant et un après Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band. Jamais à l’époque une pochette n’avait concentré autant de couleurs différentes, ce qui reste la plus formidable confirmation de l’implication du groupe dans la conception d’un album, allant de la musique jusqu’à sa pochette. Comme le dit Paul, « cet album était une grosse production et on voulait que la pochette soit vraiment intéressante. Quand on était mômes, on faisait une demi-heure de bus pour aller acheter un album au papier brun. On aimait l’idée de faire un geste pour l’acheteur du disque parce qu’on se rappelait avoir dépensé notre argent difficilement gagné et avoir été sincèrement reconnaissants envers ceux qui nous en donnaient pour notre argent ».

Le concept de l’album, venant de McCartney, était que « puisqu’on essaie de s’éloigner de nous-mêmes - d’arrêter de tourner pour faire des choses plus abstraites- que diriez-vous d’un groupe qui serait notre double, quelque chose comme, disons, « Sgt.Pepper’s Lonely Hearts » ? ». « Pour mieux nous mettre dans la peau du groupe du Sgt Pepper, on s’est demandé qui pourraient être nos héros [...]. On a fait une liste. On pouvait mettre tous les gens qu’on voulait : Marlon Brando, James Dean, Albert Einstein - ou n’importe qui d’autre. » . La pochette a été le résultat de collaboration avec Peter Blake, un ami peintre de McCartney. Mal Evans et Neil Aspinall, les road managers sont sollicités pour se procurer des photos que Blake agrandit et colora. Il les a utilisées pour faire le collage qu’on observe sur la pochette. McCartney voulait aussi traduire l’idée que, tel le papillon, de nouveaux Beatles avaient surgi des anciens. Ainsi, on introduisit des Beatles en cire que l’on retrouve à gauche des quatre en costume. Justement, pour donner à l’ensemble un air de ressemblance avec un orchestre de l’Armée du Salut ou même d’anciens combattants, le costumier de théâtre Maurice Berman confectionna-t-il leurs uniformes. Ce fut finalement la fanfare d’anciens combattants de l’ère édouardienne qui l’emporta, après que Paul eut vaguement pensé à faire figurer une réunion d’anciens nazis.

Dire que, si on avait écouté le manager du groupe Brian Epstein, la couverture de Sgt.Pepper’s Lonely Hearts Club Band aurait dû être ... marron ! En effet, ce dernier trouvait la pochette signée Blake trop chargée. Les personnages présents sur la couverture sont mentionnés dans le livret de la version CD. D’autres devaient d’ailleurs y figurer, comme Hitler, Gandhi ou Sophia Loren. Les autorisations (car le droit à l’image existait déjà) ont été obtenues par l’assistante personnelle d’Epstein, Wendy Hanson, après que les Beatles eurent promis d’indemniser EMI, grâce à un versement pimenté de 10 millions de livres qui auraient servi à calmer d’éventuels plaignants parmi les gens figurant sur la pochette. Étant amis avec les Rolling Stones, les Beatles décidèrent de glisser une référence au groupe. Ainsi, à la droite de la couverture, une poupée Shirley Temple porte un pull avec l’inscription « Welcome The Rolling Stones », appartenant à Adam, le fils du photographe Michael Cooper qui réalisa le cliché de la couverture le 30 mars (les Stones les remercièrent quelques mois plus tard sur la pochette de leur deuxième album de l’année 1967 où les têtes des Fab Four extraites de la photo du groupe ornant l’intérieur de la pochette de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band figurent sur la couverture de l’album). Pour traduire le courant flower power qui s’invite à l’époque pour l’été, on disposa des palmiers et des compositions florales formant le mot BEATLES aux pieds des personnages, dont certains crurent reconnaître des plants de cannabis.

Autre nouveauté, c’est la deuxième fois que les Beatles offrirent une pochette double, après celle de Beatles For Sale paru en 1964. Ainsi, hormis une photo du groupe, cet album est le premier disque à afficher fièrement les textes de ses chansons, contribuant au succès de ce dernier que l’on peut résumer( !) en quelques chiffres :

  • 4 mois de travail en studio (700 h), le plus long effort avant A Night At The Opera du groupe Queen datant de 1975.
  • un coût supporté par EMI de 25.000 livres
  • 40 millions d’exemplaires vendus depuis sa parution

Dernier détail, cette pochette va inspirer une quantité d’artistes qui tenteront de l’égaler, sans jamais toutefois la surpasser, comme Frank Zappa And The Mothers Of Invention avec We’re Only In It For The Money (1967), les Stones avec Their Satanic Majesties Request ou encore avec la compilation double Burning Ambition - A History Of Punk parue en 1982.

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