Portraits
Story Leonard Cohen, Part One

Story Leonard Cohen, Part One

par Vyvy le 3 juin 2008

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C’est l’histoire d’un Canadien errant, qui, de Montréal à Hydra, de New York à Nashville, de Los Angeles à ailleurs, a cherché la beauté, travaillé la perfection, pour toujours mieux la repousser et repartir, retenter, ailleurs, différemment. C’est l’histoire d’un gamin d’une banlieue huppée, d’une famille respectée qui se prend à être artiste. C’est l’histoire de vers, c’est l’histoire de voix, de leurs évolutions et de leurs volitions. C’est l’histoire d’un homme en décalage, qui se sent spartiate dans une société d’affluence, qui cherche dans le zen à devenir plus juif. C’est l’histoire, ou plutôt, une histoire, de Leonard Cohen.

 Westmount

Cette histoire elle commence, de manière assez peu originale, par une naissance. Le 21 septembre 1934, Leonard Norman Cohen voit le jour, dans le quartier chic et anglophone de Westmount, Montréal. Sa famille, les Cohen, est bien implantée dans la vie locale où elle possède un prestige et une influence notables sur la communauté juive. L’arrière-grand-père, Lazarus, arrivé au Canada en 1869, rabbin puis industriel, le grand-père, Lyon, homme d’affaires et d’intellect, contribuèrent à la mise en place d’une vie juive à Montréal, qui voyait au début du 20ème siècle sa communauté juive quadrupler, pour approcher avant la guerre de 14 les 80 000 âmes. Les Cohen étaient anglophones, par opposition à la grande majorité de francophones, mais aussi par opposition aux juifs d’Europe de l’Est préférant le Yiddish. Le père, Nathan, et un de ses frères, firent la guerre puis reprirent l’affaire paternelle.

Nathan Cohen, comme son fils un peu plus tard, ne rentrait pas dans le moule paternel, entretenu par ses frères avec lesquels il ne s’entendait pas vraiment (son fils dira de lui qu’il était un homme enjoué, riant avec tout le monde sauf avec ses frères). Infirme depuis la guerre de 14, il a 39 ans (et habite encore chez ses parents) quand il fait un mariage un peu controversé, en épousant en 1927 Masha Klein, dont l’origine russe sonne à chaque mot. Infirmière pendant le conflit, elle est la fille d’un érudit rabbin, ami de la famille.

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Maison d’enfance de Cohen

Les Cohen s’installent à Westmount, comme le reste de la famille avant eux. On pourrait plutôt dire qu’ils restent à Westmount. Le voisinage très guindé et élégant sied à un Nathan Cohen qui ne quitte jamais son complet, et le parc sur lequel a vue la chambre du jeune Leonard occupera une place très importante dans les rêves et les fantasmes du poète grandissant. Sa sœur Esther, de plus de quatre ans son aînée, ne deviendra vraiment proche de lui qu’une fois adulte, et c’est donc avec des voisins et des cousins que Léonard passe son temps libre. La maisonnée est dirigée par sa mère, qui, s’occupant de plus en plus de son père malade, est aidée par une bonne et un jardinier, et la vie des Cohen est rythmée par la religion.
Le jeune Leonard, en tant que Cohen, prend une part active à la vie religieuse de sa communauté. Chaque semaine, il est au troisième rang de la synagogue, avec toute une brochette de cousins, d’oncles et de parents, et trois fois par semaine, il va à l’école hébraïque où sa connaissance des textes fait « honneur » à son nom. Plus tard, ce sera avec son grand-père maternel, le rabbin Klein vieillissant, qu’il étudiera le livre d’Isaiah, période qui le marquera, tant par la découverte d’un récit qui l’inspirera que par la figure de mentor que prit son grand-père.



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Sources :
-* l’excellent site internet The Leonard Cohen Files
-* Gilles Tordjman, Leonard Cohen, Le Castor Astral, 2006.
-* Ira B. Nadel, Various Positions A Life of Leonard Cohen, University of Texas Press, réedition 2007 (Première édition 1996).