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A Place To Bury Strangers

A Place To Bury Strangers

A Place To Bury Strangers

par Fino le 15 janvier 2008

5

Paru en octobre 2007 (Killer Pimp)

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« The loudest band in New York ». Le commentaire arboré fièrement souffre de peu de contestation. Si vos amplis vont déguster, gardez votre esprit d’imaginer ce qu’A Place To Bury Strangers (APTBS pour les intimes fainéants) envoient sur scène. Le trio est très certainement à The Jesus And Mary Chain et My Bloody Valentine ce que furent Jonathan Richman et ses Modern Lovers au Velvet Underground dans les années 1970.

Après des performances terrifiantes et un E.P. démo qui faisait parler la poudre, ce premier album portant le nom du groupe - et malheureusement pas encore distribué dans nos contrées - est sans conteste l’un des meilleurs « debut L.P. » à avoir vibré ces dernières années. Les influences ont beau s’avèrer éclectiques, le grain du son emporte tout sur son passage. Si Missing You lance une ouverture bien dans le ton, To Fix The Gash In Your Head, véritable chef d’œuvre des années 2000, donne une idée assez précise de l’impression de TGV percutant un mur qur le groupe rend sur scène. Inspiration de génie, cette batterie nerveuse rendue synthétique appuie une guitare qui se réverbère avec pour seul souci de faire se fissurer les murs de bétons.

La voix d’Oliver Ackermann (également à la six cordes) fait planer des angoisses post-industrielles qui avaient finalement relativement peu de représentants outre-Atlantique si l’on prend la surabondance britannique comme étalon. Tout en gardant ce cachet oppressant, les ambiances oscillent, frôlent le Springsteen de I’m On Fire sur Don’t Think Over, ou encore Spacemen 3 sur The Falling Sun.

Quatrième publication de l’excellent label Killer Pimp, « A Place To Bury Strangers » épate par son absence de la moindre fausse note ou faute de goût. Les morceaux les plus hallucinés parviennent à ne pas sombrer dans des contemplations morbides trop personnelles et la tension reste impeccablement haute.

Le son saturé du trio donne la sensation de faire face à trois guitares, une batterie et une basse livrant une guerre sans merci au système sonore qui résiste comme il peut. JSpace, aux percussions, martèle avec une sobriété dénuée de toute raffinerie superflue un rythme qui colle à la peau et fait trembler les tempes par sa justesse.

Le second sommet de ce coup de maître se cache sans doute derrière les heurts rapides du batteur et l’entêtante ligne de basse de Jono MOFO (sans commentaire…). I Know I’ll See You et ses explosions en arrière plan est l’archétype de la piste que l’on se réécoute immédiatement en boucle, s’extasiant devant le petit détail qui tue. Le tout est balayé proprement, programme nettoyage par le vide, par les débordements de She Dies.

Les chansons ne sont pas du genre à remonter le moral et à faire tourner les têtes à la fête du village (les intitulés donnent le ton), mais tout sujet à la complaisance dans le mal-être devrait se rouler à l’envi dans cet Ocean qui clôt une explosion en chaîne, entre tympan écrasé puis percé et rétine qui reçoit des images persistantes. Si vous ne devez choisir qu’un groupe non distribué en France pour vous la péter underground-alternatif, qui plus est si vous voulez annoncer la couleur à vos voisins pour le plaisir de faire chier, le lauréat vous tend les bras.



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