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Mike Patton : The Shit That Can Defy Gravity

Mike Patton : The Shit That Can Defy Gravity

par Lazley le 2 juin 2009

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A small introduction...

Still Crazy (1998) n’est au premier abord qu’une comédie inoffensive anglaise. Sorte de Spinal Tap sympatoche et plan-plan, elle présente cependant un intérêt considérable pour qui aime à voir les « mythes » rock se faire percer la couenne, sous les traits de Ray Simms (interprété par un Bill Nighy oubliant son flegme pour l’occasion), le chanteur du vrai-faux groupe Strange Fruit.

Ancienne gloire de seconde zone des seventies, hédoniste repenti ayant troqué pattes d’éph’ et groupies contre un culte du soja et une succube ultrablonde, ce « connard avec du coffre » - dixit Les Wickes, bassiste de SF -propulse jusqu’à l’orée du XXIe siècle ce que le personnage de David St-Hubbins (Spinal Tap encore) esquissait en 1982, soit la fatuité presque totale et le dénuement enfantin du rock singer face aux problèmes de son temps.

Et dieu sait que ces obstacles-là sont légion. On pourrait se lancer dans un long inventaire, fort des exemples plus ou moins récents polluant les mémoires (Jagger, Tyler, Daltrey, Plant, Iggy, pour ne citer que ceux-là), mais on se contentera d’exposer un petit tableau du film qui semble cristalliser avec pertinence ces travers : Strange Fruit s’ébroue du côté de la sortie des artistes, après un concert come-back particulièrement chaotique. Une petite nuée de paparazzis et autres tendeurs de micros intempestifs déboule de nulle part… Pour se précipiter vers Simms, rose de plaisir mais balbutiant des réponses complètement écervelées. La réaction de Wickes, éminence grise - et déchue bien sûr - du groupe se passe de tout commentaire : « Why do they always think the singer is the leader ? »

Voilà qui résume une bonne quarantaine d’années de ravages d’un colossal imbroglio presqu’inhérent au rock, celui qui fit de tant de belles gueules aux jolies vocalises mais à la cervelle de piaf les figures de proue par défaut de formations qui auraient mérité mieux. Dans bien des cas, c’était suffisant pour donner quelques résultats pas dégueu, c’est vrai. Mais il faut bien admettre que le chanteur de rock, cette sculpture si facilement friable du gros bélier binaire, ne s’est que trop rarement trouvé en position de force de par sa seule voix.

C’est à croire que, plus branque que ses collègues tripoteurs de manche ou jongleurs sur baguettes, ce vociférant comble son absence d’excroissance instrumentale par une surenchère de rock attitude. Comme s’il employait sa glotte comme excuse, en somme…

Mais figures-toi, ô ami lecteur, qu’une insaisissable exception se fraye un chemin depuis 20 ans tout pile dans ce paysage sévèrement racorni parfois des mangeurs de micro. Violente, alternant entre le débilissime suprême et la surchauffe complexiteuse, on la connaît sous force aliases, mais c’est bien son patronyme officiel, aux accents martiaux, qui la qualifie le mieux : Mike Patton.

Il est des blazes qui sonnent comme de véritables en-têtes à manifeste, renfermant de lourdes promesses, qui pèsent presque sur celui qui porte en étendard sa dénomination catchy. En l’occurrence, ce qui poussa le jeune Michael Allen Patton à raccourcir, synthétiser son héritage lors de son entrée dans le bourbier de l’entertainment ne reposait certainement pas sur une simple volonté de la jouer showbiz-compatible (qui présida par exemple au choix de Farookh Bulsara de troquer son état-civil pour le très sémillant Freddie Mercury).

Mike Patton, un nom au garde-à-vous, titre prémonitoire à un assaut massif ? Tentons de vérifier…

Mike prêt à exploser (1990, DR) Shirtface strikes back ! (1990, DR) Junior Mike (1985, DR) A Small Victory (1992, DR) Bungle Mike (1991, DR)


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