Portraits
Bob Dylan - Part III - Faith, Doubt And Mercy

Bob Dylan - Part III - Faith, Doubt And Mercy

par Aurélien Noyer le 17 septembre 2007

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 Burlesque ou ridicule ?

Au final, Real Live est un album correct, sans éclat ni intérêt (qui a envie d’écouter des chansons dont on a déjà de bien meilleures versions ?), mais la tournée a tout de même permis à Dylan d’avoir un groupe en permanence avec lui. Et ça tombe bien, il est en pleine phase créative, écrivant chanson sur chanson. Il en avait déjà rejeté pas mal au moment d’enregistrer Infidels et il commence à en avoir assez pour envisager l’enregistrement d’un album. Mais problème... Il n’a pas envie d’entrer en studio pendant des semaines entières. Il oublie donc l’idée d’avoir un groupe de studio fixe, voire même un studio précis où enregistrer. Les séances d’enregistrement vont donc se tenir successivement aux Intergalactic Studios le 24 juillet 1984, aux Delta Sound Studios le surlendemain, puis aux Ocean Way Studios, etc... La liste est trop longue pour être détaillée ici, mais ces quelques exemples sont révélateurs. Et pour ce qui est des musiciens, c’est la même chose. Il recrute ceux qui sont présent là où il se trouve. Ainsi, il enregistre avec Lone Justice, groupe de country-punk à qui il avait donné une chanson, avec Benmont Tench, Mike Campbell et Howie Epstein issus des Heartbreakers de Tom Petty, avec Roy Bittan et Steve Van Zandt du E-Street Band, ou encore avec Sly Dunbar et Robbie Shakespeare.

Tout ceci montre bien le total désintérêt de Dylan pour le travail de studio. D’ailleurs, même s’il sera crédité comme producteur de l’album, il laisse carte blanche aux ingénieurs du son, au grand étonnement de Ron Wood, présent le 26 juillet aux Delta Sound Studios : « [Les ingénieurs] disaient  »Hey Bob, on a pas besoin de ça«  et il répondait juste  »Oh, okay« . Alors ils mixaient la piste comme bon leur semblait et il restait là à les laisser faire. J’essayais de le lui dire.  »Hé, tu peux pas laisser ses mecs... Regarde !! Ils ont viré les choeurs«  ou  »Et la batterie ?!«  Mais apparemment il y avait quelque chose qu’il l’interdisait d’intervenir. »

On peut évidemment supposé que ce qui l’empêchait d’intervenir, c’était cette envie de sonner moderne, de revenir au coeur des années 80. Etant un homme du passé (les sixties ressemblaient alors à la préhistoire), il peut sembler naturel que Dylan N’OSAIT PAS intervenir, se disant que les ingénieurs du son sauraient mieux que lui comment faire pour sortir un son qui ne paraîtrait pas surrané. Toujours dans cette lignée, il demande à Arthur Baker, producteur de Cindy Lauper et du Born In The USA springsteenien, de se charger du mixage final de l’album. Résultat, Empire Burlesque qui sort le 10 juin 1985, est un album correct pour ce qui est des chansons (enfin, à l’aune des autres albums eighties), mais atrocement daté pour ce qui est du son. S’il n’y avait la voix, on ne reconnaîtrait pas un album de Dylan et écouter When The Night Comes Falling From The Sky est une véritable torture. Synthés moches, son de batterie éprouvant, tous les pires défauts du son eighties sont là. Seule Dark Eyes est sauvée de la catastrophe. Interprété « à l’ancienne », avec simplement une guitare et un harmonica, elle n’a pas la puissance des chansons des sixties et il est évident que les ingénieurs du son n’avaient pas la moindre idée de comment enregistrer un musicien seul avec sa guitare et son harmonica, mais bon... vu les circonstances, on s’en contentera.

Malgré son enregistrement s’étalant entre juillet 1984 et mars 1985, Empire Burlesque n’a pas été la seule préoccupation de Dylan. Car l’ancien chantre de la contre-culture s’est mis à une nouvelle forme de chansons engagées : le tube caritatif. Les 28 et 29 janvier 1985, il apporte sa contribution au single We Are The World écrit par Michael Jackson et Lionel Richie dont les bénéfices devaient aider à lutter contre la famine en Ethiopie. Puis en octobrer, sort Sun City, chanson protestant contre l’Apartheid en Afrique du Sud.



[1Sources :

LIVRES

  • Heylin C., Dylan, Behind The Shades, Summit Books, 1991
  • Dylan B., Chroniques (volume 1), Fayard, 2005
  • Shelton R., Bob Dylan : Sa Vie Et Sa Musique, Albin Michel, coll. « Rock & Folk » 1987
  • Vanot S., Bob Dylan, Librio, coll. : « Musique », 2001.

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